Nous poursuivons avec Eric Geoffroy notre série consacrée à la spiritualité musulmane particulièrement propice en ce mois de ramadan. Eric Geoffroy évoque aujourd'hui sur OummaTV le Prophète Muhammad (saws) en tant que modèle spirituel.
Oumma TVLes chroniques IslamSpiritualité & DialogueThéologie & Histoire4:22
6 août 2008 à 10 h 10
Nous poursuivons avec Eric Geoffroy notre série consacrée à la spiritualité musulmane particulièrement propice en ce mois de ramadan. Eric Geoffroy évoque aujourd'hui sur OummaTV le Prophète Muhammad (saws) en tant que modèle spirituel.
Transcription intégrale de la vidéo
Pour les soufis, il y a le modèle coranique, dont on a déjà parlé, et il y a le modèle mohammadien.
Qu'est-ce que le modèle mohammadien ? C'est essentiel. Pour les soufis, le Prophète, sallallahu 'alayhi wa sallam, est un homme, certes, mais un homme qui joue tout de même un rôle particulier, un homme pour lequel, selon certains hadiths, le monde entier aurait été créé, c'est-à-dire : « Lawlâka mâ khalaqnâ al-aflâk », « Si ce n'avait été pour toi, nous n'aurions pas créé les cieux », est-il dit dans un hadith qudsi.
Ce modèle mohammadien est à la source même de la vie du soufi. Encore une fois, on revient à un principe cosmologique : on parle de lumière mohammadienne. C'est-à-dire que, selon les soufis et selon beaucoup de savants (quand je parle de soufis, je parle aussi d'al-Ghazali, l'imam Ghazali quand même, et de bien d'autres), c'est cette lumière mohammadienne qui est le mobile et le moteur premier de la création du monde.
Pour les soufis, il y a la sunna, comme pour tous les musulmans. Pour certains musulmans, la sunna se limite souvent à imiter le Prophète dans ses actes extérieurs : comment mangeait-il, comment marchait-il, etc. Les soufis ont bien sûr en tête cette sunna, ce modèle prophétique, mais ils disent qu'il faut aller au-delà. On peut, on doit chercher à imiter, jusqu'à un certain niveau, les états spirituels du Prophète.
On va me dire que les prophètes ont un rang éminemment supérieur à celui même des plus grands saints musulmans nés après le Prophète, certes, mais il n'empêche que c'est l'imitation du Prophète : c'est-à-dire que nous pouvons chercher à vivre intérieurement ce qu'a vécu le Prophète, dans nos propres limites. À ce niveau-là, on parle de sunna intérieure, ou simplement d'entrer dans l'intime de l'amour du Prophète.
Le Prophète disait lui-même que l'amour qu'un musulman éprouvait pour lui faisait partie de la foi. On ne peut vraiment le réaliser que par le dhawq, par le goût spirituel, c'est cet amour du Prophète. C'est pour cela que, dans le soufisme, une part importante dans les rituels est dévolue à la prière sur le Prophète, salat 'ala an-Nabi, qui a un rôle initiatique essentiel. On dit d'ailleurs que, lorsqu'on n'a pas de maître vivant, la salat 'ala an-Nabi, la prière sur le Prophète, peut y suppléer.
Pour les soufis, qui est le maître spirituel ? Certes, un soufi est rattaché à telle ou telle tariqa, telle ou telle confrérie, il a pris un pacte initiatique avec un maître, mais en définitive, le maître des maîtres, c'est le Prophète, 'alayhi salat wa salam.
C'est-à-dire que chaque maître terrestre, ici et maintenant, dans le temps et l'espace, a lui-même été initié par un maître défunt, lequel avait été initié par un autre maître. On remonte ainsi par une silsila, par une chaîne d'or initiatique, ou par un isnad, une chaîne d'appui qui est le pendant ésotérique de l'isnad des gens du hadith. C'est-à-dire qu'on rapporte un hadith, une parole du Prophète, qu'un tel tenait d'un tel, etc.
Dans le soufisme, c'est pareilon est rattaché à un maître, qui était rattaché à tel autre maître, et on remonte ensuite jusqu'au Prophète, en passant en général par l'imam Ali, radiya Allahou 'anhou, mais également par sayyidina Abu Bakr, qui a aussi joué un rôle important dans le soufisme, souvent méconnu. Ainsi, la source, à chaque fois, la source de baraka, l'influx spirituel mohammadien, c'est le Prophète, 'alayhi salat wa salam.
Publicité
Pour laisser un commentaire, connectez-vous.
Calendrier Umm al-Qura, à un jour près selon l’observation du croissant. Tout le calendrier