L'émission 'Islam aujourd'hui" revient sur la notion de Fatwa avec le Cheikh Larbi Bechri. directeur des études à l''Institut Européen de Sciences Humaines (IESH) de Château-Chinon.
Oumma TVIslam Aujourd’huiThéologie & HistoirePratique & Éthique36:18
5 janvier 2013 à 12 h 00
L'émission 'Islam aujourd'hui" revient sur la notion de Fatwa avec le Cheikh Larbi Bechri. directeur des études à l''Institut Européen de Sciences Humaines (IESH) de Château-Chinon.
Transcription intégrale de la vidéo
Shakeel SiddiqSalam aleykoum. Bienvenue à tous et à toutes dans votre émission « Islam aujourd'hui ». Nous avons aujourd'hui l'occasion d'être à l'IESH de Château-Chinon en présence de cheikh Larbi Bechri. Cheikh Larbi Bechri, salam aleykoum.
Cheikh Larbi BechriAleykoum salam wa rahmatoullahi wa barakatouh.
Shakeel SiddiqDonc cheikh Larbi, vous êtes directeur scientifique de l'IESH de Château-Chinon, vous êtes diplômé à la faculté de droit musulman de l'université de Médine, docteur en théologie musulmane à l'université d'Aix-en-Provence, et vous êtes aussi membre du Conseil européen de la fatwa et des recherches, CEFR. Alors cheikh Larbi, je profite ici donc de votre présence pour commencer une première émission sur le sujet donc de la fatwa, puisque c'est un sujet qui est fondamentalement important, d'autant plus que beaucoup et nombreux sont les musulmans donc qui parlent avec ou, parfois, sans connaissances dans le domaine religieux. Alors pour nous éclaircir et pour commencer ce sujet fondamentalement important, pouvez-vous nous expliquer ce que signifie le mot fatwa ?
Cheikh Larbi BechriBismillahi Rahmani Rahimi. Al-hamdou lillahi wa salatou wa salam 'ala rasoulillah wa 'ala alihi wa sahbihi wa man ittaba'ahou da.
Alors le mot fatwa désigne donc la réponse que peut formuler un juriste-consulte face à une question d'ordre religieux.
Une fatwa, ce n'est pas une sentence d'un juge comme a été compris dans le dans les médias à certains certaines époques.
Une fatwa donc ne peut pas être une condamnation, hein. Celui qui peut condamner, c'est un juge et non pas un mufti.
Donc voilà ce qu'on peut dire sur le mot fatwac'est une réponse à une question. D'ailleurs, dans la langue arabe, on peut utiliser ce mot même pour une n'importe quelle réponse dans n'importe quel domaine de de la vie. Une une réponse en médecine, elle est appelée autrefois une fatwa en médecine.
Alors donc pour les pour les les savants du droit musulman, ils ont adopté donc ce terme pour désigner donc une réponse quand quelqu'un pose une question pour savoir quel est le statut ou quelle est la norme de telle ou telle chose qui lui arrive.
Shakeel SiddiqTrès bien. Et le mufti donc comment il va chercher sa réponse ? Il va se référer au Coran, puis ensuite à la à la sunna, j'imagine ?
Cheikh Larbi BechriBien sûr. Donc la fatwa, c'est il va se baser d'abord sur une sur le Coran, sur la sunna, sur la source du droit en général.
Ça peut être un consensus aussi, ou ça peut être l'analogie juridique.
Ça peut être aussi d'autres sources comme al-maslaha al-moursala, l'intérêt universel ou l'intérêt général, ou sur l'istihsan, qui est la préférence la la préférence personnelle d'un d'un moustahid,
Shakeel SiddiqMhm.
Cheikh Larbi Bechriou il peut se baser aussi sur ce qu'on appelle al-'ourf, donc la la coutume ou l'usage.
Donc, il va user de ces sources pour avoir un statut, le statut de la de la de de la chose qui est en face de lui, de la du cas qu'il traite.
Shakeel SiddiqMhm, très bien. Alors vous parlez de la maslaha, l'intérêt général, du raisonnement par analogie, le qiyas, et donc il y a bien une relation entre la fatwa et ce qu'on appelle l'interprétation, entre guillemets hein, c'est-à-dire l'ijtihad ?
Cheikh Larbi BechriBien sûr. Une fatwa se repose sur trois sortes d'ijtihad d'ijtihad.
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi BechriLe le le premier ijtihad, c'est le fait d'inférer un statut ou une norme de ces sources. Ça, c'est le premier ijtihad. Ça veut dire, une fois qu'on a le statut, on a al-houkm, la norme,
après, il va y avoir donc l'étude déjà de cette de du cas. Parce que le cas qui est en face de nous, il faut savoir où sur sous quoi il faut le subsumer.
Est-ce qu'il va être régi par tel domaine du droit ou tel domaine du droit ? Est-ce qu'il va être régi par, par exemple, si on a un contrat de leasing, il va d'abord chercher, il va lire le contrat, il va il va dire : « Est-ce que ce contrat-là doit être régi par les règles de la vente ou par les règles de la location, par exemple ? » Hein.
