La nuit du destin
La chronique « L’Islam au quotidien » avec Shakeel Siddiq
Oumma TVRamadanSpiritualité & DialoguePratique & Éthique7:02
16 juin 2017 à 12 h 00
La nuit du destin
La chronique « L’Islam au quotidien » avec Shakeel Siddiq
Transcription intégrale de la vidéo
Salam aleykoum wa rahmatullah. Bienvenue dans notre émission. Aujourd'hui, on va parler de la nuit de al-Qadr.
La première question qu'on doit se poser est la suivantele mot Qadr, dans la sourate al-Qadr, qu'est-ce qu'il signifie exactement ? À travers la lecture des travaux d'exégèse, on remarque que ce mot peut éventuellement porter deux sens. Mais le sens premier, celui qui me semble le plus valorisé comme on le remarque dans le tafsir de Tahar Ben Achour, c'est la notion de valeur. C'est-à-dire que la nuit de al-Qadr est une nuit très importante.
Pour quelle raison ? Parce que c'est lors de cette nuit que le Coran est descendu. D'ailleurs, Dieu nous le rappelle dans le verset 3 de la sourate 44 lorsqu'il dit : « Nous l'avons fait descendre en une nuit bénie. » C'est la descente du Coran qui a rendu cette nuit exceptionnelle et bénie. Cela a d'ailleurs béni tout un mois lunaire, qui est le mois du ramadan.
Qu'est-ce qu'on entend par la descente du Coran, puisqu'on sait que le Coran a été révélé sur une période de 23 ans, sourate par sourate, parfois par quelques versets ? Dans ce verset, il est dit que le Coran est descendu pendant la nuit de al-Qadr, cette nuit bénie.
L'interprétation importante qu'il faut retenir ici, transmise semble-t-il du Prophète (sallallahu alayhi wa salam) à Abdallah ibn Abbas, est la suivante : le Coran, parole du divin, s'est détaché de ce qu'on appelle al-lawh al-mahfouz, les tablettes gardées et protégées qui se trouvent dans le monde céleste. Cette parole du divin a traversé les sept cieux jusqu'à arriver au ciel le plus proche pour nous, les êtres humains. Pendant les 23 années, l'ange Gabriel a pu puiser la révélation à travers ce Coran descendu au premier ciel, pour le révéler verset par verset, sourate par sourate, au Prophète (sallallahu alayhi wa salam).
Voilà de quoi il s'agirait, selon la position très connue d'Ibn Abbas. C'est un événement du monde céleste fondamentalement important, puisqu'on trouve dans ce Coran une guidée pour l'être humain. Cela a valorisé cette nuit, qui est meilleure que 1 000 mois d'adoration.
Quand on fait une prière pendant cette nuit, une salat de deux rak'at (deux cycles complets), c'est mieux que 1 000 mois de salat. C'est énorme. C'est un cadeau offert par la miséricorde du divin à l'être humain. Allah subhanahu wa ta'ala n'a absolument rien à perdre à envoyer ses serviteurs au paradis, à leur pardonner et à multiplier les récompenses : plus de 1 000 mois, c'est quelque chose d'énorme.
Pour terminer ma chronique, j'aimerais souligner un point très important : quand se situe cette fameuse nuit du ramadan ? Est-ce la 21e nuit, la 23e, la 25e, la 27e, la 29e ? On sait que c'est un jour impair dans les dix dernières nuits du ramadan. Beaucoup pensent et affirment que c'est la 27e, mais ce n'est pas si sûr : c'est un jour impair à la fin du mois.
On a un hadith très célèbre qu'on va analyser brièvement et rapidement ensemble. Le Prophète (sallallahu alayhi wa salam) a été informé par la miséricorde de Dieu de la date précise de cette nuit. Certains pensaient que c'était la 27e nuit. Le Prophète était très content de pouvoir donner une date précise aux musulmans, car il était toujours heureux de faciliter l'adoration et l'accès à l'islam dès qu'il en avait la chance.
Il sort de chez lui après avoir été informé du jour et de la nuit précis. En sortant, il tombe sur deux musulmans en train de se disputer. Le Prophète (sallallahu alayhi wa salam) essaie de régler le conflit. Une fois le litige réglé, il avait oublié cette date. Dieu et l'ange Gabriel ne l'ont pas informé à nouveau. On lui a fait oublier la date précise de la Nuit du destin, la nuit de al-Qadr, à cause de ce conflit entre deux croyants.
Qu'est-ce qu'il faut retenir ici ? C'est que les conflits entre les croyants viennent retirer la miséricorde d'Allah, qui s'écarte de nous. Il faut être très attentif à cela. Les croyants sont frères : il existe une fraternité religieuse. Il y a d'autres fraternités, comme la fraternité humaine du fait que nous descendons tous d'Adam et Ève, mais il y a aussi cette fraternité dans la foi, ce qu'on appelle al-ukhuwwah, dont Dieu parle beaucoup dans le Coran. Il est fondamental de la préserver, sinon il faudra s'attendre à ce que la miséricorde d'Allah disparaisse.
Il est triste de voir des musulmans se disputer, voire s'insulter parfois, au début ainsi qu'à la fin du mois du ramadan pour le jour de l'Aïd, quand il s'agit de fixer le premier jour du jeûne ou de la fête : faut-il recourir au calcul mathématique, à l'astronomie et à la science, ou revenir à la sunna du prophète Muhammad (sallallahu alayhi wa salam), c'est-à-dire la vision oculaire ?
Quoi qu'il arrive, malgré toutes les divergences et les débats qui peuvent exister, le conseil très souvent donné en France par nos chouyoukh est de se référer à la mosquée la plus proche et de suivre, sans entrer dans des débats futiles et sans fin qui créent la polémique et la haine entre les croyants. Le croyant rassemble avant tout les musulmans et espère la miséricorde d'Allah.
On espère qu'Allah subhanahu wa ta'ala, pendant ce mois béni, se montrera miséricordieux envers nous, qu'il effacera nos péchés et nous fera tous entrer au paradis. Barakallahu fikum. Merci beaucoup pour votre attention et à très bientôt pour une nouvelle chronique. Salam aleykoum wa rahmatullah.
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