Au sommaire de l'émission "Islam aujourd'hui" la seconde partie de l'entretien avec Khadija Kchouk, universitaire, docteur en langue et littérature arabes, auteur de plusieurs ouvrages.
Oumma TVIslam Aujourd’huiThéologie & HistoireArts & Culture19:40
25 juin 2013 à 12 h 00
Au sommaire de l'émission "Islam aujourd'hui" la seconde partie de l'entretien avec Khadija Kchouk, universitaire, docteur en langue et littérature arabes, auteur de plusieurs ouvrages.
Transcription intégrale de la vidéo
Shakeel SiddiqAs-salamu alaykum. Bienvenue à tous et à toutes dans votre émission « Islam aujourd'hui ». Nous avons l'honneur de recevoir aujourd'hui oustadha Khadija, professeure Khadija. As-salamu alaykum.
Khadija KchoukAlaykum as-salam.
Shakeel SiddiqVous êtes doublement docteur : vous avez un doctorat à l'université de Tunis et un autre doctorat à l'université de Strasbourg. Vous êtes spécialisée en langue arabe, en littérature arabe, et vous enseignez aussi à l'IMED, l'Institut musulman d'enseignement à distance. C'est toujours une grande joie de vous recevoir dans les studios de Oumma.
Nous allons passer à une nouvelle série de questions en relation avec votre spécialisation. Sans tarder, la première question est liée aux dangers du délaissement de la langue arabe : est-ce que l'islam serait en danger si on venait à délaisser la langue arabe ? Je vous laisse la parole.
Khadija KchoukJazakallahu khayran pour cette invitation. Avant de répondre à cette question, permettez-moi de passer en revue une idée que nous avons déjà vue dans l'émission précédente : celle qui met en relation l'arabicité avec l'islam.
La langue arabe est le véhiculaire de la foi islamique, puisqu'il est dit dans la sourate Youssef, au deuxième verset : « Inna anzalnahu qur'anan 'arabiyyan la'allakum ta'qiloon ». Dans d'autres versets, bien entendu, le Coran a toujours été qualifié de « 'arabiyy », c'est-à-dire que c'est un Coran arabe.
Rappelons-nous que le premier pilier de l'islam, la conversion, la chahada, le témoignage de l'islam, consiste au fait de croire, bien entendu, mais aussi de prononcer, de dire et de formuler le témoignage affirmant qu'il n'y a d'unicité et de divinité qu'Allah subhanahu wa ta'ala, et que Mohammed sallallahu alayhi wa salam est Son prophète. Le premier pilier de l'islam se fait donc en…
Shakeel SiddiqEn langue arabe.
Khadija KchoukEn langue arabe. Le deuxième pilier de la religion islamique est la prière. La prière ne peut pas se faire si l'on ne lit pas la Fatiha et une autre partie, une sourate ou une petite partie de sourate, quelques versets coraniques ; les deux sont en langue arabe.
Shakeel SiddiqEn langue arabe.
Khadija KchoukIl est également intéressant de rappeler que la Sunna du Prophète sallallahu alayhi wa salam va dans ce sens et nous incite à apprendre la langue arabe. On peut arriver à cette conclusion si l'on se rappelle, par exemple, le hadith prononcé par le Prophète sallallahu alayhi wa salam et rapporté par Abu Dhar al-Ghifari, compagnon du Prophète radiyallahu 'anhu : « Houdourou majlisi 'ilmin afdalou min salati alfi rak'ah, wa houdourou majlisi 'ilmin afdalou min 'iyadati alfi marid, wa houdourou majlisi 'ilmin afdalou min chouhoudi alfi djanazah ».