Vous voyez ?
Shakeel SiddiqDonc ça c'est le travail du mufti, hein ?
Cheikh Larbi BechriÇa, c'est le deuxième sorte d'ijtihad. Après l'ijtihad d'inférence, on va l'appeler ijtihad al-istinbat, il y a cet ijtihad-là qui est le fait de qualifier juridiquement le cas
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi Bechriqui est devant nous. Après, il y a une troisième sorte d'ijtihad qui est, à mon avis aujourd'hui, le plus important, parce que l'ijtihad de l'inférence, ça a été déjà fait depuis depuis que nos fuqaha nos nos juristes nos nos juristes ont commencé donc à à travailler le le droit musulman.
Mais ils ont ils ont ils ont quand même produit un un travail formidable et donc ils ont déjà fait beaucoup fait beaucoup de travail. Maintenant, ce qui se passait dans leur tête, c'était, et qu'on ne le voit pas, il n'est pas théorisé en général, hein, ou il est peu théorisé, on va dire, c'est ce qu'on appelle ijtihad at-tanzil, qui est ce troisième ijtihad le plus important aujourd'hui.
Shakeel SiddiqQu'on pourrait traduire par ijtihad At-tanzil, ça veut dire l'ijtihad de l'application.
Cheikh Larbi BechriDe l'application, très bien. De la théorisation à la pratique.
Shakeel SiddiqMhm.
Cheikh Larbi BechriDonc cet ijtihad-là, eh bien, pour donner un petit exemple, pour qu'on puisse un peu faciliter le le le le terme, quand quelqu'un nous pose une question, et il nous dit par exemple : « C'est quoi le le statut de salat ad-dohr ? Ma houkm salat ad-dohr ? »
Vous allez lui répondre directement« Salat ad-dohr, wajiba. C'est un c'est une obligation. »
Shakeel SiddiqLa prière de début d'après-midi, oui.
Cheikh Larbi BechriVoilà.
C'est une réponse qui est juste. Mais seulement, ce n'est pas une réponse d'un mufti. C'est une réponse d'un d'un d'un d'un d'un cours d'un enseignant dans un cours magistral qui dit par exemple que voilà, dans l'islam, il y a une prière qui s'appelle la prière de dohr qui est obligatoire, voilà.
Shakeel SiddiqPuis en même temps, en même temps c'est rendu obligatoire par la tradition prophétique.
Cheikh Larbi BechriBien sûr, par le Coran, par la tradition prophétique, voilà. Mais un mufti ne répond pas de cette manière-là. Un mufti, il fait un autre travail. C'est que il va d'abord questionner le celui qui pose la question. Il va lui demander par exemple : « Vous avez quel âge ? » Il va dire : « Par exemple, j'ai 6 ans. » Eh bien, il va lui dire : « Pour vous, salat ad-dohr, ce n'est pas une obligation. »
Shakeel SiddiqD'accord. Donc il prend en compte le contexte.
Cheikh Larbi BechriSi une femme Si c'est une femme qui a posé la question, il va dire : « Est-ce que vous êtes dans une période de menstrues ou dans une période de pureté ? » « Dans une période de menstrues. » Donc, pour vous, salat ad-dohr n'est pas obligatoire.
Un un voyageur qui pose la question, on va lui dire« Pour vous, l'obligation c'est deux rak'at et non pas quatre, par exemple. »
Donc ou encore, il se peut que il peut poser une question pour lui dire, par exemple : « Quelle heure il est ? » « Il est 10 heures du matin. » Salat ad-dohr n'est pas encore obligatoire parce qu'elle est obligatoire, on va dire par exemple, au zénith.
Hein. Donc en fait, un autre exemple aussi, quand on pose la question pour zakat, quel est le statut de la zakat ? On peut la réponse d'un d'un d'un juriste, il peut dire un enseignant, il dit voilà, c'est une obligation. C'est une réponse juste, seulement le le mufti ne répond pas de cette manière-là. Le mufti va va dire à celui qui pose la question : « Combien vous possédez comme comme comme comme bien, comme argent ? »
Shakeel SiddiqMhm, très bien.
Cheikh Larbi BechriIl va dire : « Par exemple, je possède 15 000 euros. » Il va lui dire : « Pour vous, oui vous ça peut être donc vous avez le nissab, ok. » « Mais depuis quand vous possédez ces ces 15 000 euros ? » « Depuis 6 mois. » « Alors pour vous, la zakat n'est pas une obligation. » Et c'est pareil, si jamais il dit : « Ça fait déjà un an que je possède cette cette somme d'argent », il va lui poser encore une question pour lui dire : « Est-ce que est-ce que vous avez des dettes ? » S'il va dire « oui », « Combien vous avez de dettes ? » « J'ai 20 000 euros de dettes. » « Eh bien, la zakat pour vous n'est pas une obligation. » En fait, là, le mufti, il est en train de faire une recherche
Shakeel SiddiqDe cas par cas, on pourrait dire.
