La retraite spirituelle
La chronique « L’Islam au quotidien » avec Shakeel Siddiq
Oumma TVRamadanSpiritualité & DialoguePratique & Éthique5:37
16 juin 2017 à 12 h 00
La retraite spirituelle
La chronique « L’Islam au quotidien » avec Shakeel Siddiq
Transcription intégrale de la vidéo
As-salamu alaykum wa rahmatullah. Aujourd'hui, on va parler de al-i'tikaf, ce qu'on appelle la retraite spirituelle.
Qu'est-ce que al-i'tikaf, cette retraite spirituelle ? C'est une pratique liée au mois de Ramadan. Il s'agit de rester au sein de la mosquée, qui est la maison de Dieu, pendant les 10 dernières nuits. C'est cela, al-i'tikaf : une retraite véritablement spirituelle, où l'on se coupe du monde et de la société de consommation pour revenir sur soi.
Des mosquées ouvrent leurs portes et le proposent pendant ces 10 dernières nuits. C'est une bonne occasion, une expérience que le musulman et la musulmane devraient tenter. Cela a un très bon impact. On n'est d'ailleurs pas obligé de le faire pendant 10 nuits : on peut le faire 2 nuits, 3 nuits, 4 nuits, peu importe.
Le Prophète Mohammed, sallallahu alayhi wa sallam, pratiquait al-i'tikaf. Il avait comme un petit matelas installé derrière une des colonnes de la mosquée. On ne doit pas sortir de cette mosquée, sauf pour faire ses besoins, car à l'époque du Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, il n'y avait pas de toilettes comme ici en France : il fallait se déplacer.
Aujourd'hui, il s'agit de rester à la mosquée pour lire le Coran, le méditer, le comprendre, et surtout se remettre en question, ce qui est très important.
Il s'agit de méditerqui suis-je ? Quel est mon rôle dans ce monde ? Qu'est-ce que je peux apporter de positif dans la société ? Qu'est-ce que mon Seigneur attend de moi ? Est-ce que je suis un bon musulman ? Ce sont autant de questions qui doivent se poser.
Si l'on ne peut pas le faire dans une mosquée, pour différentes raisons, parce que toutes ne le proposent pas et que cela s'avère parfois compliqué, on peut le faire ailleurs. On peut aller par exemple à l'île aux décombres, au Creusot, ou louer un gîte loin de la société. Dans la forme, ce sera différent, mais dans le fond, l'objectif est atteint. Dès lors que l'on veut atteindre cet objectif, on peut aussi, en dehors de al-i'tikaf, se retirer un peu de cette société de consommation durant l'année.
En dehors de l'île aux décombres, des associations musulmanes proposent aujourd'hui des séjours spirituels, comme la Maison des Savoirs. Il est très intéressant de se retirer et de se couper du monde alors que l'on passe son temps à courir. Je rappelle le verset : Alhakumu at-takathur, alhakumu at-takathur. La course au surplus, at-takathur, renvoie à la notion de kathra : vouloir toujours plus, encore plus. L'être humain n'est jamais satisfait. Nous sommes pris dans cette dynamique au sein de notre société, à toujours courir, vouloir davantage sans jamais être rassasiés. Quand on est croyant, il faut savoir dire stop et appuyer sur pause.
Il faut s'interrogerest-ce le but de la vie ? Est-ce ce que notre Seigneur attend de nous ? Quand on s'isole loin de la société pendant plusieurs jours, en rapport direct avec la nature et avec les arbres qui vivent dans le calme, ce calme interagit avec l'âme du croyant.
Cela fait un bien fou. Tout le monde vous le dira : quand on ressort d'une retraite spirituelle intense, peut-être réconcilié avec Allah subhanahu wa ta'ala après avoir été éloigné de ce monde qui nous tire constamment vers l'économie, on vit une riche expérience et on ne voit plus le monde de la même manière. Il est important de prendre un nouveau départ spirituel dans sa vie, de se remettre en question et de s'interroger sur son avenir et son rôle : cela fait partie de la foi.
Al-i'tikaf pendant le mois de Ramadan représente une réelle occasion. Le mieux serait, même si c'est sans doute un peu trop tard pour cette fois mais peut-être à envisager pour le Ramadan de l'année prochaine, d'effectuer cet i'tikaf au sein de la mosquée du Prophète Mohammed, sallallahu alayhi wa sallam, ou bien à La Mecque, sur les lieux saints.
En plus de cela, je rappelle qu'une omra, ce petit pèlerinage, effectuée pendant le mois de Ramadan équivaut, selon un hadith authentique, à un hajj accompli aux côtés du Prophète Mohammed, sallallahu alayhi wa sallam. C'est le jackpot au niveau des hassanates, des bonnes actions. Ce sont des choses qu'il faut vivre et expérimenter, que l'on peut préparer dès maintenant comme projet pour l'année prochaine.
Je vous souhaite une très bonne fin de mois de Ramadan et je vous dis à très bientôt pour une nouvelle chronique. Salam alaykoum wa rahmatullah.
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