Je traduis ce hadith du Prophète sallallahu alayhi wa salam : « Le fait de se réunir avec d'autres personnes pour acquérir de la connaissance vaut mieux que le fait de faire 1 000 prosternations, de rendre visite à 1 000 malades et d'assister à 1 000 enterrements. » Lorsqu'on posa la question au Prophète sallallahu alayhi wa salam : « Ya Rassoul Allah, wa min qira'ati al-Qur'an ? », c'est-à-dire : Ô Messager d'Allah, est-ce également mieux que de lire le Coran ? Le Prophète sallallahu alayhi wa salam répondit : « Wa hal tanfa'ou qira'atou al-Qur'ani illa bi 'ilm ? Wa hal tanfa'ou qira'atou al-Qur'ani illa bi 'ilm ? », c'est-à-dire : la lecture du Coran peut-elle être bénéfique sans la connaissance ? Nous en tirons qu'il faut connaître la langue arabe si l'on veut lire le texte coranique et essayer de profiter pleinement de cette lecture.
Shakeel SiddiqCe hadith…
Khadija KchoukApprendre la langue arabe avec l'intention de comprendre le Coran serait donc mieux que 1 000 janaza, 1 000…
Shakeel SiddiqVoilà, 1 000…
Khadija Kchouk1 000 adorations, entre guillemets.
Shakeel SiddiqExactement.
Khadija KchoukCe qui donne une place privilégiée à l'apprentissage.
Shakeel SiddiqDe l'importance à l'apprentissage et à l'acquisition de la langue arabe.
Khadija KchoukTrès bien.
Shakeel SiddiqDans l'histoire qu'on rapporte de Omar ibn al-Khattâb radiyallahu 'anhu, le deuxième calife…
Khadija KchoukOui, qui était assez dur avec ceux qui trébuchaient avec la langue arabe.
Shakeel SiddiqOmar ibn al-Khattâb radiyallahu 'anhu, le deuxième calife rachidite, recommandait aux musulmans d'apprendre la langue arabe. Il disait clairement : « Ta'allamoo al-'arabiyyata fa-innaha min deenikum ».
Khadija Kchouk« Ta'allamoo al-'arabiyyata fa-innaha min deenikum », c'est-à-dire : apprenez la langue arabe puisqu'elle fait partie de votre religion. Tous les savants musulmans vont également dans ce sens. Citons par exemple Ibn Taymiyya, qui affirme : « Al-loughatoul 'arabiyyatou min ad-din ».
Shakeel SiddiqLa langue arabe.
Khadija KchoukC'est-à-dire que la langue arabe fait partie de la religion. « Wa ma'rifatouha fardhoun wajib », son acquisition est un devoir, une obligation. Il explique : « Fa inna fahma al-kitabi wa as-sunnati fardh », puisque la compréhension du Saint Coran et de la tradition prophétique nécessite l'apprentissage de la langue arabe, et c'est donc une obligation que de connaître la langue arabe. Ibn Taymiyya conclut : « Ma la yatimmou al-wajibou illa bihi fahouwa wajib », c'est-à-dire que ce qui est nécessaire dans l'accomplissement d'un devoir devient par la même occasion un devoir à accomplir. Si nous considérons que lire le Coran et bien pratiquer son islam est une obligation pour les musulmans, connaître la langue arabe et essayer de l'acquérir est par la même occasion également une obligation pour les musulmans.
Rappelons-nous également que parmi les sources de jurisprudence islamique, il y a la notion d'ijtihad, c'est-à-dire la notion d'interprétation…
Shakeel SiddiqUne conséquence directe.
Khadija KchoukD'interprétation juridique.
Shakeel SiddiqJuridique. L'imam al-Chatibi, au huitième siècle, définit clairement que la langue arabe est une nécessité pour celui qui veut faire de l'ijtihad, qui veut être un mujtahid. Il dit : « Al-ijtihadu in ta'allaqa bil-istinbati min an-nousoosi fa la boudda min ishtirati al-'ilmi bil-'arabiyyah », c'est-à-dire que l'ijtihad, lorsqu'il se base sur les textes écrits, nécessite la connaissance de la langue arabe. On ne peut donc pas faire d'ijtihad si l'on ne connaît pas la langue arabe.