Cheikh Larbi Bechride cas par cas, c'est-à-dire il cherche dans le contexte. Et chercher dans le contexte, en fait, qu'est-ce qu'il est en train de faire ? Il est en train de marier deux sortes de lois. Ce qu'on appelle la loi injonction, qui est al-houkm at-taklifi, et une une loi déclaratoire. Parce qu'en fait, la pratique est un mixage entre loi injonction et loi déclaratoire. La loi déclaratoire, c'est al-houkm al-wad'i, qui est tout simplement ce qu'on appelle al-asbab, les raisons de la l'application, si vous voulez, les conditions, qui sont ach-chourot, et le fait de voir s'il y a un mani' qui était l'empêchement de l'application. Et quand il y a un empêchement de l'application, eh bien le le donc le le al-houkm, il n'est pas il n'est pas praticable, on ne peut pas le pratiquer, il y a un empêchement. Donc tout ce que Dieu a révélé comme loi et tout ce que le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, a arrêté comme loi, et tout ce que les savants ont inféré comme loi d'autres sources, du qiyas ou ou autre chose,
Shakeel SiddiqPar leur réflexion et leur ijtihad, oui.
Cheikh Larbi Bechritoute cette toute toute cette loi, elle restait dans l'absolu. C'est-à-dire, pour la pratiquer, il y a des modalités de de l'application. On ne peut pas l'appliquer dans la réalité sans regarder les raisons, les conditions et voir s'il y a un empêchement ou pas. Et et en fait, tout ça, ça veut dire qu'on est en train de chercher dans le contexte. Et quand on dit une fatwa dans une fatwa, il faut voir le texte et le contexte, eh bien c'est tout à fait vrai, tout simplement parce que le contexte aussi c'est une c'est quelque chose qui est révélé, quelque chose qui est arrêté par la législation.
Shakeel SiddiqMhm, très bien. Alors une autre question. Quand le mufti émet une fatwa par rapport à à un cas nouveau rencontré dans la société, est-ce que tous les musulmans vont être dans l'obligation de suivre ou ça va concerner uniquement la personne qui a interrogé ?
Cheikh Larbi BechriAlors, vous avez des fatwas qui qui peuvent être généralisées,
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi Bechriet vous avez des fatwas qui sont, comment dire, qui va être une réponse qui qui va concerner l'individu qui a posé la question.
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi BechriAlors pourquoi cette différence ? Tout simplement parce que dans une fatwa aussi, est ce qu'on appelle ce qu'on appelle tahqiq al-manat, hein. Tahqiq al-manat, c'est le fait de de vérifier si le déterminant de la norme est là ou pas. La chose qui détermine la norme, ça veut dire la chose à quoi est liée la norme. Alors, des fois, on fait ce qu'on appelle un tahqiq manat 'am, et là, une fatwa peut être généralisée, comme beaucoup de de fatawa du Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, qui étaient générales, même si c'était une roukhsa, une facilité, mais il l'a donnée à tout le monde.
Shakeel SiddiqOn reviendra dessus d'ailleurs juste après.
Cheikh Larbi BechriVoilà. Et après, vous avez des des un tahqiq manat khass. Ça veut dire quand on a quand on a vérifié, le déterminant de la norme, c'était concernant un individu. Ça veut dire on a pris sa sa sa situation particulière et on l'a répondu et on a trouvé la norme qui qui va résoudre son cas particulier.
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi BechriEt donc vous voyez, vous pouvez trouver par exemple les les grandes instances de la fatwa, des fois, ils émettent des des des des fatawa qui sont qui qui ont une portée générale, et vous trouvez des des fatwas qui qui sont dirigées vers des des individus.
Shakeel SiddiqOn aura l'occasion, incha'Allah, de faire une émission justement spécifique par rapport à ces comités qu'on peut trouver à à l'époque contemporaine, dont l'instance européenne. Très bien. Alors le prophète Mohammed, sallallahu alayhi wa sallam, donc il est une fois, il reçoit la législation, la charia lui est lui est révélée, et ce qu'il va dire devient sunna. Et donc, est-ce que lui aussi est un mufti ?
Cheikh Larbi BechriBien sûr, le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, quand il il quand il dit quelque chose ou quand il fait quelque chose, c'est-à-dire sa parole, ses actes peuvent être peuvent être peuvent être des des actes émanant d'une posture d'un d'un d'un imam, c'est-à-dire d'un d'un, comment dire, d'un d'un responsable, d'un responsable politique, on va dire, hein, d'un voilà, le guide le guide suprême de de la communauté.
Ça peut être aussi il peut dire quelque chose ou faire quelque chose en tant que en tant que en tant que législateur qui donne une législation. Il peut aussi dire quelque chose ou faire quelque chose en tant que mufti, en tant que juge, qadi.
Shakeel SiddiqD'accord. Et en tant que mufti, vous avez un exemple où il aurait fait du cas par cas, par exemple ?
