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Mohamed Jemal, président d’Un ToîT pour Elles, lance l’opération “Solidarité Masques”

Avec la solidarité comme maître-mot, Mohamed Jemal avance dans la vie la main toujours tendue vers son prochain, qu’il soit son frère ou sa sœur en Dieu ou en humanité, et sans jamais détourner le regard devant la misère humaine et sociale, devant les sans-grades et les sans-toit.

Imprégné des nobles valeurs musulmanes, c’est en marchant sûrement sur le chemin qu’il sait être le bon, celui de la fraternité et du mieux vivre ensemble, qu’il a fondé à Antony, dans les Hauts-de-Seine, l’association “Un ToîT Pour Elles”, il y a trois ans de cela.

Mohamed Jemal n’a jamais dévié de sa route. A l’heure où la France, comme partout ailleurs, subit les affres d’une pandémie dévastatrice, la générosité, la gratitude et l’entraide continuent de guider ses pas. Des pas qui l’ont mené tout droit vers la fabrication de masques faciaux pour celles et ceux qui en sont si cruellement dépourvus. C’est ainsi que l’opération « Solidarité Masques » s’est imposée à lui comme une évidence.

Mohamed Jemal présente sur Oumma sa petite entreprise qui s’avère d’utilité publique.

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Quelle est la vocation première de votre association “Un ToîT pour Elles” ? Pourquoi l’avez-vous créée ?

La vocation première de notre association est de venir en aide aux femmes, avec ou sans enfants, qui sont en grande précarité et se retrouvent à la rue. Nous avons pour objectif d’ouvrir un centre social et d’hébergement pour mettre à l’abri toutes ces femmes.

J’ai créé cette association à la suite de ma rencontre avec une jeune reconvertie à l’islam, mise à la rue par ses parents puis par son époux, alors qu’elle était enceinte. Elle avait été de surcroît violée plusieurs fois par des hommes qui ont profité de sa situation précaire.

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En attendant d’avoir les fonds nécessaires pour ouvrir notre centre, nous avons dû trouver d’autres solutions pour ne pas abandonner ces femmes livrées à elles-mêmes. Aujourd’hui, nous avons un petit réseau d’hébergeurs solidaires qui ouvrent leurs portes, parce qu’ils sont eux aussi très sensibles à cette cause et veulent apporter leur pierre à l’édifice. En parallèle, avec notre équipe sociale (assistantes sociales, coaches, psychologues), nous les accompagnons dans leurs démarches administratives, mais également dans leur reconstruction grâce à des séances de coaching.

Pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ? 

Je suis le fondateur et actuel président de l’association Un ToîT Pour Elles. J’ai 37 ans et je suis chargé de développement social urbain dans un quartier dit « sensible ». Evoluant depuis quelques années dans le milieu social, je mets tout en œuvre pour que mes connaissances professionnelles puissent servir à aider toutes celles et ceux qui sont dans le besoin.

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Qu’est-ce qui vous a poussé à fabriquer des masques faciaux de protection ?

Tout part d’un simple constat. Nous devons venir en aide à ceux qui essaient de nous protéger au péril de leur vie. Nous vivons pour beaucoup cette crise sanitaire majeure chez nous, à distance. Mais dehors, la réalité est tout autre.

Tant de nos concitoyens se battent au quotidien pour nous, pour nous soigner, mais aussi pour nettoyer nos rues, pour que les magasins restent ouverts… Ils mettent leur vie en danger pour que nous puissions garder un minimum notre confort. A mes yeux, il est normal d’apporter sa contribution pour les soutenir dans leurs tâches qui se révèlent plus que jamais essentielles. C’est un juste retour des choses.

Un soir, j’ai commencé à découper une taie d’oreiller et à la coudre selon un tuto trouvé sur YouTube. J’avoue que cela n’a pas été pas évident, puis je me suis rappelé que l’une de nos hébergeuses solidaires était couturière. Je lui ai demandé s’il l’on pouvait établir un partenariat, qu’elle a tout de suite accepté. Et l’opération « Solidarité Masques » a été lancée.

Quel type de masques confectionnez-vous ? Sont-ils destinés exclusivement aux soignants ou plus largement à la population ?

Ce sont des masques 100% coton, confectionnés à partir de taies d’oreiller, de housses de couettes, de draps de lit… Nous insérons une poche à l’intérieur afin d’y glisser un filtre médical pour encore plus d’efficacité.

Au vu de tous les appels à l’aide qui ont circulé sur les réseaux sociaux, nous avions décidé dans un premier temps que notre production de masques serait destinée exclusivement au corps médical. Mais en réalisant que les employés des grandes surfaces, très exposés également, n’étaient absolument pas protégés, nous avons jugé utile, face à ce triste constat, d’élargir notre fabrication aux caissières, vigiles et agents d’entretien.

Comment s’organise cette fabrication ?

L’organisation s’est faite d’elle-même. Ma vice-présidente, mon fils de 12 ans et moi-même nous nous chargeons de découper le tissu selon un patron « spécial masque », puis la couturière fait l’assemblage. Pour ma part, j’assure les finitions (par exemple : couper des fils qui dépassent). C’est un vrai travail d’équipe, très stimulant et gratifiant.

Combien de masques pouvez-vous produire par semaine ?

Tout dépend de la disponibilité de la couturière qui a sa propre activité par ailleurs. Cela peut varier entre 100 et 150 masques par semaine.

Est-ce que vous les commercialisez ou les distribuez-vous gratuitement ?

L’idée première est d’épauler tous ceux qui sont en première ligne face à ce dangereux virus, ceux qui sont prêts à aider sans rien attendre en retour. C’est donc dans cette optique que nous avons décidé d’offrir gracieusement les masques que nous fabriquons.

En conclusion, souhaitez-vous adresser un message aux Oummanautes ?

« Si chacun de nous offrait un peu de son monde, nous pourrions tous vivre ensemble dans le même monde », voilà ma devise !

Ce projet ce n’est pas que le mien, mais celui de toute la communauté. Nous avons tous quelque chose à apporter à l’autre. Il n’y a pas de petit don, mais juste de grands cœurs qui vibrent et s’unissent dans un seul et unique but : Venir en aide à son prochain.

Aujourd’hui dans la rue, beaucoup trop de femmes et d’enfants n’ont pas l’existence qu’ils devraient avoir. La rue détruit chaque jour, elle brise des vies, des espoirs, et les êtres les plus vulnérables. Nous sommes tous concernés par ce fléau.

Avec cette pandémie qui nous frappe, la solidarité est au plus haut, les cœurs s’ouvrent pour soutenir les plus faibles. Vous en faites partie quand chacun de vous trouve du positif dans le difficile confinement auquel nous sommes tous soumis, et utilise ce temps à bon escient.

Chacun peut, à son niveau, aider son voisin par exemple. Alors n’hésitez pas. Vos vies comptent, préservez-les. Restez chez vous !

Propos recueillis par la rédaction Oumma

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