Khadija KchoukLa langue arabe est nécessaire pour le mujtahid, l'interprète compétent qui est déjà censé maîtriser l'arabe, mais elle est aussi nécessaire pour le musulman lambda qui voudrait pratiquer sa religion…
Shakeel SiddiqPour comprendre sa religion et pour essayer de comprendre le texte coranique. Tout ceci nous incite à bien pratiquer la langue arabe.
Khadija KchoukToutes les catégories intellectuelles sont donc touchées par la nécessité de connaître l'arabe.
Shakeel SiddiqDe lire la langue arabe. Ceci nous conduit nécessairement au fait qu'il faut absolument faire attention à la langue arabe, essayer de la préserver, essayer de bien la pratiquer, ne pas commettre de solécismes, de fautes de langage, de grammaire ou de conjugaison.
On peut se remémorer la petite anecdote racontée à propos de Omar ibn al-Khattâb radiyallahu 'anhu. On raconte qu'un jour, Omar ibn al-Khattâb a vu des hommes qui apprenaient à tirer à l'arc. Il a remarqué leur maladresse. Avec son caractère, il leur a fait le reproche d'être aussi maladroits. Pour s'excuser, ces hommes ont répondu : « Inna qawmoun mouta'allimeen », au lieu de dire : « Inna qawmoun mouta'allimoon », c'est-à-dire : nous essayons d'apprendre, nous ne sommes que des novices. Mais ils ont commis une faute de grammaire. Au lieu de dire : « Inna qawmoun mouta'allimoon », ils ont dit : « Inna qawmoun mouta'allimeen ». C'est là que Omar ibn al-Khattâb…
Khadija KchoukAu lieu de dire, en français…
Shakeel SiddiqOui, allez-y.
Khadija KchoukAllez-y vous-même.
Shakeel SiddiqAu lieu de…
Khadija KchoukAu lieu de dire que nous sommes des gens qui apprenons.
Shakeel SiddiqAu lieu de dire : « Inna qawmoun mouta'allimoon », ils ont dit : « Inna qawmoun mouta'allimeen », parce qu'une règle impose que l'adjectif s'accorde avec le nom auquel il se rapporte.
Khadija KchoukTrès bien.
Shakeel SiddiqIls ont commis une faute, et Omar ibn al-Khattâb radiyallahu 'anhu s'est fâché davantage. Il a juré en disant : « Wallahi, lakhata'oukoum fee lisanikoum achaddou 'alayya min khata'ikoum fee ramyikoum », c'est-à-dire : je jure par Allah que votre maladresse langagière m'est plus pénible encore que votre maladresse de tir.
Khadija KchoukPour lui, s'ils étaient de mauvais tireurs mais parlaient bien l'arabe, cela valait mieux que de faire de telles fautes.
Shakeel SiddiqPourquoi Omar ibn al-Khattâb et toute cette génération de compagnons du Prophète sallallahu alayhi wa salam étaient-ils aussi durs, justement, par rapport à ces erreurs qu'ils pouvaient entendre ici et là dans le langage arabe ? Pourquoi tant de dureté ?
Khadija KchoukPuisque vous utilisez justement le mot dureté…
Shakeel SiddiqJ'imagine bien que c'est parce que c'est lié au Coran…
Khadija KchoukOui, mais pour expliquer cette notion de dureté, nous pouvons rappeler une autre petite anecdote racontée sur sayyidina Omar ibn al-Khattâb radiyallahu 'anhu. Omar ibn al-Khattâb avait demandé à son gouverneur Abu Moussa al-Ach'ari de lui envoyer un courrier pour lui rapporter ce qui se passait dans son gouvernorat. Abu Moussa al-Ach'ari a demandé à un homme sous ses ordres d'écrire la lettre, puis l'a transmise à Omar ibn al-Khattâb. Cette lettre commençait par la phrase : « Min Abou Moussa ».