Cheikh Larbi BechriAlors, au cas par cas, par exemple, il y a eu un un jeune qui lui a posé une question sur : « Est-ce que j'ai le droit d'embrasser ma femme pendant le jeûne ? » Et on savait que, auparavant, le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, avait répondu à Omar ibn al-Khattab, il lui a donné une réponse positive. Ça veut dire que tu peux embrasser ta femme pendant le jeûne. Il lui a dit : « C'est exactement pareil comme si tu quand tu fais tes ablutions et que tu mets de l'eau dans dans ta bouche pour rincer la bouche. Donc c'est pareil pour pour pour le le fait d'embrasser sa femme pendant pendant le jeûne. » Mais quand il a vu que il y avait un jeune qui lui pose la question, eh bien il lui a dit non,
Shakeel SiddiqAh.
Cheikh Larbi Bechri« tu ne peux pas le faire ».
Pourquoi ? Parce que il a vu que la différence entre un un un jeune et quelqu'un qui est moins jeune, quelqu'un qui est vieux, ce n'est pas pareil. Avec le jeune, il est si il embrasse sa femme, il peut cela peut engendrer autre chose qui va altérer son son son jeûne. Et c'est pour ça que le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, là, il a il a il a donc changé le le statut par rapport à à l'âge du questionneur.
Shakeel SiddiqDonc quelque part
Cheikh Larbi BechriIl y a aussi Ibn Abbas, la fameuse riwaya sur d'Ibn Abbas quand il a il était avec avec ses ses disciples, il y a eu quelqu'un qui est rentré en lui demandant : « Est-ce que celui qui qui qui qui commet un un assassinat, il peut faire un repentir ou Dieu n'accepte pas son repentir ? » Alors Ibn Abbas, il lui dit : « Non, Dieu n'acceptera pas son son repentir. » Et quand la personne est est est partie, eh bien les disciples d'Ibn Abbas ont dit à Ibn Abbas ils étaient un peu étonnés : « D'habitude, tu nous dis tu nous tu nous disais que l'assassin peut faire peut faire le repentir, et Dieu peut accepter son repentir. » Alors qu'est-ce que Ibn Abbas, qu'est-ce qu'il répond à à ses à ses à ses disciples ? Il leur dit : « J'ai vu dans ses yeux le mal. » Ça veut dire c'était quelqu'un qui voulait prendre une réponse, une fatwa, pour aller commettre son crime. Et c'est pour ça que je lui ai dit non.
Shakeel SiddiqMhm. Alors j'ai envie de dire quelque part, c'est assez dangereux pour un musulman, on va dire lambda, de trouver un hadith et de dire voilà, parce que bon, c'est ça qu'on entend finalement. On va ils vont enfin beaucoup de musulmans vont puiser dans le hadith seul, vont prendre par exemple celui que vous avez cité avec le jeune garçon pour qui le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, a interdit finalement d'embrasser son épouse, et puis il pourrait dire : « Voilà, c'est comme ça dans l'islam, et ce n'est pas autrement. » C'est un un véritable danger, non ?
Cheikh Larbi BechriC'est pour ça que il est il est très très important de de de regarder les modalités de l'application.
Shakeel SiddiqPuis on dira que c'est la sunna en plus ensuite.
Cheikh Larbi BechriVoilà. C'est parce que tous tout ce que Dieu a révélé dans dans dans dans tout ce que vous pouvez trouver comme comme comme comme règle dans la jurisprudence musulmane, il est révélé, mais dans l'absolu. Dans dans l'application, c'est autre chose. Il y a un une autre forme d'ijtihad qu'on a appelée ijtihad at-tanzil. Sans cet ijtihad-là, on ne peut pas donner une fatwa. L'application et on ne peut pas, d'ailleurs, appliquer la la la le le droit musulman.
Shakeel SiddiqAlors il y a beaucoup de compagnons du Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, qui qui étaient muftis ? Dans son entourage ? Alors moi je je j'ai lu que Ibn selon Ibn Hazm, on trouve 18 fatwas de compagnons, selon an-Nasa'i, on en trouve 21.
Cheikh Larbi Bechri18 18 sahabis ou 18 fatwas ?
Shakeel SiddiqOn aurait 18 fatwas, pardon.
Cheikh Larbi BechriParce que ça me paraît trop peu pour Ouais, j'ai les fatwas des sahaba, il y en a beaucoup. Il faut aller voir I'lam al-Mouwaqqi'in, il en a cité beaucoup plus que ça.
Shakeel SiddiqBeaucoup plus, voilà.
Cheikh Larbi BechriMais il il peut il veut dire peut-être 18 muftis des sahaba, ça c'est possible.
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi BechriOui, c'est à ce nombre-là, ils peuvent être un peu plus même que que 18, mais il y a eu quand même des sahaba qui étaient des des des de vrais juristes.
Shakeel SiddiqComme qui, par exemple ?
Cheikh Larbi BechriComme Aïcha, radiya Allahu ta'ala 'anha, comme les quatre califes, comme Zayd ibn Thabit, comme Mou'adh ibn Jabal, comme Abdoullah ibn Mas'oud, Abdoullah ibn Abbas, Abdoullah ibn Omar.
