Dans cette nouvelle chronique “Sagesses d’islam”, Slimane Reski parle des symptômes révélant l’extinction de l’œil du coeur.
Oumma TVSagesses d’IslamSpiritualité & Dialogue6:25
14 novembre 2017 à 12 h 00
Dans cette nouvelle chronique “Sagesses d’islam”, Slimane Reski parle des symptômes révélant l’extinction de l’œil du coeur.
Transcription intégrale de la vidéo
Chers amis auditeurs, téléspectateurs, salâm 'alaykum, marhaban bikum. Je suis content de vous retrouver dans le cadre des chroniques consacrées aux sagesses de l'islam.
Nous allons aujourd'hui aborder une sagesse du grand saint médiéval Ibn 'Atâ Allâh al-Iskandarî, qui va nous parler des symptômes de l'extinction de l'œil du cœur.
Et ce, ba'da bismillâhi r-Rahmâni r-Rahîm, wa salât wa salâm 'alâ Sayyidinâ wa mawlânâ Muhammad rasûl Allâh salla l-Lâhu 'alayhi wa sallam.
Parmi les symptômes révélant l'extinction de l'œil du cœur, Ibn 'Atâ Allâh va parler d'un symptôme en particulier ici. En réalité, il y en a plusieurs, comme celui de ne s'attacher qu'à la superficialité, aux apparences, et d'oublier que tout effet, toute apparence, toute superficialité dépend toujours d'une cause.
Je vais d'abord préciser ce qu'on entend par l'œil du cœur. Dans la sagesse dont parle Ibn 'Atâ Allâh, il emploie le terme al-basîrah.
Al-basîrah s'oppose à al-basar. Al-basar, c'est la vue corporelle ; al-basîrah, c'est l'œil du cœur, la vue intérieure qui voit au-delà des apparences et qui va au cœur des choses.
Que nous dit cette sagesse ? Elle nous dit : « Ton effort à obtenir ce qui t'est garanti et ta négligence à accomplir ce qu'Il, Dieu, t'a demandé, sont les preuves que ton regard intérieur est éteint. »
C'est un repère, un symptôme que chacun d'entre nous peut adopter pour voir où il en est dans son rapport à Dieu. Dans le Coran, à de très nombreuses reprises, Dieu prend des engagements : wa qadâ Rabbuka, wa kataba 'alâ nafsih, etc. Dieu prend des engagements à notre égard, à notre endroit, en notre faveur.
Par exemple, dans la Fatiha (Fâtihat al-Kitâb), la première sourate du Coran, la première moitié est dite correspondre aux droits que l'homme doit respecter à l'endroit de Dieu, et la deuxième partie, qui commence à Iyyâka nasta'în, correspond au droit que l'homme a sur Dieu, c'est-à-dire les engagements que Dieu a pris à notre endroit.
On retrouve également des invocations dans lesquelles il nous est dit : « Innaka lâ tukhlifu l-mî'âd. Certes, Toi, Tu ne trahis jamais Tes engagements. » Dieu a pris des engagements à notre endroit, en notre faveur.
Que nous dit la sagesse ? C'est que tu t'occupes d'une chose pour laquelle Dieu a pris un engagement. Et cet engagement, c'est de nous assister à chaque fois que nous aurons besoin d'assistance pour aller vers Lui. Le but de notre islam est en effet d'aller vers Lui (liqâ'a Rabbih ; fa man yarjû liqâ'a Rabbih, celui qui espère la rencontre de Dieu). Notre but est de Le rencontrer, de Le connaître et de se rapprocher de Lui : fasjud waqtarib, et rapproche-toi de Moi.
Voilà quel est notre but. Pour cela, Il s'est engagé à toujours nous donner les moyens. Le principal a été le Prophète, ainsi que l'exemple et le modèle qu'il a constitués. Mais Il nous a aussi garanti notre vie : quand l'un d'entre nous arrive sur cette terre, quand il naît, son lot de rizq, son lot de subsistance vient avec lui. Nous avons tous un droit à la subsistance, et Dieu nous l'a garanti.
En revanche, qu'est-ce qu'Il nous a demandé et qui, là, dépend de nous ? C'est l'adoration. Le verset coranique dit, bismillâhi r-Rahmâni r-Rahîm : « Wa mâ khalaqtu l-jinna wa l-insa illâ li-ya'budûn. Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour une chose : qu'ils M'adorent. » Or qu'est-ce que l'adoration ? Dans un commentaire, Ibn 'Abbâs va dire : « Illâ li-ya'lamûn, afin qu'ils aient la connaissance de Dieu. » Ibn 'Arabî va dire : « Li-yudhillûn, c'est-à-dire afin qu'ils s'abaissent et reconnaissent leur indigence foncière et qu'ils respectent Dieu et Ses droits avec un caractère de servitude. »
Cela implique tout un ensemble de vertus, qui ont été celles du Prophète, et que l'on doit mettre en exergue tant dans notre vie qu'à l'égard de nos relations les plus proches comme les plus éloignées. Cette sagesse est fondamentale : nous devons toujours avoir des priorités dans notre vie. La première des priorités est de faire ce que Dieu nous a demandé, et non pas spécialement ce dont nous avons envie. C'est la confrontation de deux volontés : je veux et Dieu veut. L'important est ce que Dieu veut, et non pas ce que je veux. C'est toujours la confrontation de la volonté divine et de la volonté égotique, celle de mon ego.
La sagesse nous ditqu'est-ce qui montre que ton cœur est vivant et que l'œil de ton cœur est aiguisé, ferme ? C'est que tu vois toujours Dieu avant de voir ton ego, que tu respectes Ses droits avant les tiens, et surtout que tu fais ce qu'Il t'a demandé avant de faire ce que tu as envie de faire. Il s'agit donc de faire avant tout ce pour quoi tu as été créé, et non ce dont tu as envie.
Ne donnons jamais la priorité aux choses qu'Allah nous a garanties : elles nous sont déjà garanties, ce serait de la perte de temps. Préoccupons-nous toujours de ce que Dieu attend de nous, car cela n'est pas garanti et ne dépend que de nous.
Merci beaucoup de nous avoir suivis. À la prochaine chronique. Salâm 'alaykum.
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