En langue arabe, il faut dire« Min Abi Moussa ». On ne peut pas faire suivre « min » d'un mot marfou' « Abou Moussa » ; on ne dit pas « Min Abou Moussa », mais « Min Abi Moussa ». En lisant cet incipit au début de la lettre, Omar ibn al-Khattâb a retourné le courrier en ordonnant à Abu Moussa al-Ach'ari de corriger son scribe d'un coup de fouet.
Shakeel SiddiqOui, bien sûr.
Khadija KchoukUne telle faute était prise très au sérieux : il lui a également ordonné de le destituer de ses fonctions. Tous les autres savants faisaient de même. Al-Hasan al-Basri, par exemple, est connu pour l'extrême attention qu'il portait à ses invocations et aux phrases qu'il utilisait. On rapporte de lui cette phrase : « Roubbama da'awtou falahantou fa akhafou an la youstadjaaba lee », c'est-à-dire : si je commets une faute de langue dans mes invocations, je crains qu'Allah subhanahu wa ta'ala n'exauce point mes invocations. Pourquoi une telle crainte ?
Shakeel SiddiqSi je comprends bien, c'est parce que…
Khadija KchoukParce que la langue arabe est liée à l'islam.
Shakeel SiddiqDirectement à la religion, au Coran.
Khadija KchoukLiée surtout au Coran.
Shakeel SiddiqQu'a-t-on fait dès ces premiers siècles pour préserver la langue arabe ? Qui a été le premier à commencer à travailler sur la grammaire, à mettre des codes ?
Khadija KchoukPour préserver, justement, oui.
Shakeel SiddiqPour préserver.
Khadija KchoukOui. Barakallahu feekoum pour cette question. Justement, d'après les historiens, cette première personne serait Abou al-Aswad ad-Dou'ali.
On raconte que ce Abou al-Aswad ad-Dou'ali était un savant, un philologue et un homme très pieux. Il parlait très bien la langue arabe, bien entendu. On raconte que le gouverneur omeyyade Ziyad ibn Abih lui a demandé d'ériger les règles de grammaire arabe. Pourquoi ? Parce que ce Ziyad ibn Abih a remarqué que les Arabes commençaient à se mélanger avec les non-Arabes et perdaient par la même occasion, en quelque sorte, la pureté de leur langue. Ils commençaient à se laisser aller à mal conjuguer les verbes et à ne plus faire attention aux harakat al-i'rabiyya, c'est-à-dire aux voyelles désinentielles. Comme nous le savons, la langue arabe se base sur les harakat al-i'rabiyya, ces petites voyelles que l'on met à la fin des mots.
Ziyad ibn Abih avait donc peur pour la langue arabe et pour le Saint Coran. Il a demandé à Abu al-Aswad ad-Dou'ali d'écrire la grammaire arabe en général. Mais ce Abu al-Aswad, en tant que savant très pieux, avait peur et ressentait beaucoup de gêne.
Shakeel SiddiqEt il avait refusé, d'ailleurs, je crois ?
Khadija KchoukOui, il a refusé au début. Il a tout à fait refusé et n'a pas voulu s'exécuter. Pourquoi ? Parce qu'il avait peur d'inventer une science ou des notions qui n'existaient pas du temps du Prophète (sallallahu alayhi wa salam). Il avait peur de commettre ce qu'on appelle la bid'ah, c'est-à-dire l'innovation blâmable.
Shakeel SiddiqUn peu comme Abou Bakr quand il allait faire compiler le Coran, il avait peur aussi.