Shakeel SiddiqÇa ce sont tant de compagnons qui deviendront, si vous me corrigez, qui deviendront des juges sous les quatre califes finalement.
Cheikh Larbi BechriIls deviennent Non, c'était
Shakeel SiddiqOu des muftis, ils ont eu ce rôle-là ?
Cheikh Larbi BechriC'était des muftis. Ils ils avaient Bon, quand on parle d'Ibn Omar et d'Ibn Abbas, c'était par la suite, parce que avant, il y avait les grands, il y avait les grands imams, les grands les grands il y avait il y avait d'abord Abou Bakr, Omar, Othman, puis Ali, radiya Allahu ta'ala 'anhoum. Donc après, il y a eu cette deuxième cette génération qui était jeune à cette époque-là, après est devenue les les les grands les grands sahaba, les grands les grands muftis aussi et les grands savants.
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi BechriIl y avait il y avait on n'oublie pas aussi Abdoullah ibn 'Amr ibn al-'As qui était aussi un grand un grand mufti et un grand faqih.
Shakeel SiddiqMhm. Alors moi je lis beaucoup aussi qu'ils prenaient le temps de réfléchir, qu'il y avait une peur de de de se tromper. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur le sujet ?
Cheikh Larbi BechriAh, bien sûr. La fatwa, c'est un domaine qui est très très dangereux parce que tout simplement on parle au nom de Dieu. On va dire à la personne : « Voilà ce que Allah dit dans dans ton cas. » Et donc quand on parle au nom d'Allah, ce n'est pas comme on parle au nom de quelqu'un, d'un d'un d'un, on va dire d'un d'un makhloq. C'est ce n'est pas pareil du tout. C'est pour ça d'ailleurs que vous avez Ibn Abi Layla, Abd ar-Rahman ibn Abi Layla, qui était un un un l'un des des ansar.
Shakeel SiddiqDe Kouta de Koufa ?
Cheikh Larbi BechriC'était oui, c'était à Koufa, mais il était originaire de Médine.
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi BechriEt c'était un tabi'i qui a rencontré Il disait dans son récit : « J'ai rencontré 120 des compagnons du Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, des ansar », parce que lui-même il était ansari.
Shakeel SiddiqMhm, de Médine, ouais.
Cheikh Larbi BechriDe de Médine. « Et quand l'un d'eux est questionné sur un sur un problème religieux, eh bien il il passe la question à son frère. Et et et ce frère-là, il la passe à un autre, et l'autre, il la passe à un autre, jusqu'à ce qu'elle redevient au premier. »
Donc vous voyez qu'ils ils avaient trop trop peur. Ibn Abdoullah ibn Omar et Abdoullah ibn Mas'oud disaient tous les deux : « Celui qui répond les gens à n'importe quelle question, à toute question dans la religion, il il peut être fou. » Ils l'ont traité de folie. Ça y est, c'est parce qu'il sait ce qu'il ce qu'il fait. Et Ibn Abbas aussi a dit : « Man akhta'a la adri ousibat maqâtilouh. » Celui qui qui ne sait pas dire : « Je ne sais pas », hein,
Vous vous voyez ce que ce que je veux dire ?
Shakeel SiddiqOui, alors justement.
Cheikh Larbi BechriCelui qui « Je ne sais pas », eh bien « ousibat maqâtilouh », ça veut dire il est il est « ousibat maqâtilouh », ça veut dire, comment on peut dire ça, c'est qu'il a il a il a eu un coup sur mortel dans l'endroit où il ne peut plus vivre. Donc tout ça, c'est Vous avez l'imam Malik, vous avez Abou Hanifa, vous avez
Shakeel SiddiqOui, on a on a
Cheikh Larbi BechriVous avez Abou Hanifa, il disait : « Wallahi, lawla al-farq la ma aftaytou ahada. Lawla al-farq min an yadi'a... » Si j'avais pas peur que ce savoir-là
Shakeel SiddiqDisparaisse.
Cheikh Larbi Bechridisparaisse, je ne donnerais jamais de de fatwa.
Shakeel SiddiqBen justement, j'ai envie de dire, mais aujourd'hui, bon sur les les chaînes de télé arabes, il y a enfin, il y a des muftis qui sont assis, puis les gens appellent et puis ça répond de partout et puis bon, ils n'ont pas forcément connaissance des individus, ils ne les voient même pas d'ailleurs. Qu'est-ce que vous pensez de de de cela ? C'est un peu rapide, non ?
Cheikh Larbi BechriAlors ce qui Alors ce qui se passe Moi moi moi c'est moi je pense que que les ce genre de fatwas, en général, ce n'est pas de de vraiment de des des fatwas. Il y en a, peut-être des fois c'est des fatwas. Mais en général, bon, les questions des des musulmans, c'est c'est des questions qui qui relèvent de l'ordre de l'enseignement général. On demande un enseignement.
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi BechriEt puis beaucoup aussi de questions relèvent de des des problèmes de la vie, problème conjugal par exemple : « Comment je me comporte avec ma femme ? Comment je me comporte avec mon mari ? » Vous voyez ? Donc c'est des fois quand on répond, eh bien on donne des des des des comment dire, des des des des règles à suivre dans la vie, des ce qu'on appelle irshadat, ce qu'on appelle
Shakeel SiddiqDes conseils, ouais.
Cheikh Larbi Bechriplus tôt que voilà, des conseils plutôt que des de de vraies fatwas. Quand il y a de vraies fatwas, nous disons tous les jours, celui qui n'est pas capable de de faire la fatwa, eh bien il il laisse, il dit aux gens : « Je ne sais pas. » Même s'il est en direct, moi ça m'est déjà arrivé d'être en direct dans un dans une émission de fatwas, mais dès qu'il y a une fatwa et que je connais pas la réponse, je dis tout de suite que après, il faut faut qu'on voit, faut qu'on réfléchisse, ou il faut envoyer la question à au Conseil européen de la fatwa, ou à un autre conseil, ou
Shakeel SiddiqMhm, très bien.
Cheikh Larbi BechriIl faut étudier la chose, parce que le le contexte de la personne qu'on ne connaît pas, il est on ne sait même pas où il est, quel est son contexte, vous voyez, donc on ne peut pas répondre comme ça. Au moins, il faut l'avoir au téléphone, au moins, je dis. Normalement, un un pour faire une fatwa, il faut voir la personne. Vous voyez Ibn Abbas quand il a vu, il a vu le mal dans ses yeux.
Shakeel SiddiqMhm.
Cheikh Larbi BechriDonc il faut voir le le le moustafti, celui qui demande la fatwa.
Shakeel SiddiqAlors très bien. Autre question aussi, c'est par rapport aux conditions pour devenir mufti.
Comment on devient mufti ? Est-ce que c'est, par exemple, on est diplômé à l'université d'al-Azhar ou bien à Médine, ou bien peut-être qu'on n'est pas forcément obligé d'être diplômé, mais le fait qu'on soit autodidacte, qu'on ait une grande lecture pointilleuse, etc., enfin, quelles sont les conditions pour être mufti ? Aussi bien peut-être par rapport à ce qui aurait été dit par les juristes musulmans auparavant, par rapport à notre réalité.
Cheikh Larbi BechriAlors le le le mufti les conditions pour être mufti, autrefois, c'est-à-dire ce qu'on va trouver dans les manuels des des oussoul al-fiqh, les fondements du droit musulman, on va trouver que il faut qu'il soit min ahl al-ijtihad. Il faut que quelqu'un qui est arrivé à à être un moustahid. Ça veut dire c'est quelqu'un qui est, comme l'a dit Chafi'i, il faut qu'il soit il maîtrise très très bien le le Coran, il sait tout ahkam al- toute les règles juridiques qui se trouvent dans le Coran. Il sait ce ce qui est nassikh, ce qui est mansoukh, ce qui est 'amm, ce qui est khass, ce qui est moutlaq, ce qui est mouqayyad. Donc il y a plein de choses. Il faut qu'il qu'il soit vraiment savant dans la matière.
Et pareil pour la sunna, il faut qu'il sache les la divergence des savants, il faut qu'il sache beaucoup de choses, un très très bon bagage en langue arabe, tout ça. Donc il faut avoir les outils pour pour pour pour le faire. Alors pour être moustahid aujourd'hui, bon, c'est c'est ce qu'on appelle aujourd'hui s'il y a pas le le moustahid, au moins, il faut quelqu'un qui a quand même un savoir. C'est pour ça qu'ils ont posé par la suite la question : « Est-ce que le mouqallid », ça veut dire celui qui suit un imam, celui qui suit une une une école, c'est pas lui-même qui a produit cette jurisprudence, mais il sait qu'elle est produite par son imam, et il sait que son imam, il l'a produite et s'est basé sur tel ou tel sur tel ou tel principe.
Eh bien, est-ce que le 'ammi ou le mouqallid peut être un mufti ? Bon, par la suite, on a dit que, c'est ce que dit Ibn al-Qayyim, rahimahoullah, que c'est une nécessité. Sinon, si on attend qu'il y a un moustahid pour nous faire la fatwa, eh bien on risque de ne de ne pas avoir suffisamment de moustahid pour répondre à toutes les questions qui qui sont posées par la vie.
Shakeel SiddiqMhm.
Cheikh Larbi BechriDonc aujourd'hui, quand on a un savoir, voilà, donc aujourd'hui pour chercher ce savoir-là, vous êtes on vous pose une question qui concerne, par exemple, le mariage, vous pouvez vous connaissez là où se trouvent les réponses et vous pouvez comprendre les réponses et savoir pourquoi on a répondu comme ça, c'est-à-dire vous connaissez les les arguments et les principes sur lesquels on on s'est basé pour répondre de cette manière-là.