Khadija KchoukTout à fait. Ce ad-Dou'ali ressentait donc beaucoup de gêne. Pour l'obliger à s'exécuter, Ziyad ibn Abih a rusé. Qu'a-t-il fait ? Il a demandé à un homme de se mettre sur le chemin de Abu al-Aswad ad-Dou'ali et de réciter le verset coranique de la sourate At-Tawbah qui dit : « Innallaha baree'oun mina al-mushrikeena wa rasoolouh ». Il lui a en quelque sorte susurré, si l'on peut dire, il lui a suggéré de mal prononcer le mot « rasoolouh » et de dire « rasoolihi ». Le changement de cette petite voyelle change le sens du verset coranique du tout au tout.
Shakeel SiddiqParce que le sens devient, je traduis : Allah désavoue les associateurs et désavoue aussi son messager, finalement.
Khadija KchoukExactement. Si on le lit avec cette faute, cela veut dire qu'Allah désavoue le Prophète (sallallahu alayhi wa salam), et cela ne peut pas être, c'est un blasphème.
Shakeel SiddiqBien sûr.
Khadija KchoukEn entendant cela, ad-Dou'ali s'est écrié et a décidé d'écrire les règles de la grammaire arabe pour préserver le musulman de commettre de telles fautes. Là, encore une fois, nous voyons que la grammaire arabe a été inventée pour préserver le texte coranique.
Shakeel SiddiqOn voit bien que ces musulmans des premiers siècles de l'islam étaient quand même très attachés à leur religion. J'aimerais maintenant, si vous pouvez nous éclairer sur la notion des dialectes, parce qu'on trouve beaucoup de dialectes aujourd'hui dans le monde arabe : est-ce que l'objectif de la prolifération de tous ces dialectes est de faire disparaître l'islam ? Osons-le, posons la question de cette manière.
Khadija KchoukTout à fait, très attachés à leur religion.
Shakeel SiddiqBarakallahu feekoum pour cette question.
Khadija KchoukD'ailleurs, nous développerons cette notion dans la prochaine émission, je le dis dès maintenant pour nos chers oummanautes.
Shakeel SiddiqIncha'Allah, bi idhnillah.
Khadija KchoukIncha'Allah. Pour répondre à cette question, je me permettrai de citer une phrase qui a été dite par un politicien qui a combattu l'islam. Ayant essayé de combattre l'islam et réalisant sa défaite, il s'est excusé et a envoyé un courrier à la personne qui l'avait mandaté en lui expliquant cette défaite par ces mots : « Innana lan nantasira 'ala al-muslimeen madamo yaqra'oona al-Qur'an wa yatakallamoona al-'arabiyyah. Fa yajibou an nouzeela al-Qur'ana min woujoohihim, wa naqtali'a al-'arabiyyata min alsinatihim ».
Je traduis ce que veut dire cette phrase, cette conclusion« Tant que les musulmans comprennent le Coran, tant qu'ils arrivent à le lire directement, nous ne pourrons les vaincre puisqu'ils y puisent toujours leur force. La conclusion : notre seule chance de les vaincre est de leur faire perdre leur langue arabe, de façon à ce qu'ils ne puissent plus accéder aux sources de leur foi, c'est-à-dire aux sources de leur puissance. »
Nous voyons donc que propager la langue arabe revient à enrichir les Arabes d'une portée islamique, et le contraire est vrai : amputer la langue arabe et la délaisser revient à faire tarir les sources de la religion islamique, wallahu a'lam.
Shakeel SiddiqTrès bien. Barakallahu feekoum. On reprendra ce sujet, éventuellement sur deux émissions, parce que c'est très important : la notion des dialectes dans le monde arabe aujourd'hui, et la manière dont on voit ces dialectes prendre de l'ampleur et prendre le dessus sur la langue arabe littéraire. Nous essaierons d'y voir plus clair très bientôt.
Barakallahu feekoum, et je vous dis à notre prochaine émission, toujours dans ces rendez-vous programmés qui sont portés totalement et exclusivement sur la langue arabe. Chers oummanautes, merci pour votre écoute et à très bientôt. As-salamu alaykum.
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