Après, moi ce que je peux rajouter et qui est très très important, il faut être vraiment quelqu'un qui maîtrise très très bien le contexte. Maîtriser le contexte, ça veut dire être capable de faire ce mixage, parce que en fait la fatwa c'est un c'est ce mixage mixage ou ce ou ou ou ce tarkib. La fatwa c'est une c'est une sina'a.
Shakeel SiddiqC'est un montage.
Cheikh Larbi BechriC'est ce montage, c'est une sina'a. Donc il il y a beaucoup de choses qui vont intervenir dans dans une fatwa. Il y a le le le savoir comment cette ce cas-là doit être régi par quel domaine du droit. Ça, c'est une chose. Après, le contexte, il faut le il faut le il faut le saisir. Après, il faut aussi être quelqu'un qui est il a une certaine intelligence, il a une certaine ce qu'on ce qu'on ce qu'on ce qu'on ce qu'on appelle en arabe al-malaka, cette intelligence du fiqh, hein. Il est intelligent dans ce domaine-là. Hein. Donc il sait très aussi intelligent dans dans il connaît les les les les gens comment ils sont, comment ils réfléchissent. Quand ils parlent, qu'est-ce qu'ils insinuent ? Il peut lire entre les lignes, parce que aussi il y a des gens qui posent, des fois, des questions, c'est ils vous posent la question d'une manière pour vous aiguiller ou pour vous diriger à lui répondre comme il veut.
Hein. Donc vous voyez ? Et et et donc je pense que tout ça,
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi Bechrice qui peut aujourd'hui être peut-être la solution, c'est ce qu'on a ce qu'on adopte aujourd'hui comme les les fatwas émanant de de collèges. Parce qu'aujourd'hui, vous savez, il y a des fatwas qui qui demandent une un savoir pointu, par exemple dans la médecine, ou dans la microbiologie quand il s'agit de de ce qui est licite ou illicite dans tout ce qui est nourriture, par exemple, ou dans d'autres domaines de la du savoir. Ça peut être dans le domaine de la psychologie ou la sociologie. Et dans tout ça, c'est ces instances de fatwa qui sont les les les conseils de fatwa, ils ont les moyens d'appeler les gens adéquats pour
Shakeel SiddiqLes spécialistes dans les
Cheikh Larbi BechriVoilà, pour leur expliquer la le contexte.
Shakeel SiddiqD'accord. Très bien. Alors peut-être une dernière question. Aussi on parle de fatwa. Très bien, supposons qu'il y a une fatwa émise il y a un siècle en arrière, mais bon on parle aussi des fatwas qui changent selon l'époque et et et le contexte. Donc si vous pouviez nous en dire plus sur le sujet ?
Cheikh Larbi BechriAlors on a déjà parlé de de de de cette fatwa du Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, qui a changé. On a on a parlé aussi de fait de cette fatwa de d'Ibn Abbas qui a changé selon le celui qui pose la question.
Shakeel SiddiqOui. Tout à fait, oui.
Cheikh Larbi BechriEt c'est c'est pour ça que les les les savants disent que une fatwa peut varier selon le temps, l'espace, la situation, la personne,
Shakeel SiddiqTrois critères très importants, oui.
Cheikh Larbi Bechrihein. Voilà. Moi je moi je dirais que ce qui change dans une fatwa, c'est ce que j'ai appelé le le le le ijtihad at-tanzil. C'est-à-dire le c'est-à-dire l'effort qu'on doit user dans l'application
Shakeel SiddiqD'accord.
Cheikh Larbi Bechridu statut révélé.
Shakeel SiddiqTrès bien. Alors peut-être une dernière question, c'est vrai vous avez développé vous avez largement développé ce point-là. Alors une dernière question. Est-ce qu'il est possible d'émettre une fatwa pour éduquer les musulmans ? Par exemple, on sait que la prière à la mosquée, elle est pas obligatoire au niveau du législateur. Mais si on émet une fatwa en disant pour motiver en fait les musulmans à aller à la mosquée, donc si on émet une fatwa en disant : « Voilà, c'est obligatoire, il faut aller à la mosquée », alors que ça ne l'est pas, est-ce que c'est
Cheikh Larbi BechriD'abord, on ne dit pas comme ça qu'elle n'est pas obligatoire. Salat al-jama'a, pour certains, elle est obligatoire.
Shakeel SiddiqTrès bien.
Cheikh Larbi BechriVous avez les les hanbalites
Shakeel SiddiqPour les hanbalites.
Cheikh Larbi BechriVous avez Ibn 'Aqil, qui était qui est un grand hanbali, il dit que il dit plus que ça. Il dit qu'elle est c'est une condition pour que la prière soit valable, chart sihha al-jama'a. Donc vous voyez, c'est c'est non elle est obligatoire non seulement obligatoire, mais chart chartoun fi sihhati as-salah.
Donc c'est vrai que ce n'est pas
Shakeel SiddiqC'est vrai que c'est un peu compliqué, hein, pour certains.
Cheikh Larbi BechriVoilà, ce n'est pas l'avis ce n'est pas l'avis de joumhour al-fouqaha, mais bon la prière la prière à à la mosquée dans une jama'a, au minimum, elle est fard kifaya. Et et je pense que c'est la c'est l'avis fard kifaya.
Shakeel SiddiqDonc fard kifaya, c'est obligatoire, l'obligation tombe quand il y a un minimum qui est présent.
Cheikh Larbi BechriFard kifaya. Pour pour Ça veut dire pour pour le groupe, pour le groupe dans une ville, elle est fard kifaya. Pour l'individu lui-même, elle est sunna mou'akkada.
Shakeel SiddiqD'accord, donc c'est une sunna mou'akkada.
Cheikh Larbi BechriAlors pour répondre à la question qui est : « Est-ce qu'on peut éduquer ? » Bien sûr. Une fatwa, elle peut être elle peut viser, mais est-ce qu'on l'appelle une fatwa ? Ça peut être aussi autre chose qu'une fatwa. Vous savez ce qu'on appelle tasarrouf bi siyasa ach-char'iyya. Ça veut dire que un responsable peut très très bien pour pour de l'éducation civique ou de l'éducation religieuse émettre des des des des normes dans la société, émettre arrêter des des des des règles à à suivre et il peut obliger, comme il a du pouvoir donc, il peut obliger les gens à à à pour pour les pour les pour les diriger vers cette vers cette éducation. Donc c'est possible aussi dans le droit musulman, ce qu'on appelle tasarrouf bi siyasa ach-char'iyya, c'est c'est possible.
Shakeel SiddiqD'accord, très bien.
Cheikh Larbi BechriDonc voilà. Il peut très très bien adopter une fatwa wa yahmilou an-nassa 'alayha, ça veut dire il oblige il oblige les gens à adopter cette fatwa. Parce qu'à l'origine, la fatwa, c'est ce qu'on n'a pas dit, la fatwa c'est on n'est pas obligé de suivre une une fatwa. C'est pas une, c'est-à-dire pour être plus clair, le mufti n'a pas n'a pas l'habilité à nous obliger.
Shakeel SiddiqPuisqu'il n'y a pas de clergé, on va dire dans l'islam.
Cheikh Larbi BechriNon, non, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de clergé, c'est parce que le le mufti, son rôle est d'orienter, tout simplement. Donner une une orientation. Il va vous dire que voilà : « Vous cherchez le chemin de Dieu ? C'est ça le chemin de Dieu. » Mais après, lui, il ne peut pas vous obliger à vous mettre sur le chemin. C'est c'est à vous de choisir si vous voulez avancer de dans ce chemin ou pas. Par contre, al-qada, al-houkm, quand il émane d'un juge, là le juge, il est le juge est est, comment dire, a l'autorité pour vous obliger à appliquer sa sentence.
Shakeel SiddiqC'est ce qui fait d'ailleurs la différence entre le juge, al-qadi, et le mufti.
Cheikh Larbi BechriVoilà, entre le qadi et le mufti.
Shakeel SiddiqTrès bien. Alors on a d'autres questions bien entendu, cheikh Larbi, mais on va consacrer une autre émission sur le sujet, surtout par rapport aux instances contemporaines. Alors pour terminer, juste un mot peut-être ? Parce que j'ai cru lire sur le net que l'IESH de Château-Chinon avait reçu un prix par rapport à l'institut de Coran. Vous pouvez nous dire peut-être pour terminer, clôturer, un petit mot, vraiment un petit mot sur ce sujet ?
Cheikh Larbi BechriOui, al-hamdou lillah. Bon, c'est c'est que notre institut, wa al-hamdou lillah, c'est on a commencé donc Ma'had al-Qur'an, ça fait déjà près de près de de 13-14 ans. L'institut a commencé bien avant, ça fait plus plus de 20 ans que ça existe, mais Ma'had al-Qur'an a commencé il y a 13-14 ans.
Donc le l'Instance mondiale du Saint Coran, qui est une institution créée par Rabitat al-'Alam, la Ligue la Ligue du monde musulman,
Shakeel SiddiqTrès bien, d'accord.
Cheikh Larbi Bechriqui se trouve à La Mecque, donc cette Instance mondiale du Coran, sur sa tête il y a cheikh Ali Basfar, a donc a a choisi notre ma'had ici, notre institut, comme le meilleur institut du Coran dans dans dans le monde.
Shakeel SiddiqEh bien écoutez, alors c'est un très bel exemple, hein.
Cheikh Larbi BechriVoilà. Donc donc ça a été donc il y a un petit prix symbolique qui a été donné donc à notre à notre à notre institut. Ça nous encourage beaucoup, donc ça nous a fait tout le monde était content par ce par ce cette
Shakeel SiddiqBen écoutez, comme quoi les choses évoluent, il y a du travail qui est fait aussi, hein, par les membres de l'IESH. En tout cas, merci beaucoup pour cette pour cette intervention, pardon, cheikh Larbi. Chers internautes, à très bientôt et vous pouvez me retrouver sur Oumma United. Salam aleykoum wa rahmatoullah.
Cheikh Larbi BechriSalam aleykoum wa rahmatoullah wa barakatouh.
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