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Hawa Elmi, la couturière aux doigts de fée du Minnesota, confectionne des masques pour les hôpitaux

Dans une Amérique aux prises avec le plus redoutable des ennemis, car invisible, insaisissable et frappant sans répit à l’intérieur de ses frontières, il n’y a guère que son président qui « voit la lumière au bout du tunnel »…
Alors que la première puissance économique mondiale paye un lourd tribut à la propagation meurtrière du Covid-19 (à ce jour 44 845 décès et plus de 820 000 personnes contaminées), Donald Trump perçoit en effet une « lumière » dans ce bien sombre et macabre tableau, ainsi qu’il l’a martelé hier, mardi 21 avril, lors de sa conférence de presse quotidienne.
On ignore jusqu’où porte son regard pour discerner cette pâle lueur d’espoir… Retranché dans sa tour d’ivoire de Washington d’où il exhorte au déconfinement ou à la « libération » de certains Etats démocrates, au risque d’attiser des tensions aux effets aussi dévastateurs que ceux du virus, le regard de Trump ne s’étendra pas vers l’horizon lumineux du Minnesota.
L’incendiaire de la Maison Blanche, dont on se demande s’il a déclaré la guerre au coronavirus ou à la mesure du confinement, ne scrutera pas cet horizon où brille l’effort de solidarité nationale. Il refusera de voir de quelle manière deux de ses concitoyennes musulmanes, Hawa Elmi et sa fille Nadira Mohamed, s’éclairent à la lueur du flambeau de la fraternité, de la générosité et du soutien aux personnels soignants.
Donald Trump préférera sans doute regarder ailleurs que vers la demeure de Hawa Elmi, cette mère de huit enfants qui débarqua de sa Somalie natale sur le sol américain en 1993, qu’elle a transformée en un véritable atelier de couture. Un atelier que cette couturière aux doigts de fée s’emploie à faire tourner à plein régime, depuis que sa fille Nadira, une brillante doctorante en pharmacie, a sollicité son précieux concours.
Celle-ci savait que sa maman serait la femme de la situation, à même de répondre à l’appel lancé sur Twitter par l’un de ses professeurs Elisabeth Hirsch, chargée d’enseigner les maladies infectieuses à l’université du Minnesota, afin de pallier la pénurie criante de masques faciaux pour les personnels hospitaliers.

Il faut dire que Hawa Elmi, qui fut à bonne école avec sa propre mère, est pratiquement née avec une aiguille dans les mains. A l’adolescence, son talent inné pour confectionner des vêtements l’a naturellement imposée comme la petite couturière attitrée de plusieurs villages somaliens. Ainsi, chaque semaine, une trentaine de personnes se pressaient aux portes de sa maison pour des retouches ou des créations sur-mesure.
Aussi loin que Nadira Mohammed se souvienne, elle a toujours vu sa mère en train de coudre avec une aisance qui la fascinait. Elle ne pouvait pas lui faire un plus grand plaisir qu’en lui permettant de mettre à profit ses compétences, spécialement en ces heures funestes où elles s’avèrent plus utiles que jamais.
« Tout le monde sait, dans la communauté musulmane notamment, à quel point ma mère aime coudre, c’est une vraie passion qui l’anime depuis l’enfance », a déclaré Nadira Mohammed dans un entretien à la presse locale.
« Donc, cela n’a pas été une surprise de voir sa joie à l’idée de mettre son talent au service d’une cause urgente et d’utilité publique. Elle s’est aussitôt attelée à la tâche, avec le sentiment gratifiant  de soutenir du mieux qu’elle peut les héros de la santé, ceux qui sont en première ligne dans le combat contre le Covid-19 », a-t-elle précisé, avant de s’exclamer admirative : « En seulement trois minutes, ma mère avait fabriqué trois masques et de qualité supérieure à ce qui était demandé ! ».
Alors que sa fille pose sur elle un regard attendri et empli de fierté, et que le Minnesota l’encense, Hawa Elmi, qui se sent investie d’une mission de la plus haute importance, répond aux louanges avec l’humilité de la musulmane qu’elle est : « Ces médecins sont mes médecins, ces infirmières sont mes infirmières. Ce pays est mon pays et il traverse une terrible épreuve. Et surtout, si vous faites quelque chose, faites-le pour Allah ».
La « lumière au bout du tunnel » que distingue Donald Trump, elle est particulièrement éblouissante dans l’Etat du Minnesota. Dommage qu’il ne fasse pas tomber ses œillères pour la percevoir au loin…
 

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Commentaires

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  1. Mon grand regret en cette période est de ne pas savoir coudre! J’en suis,grâce à l’impéritie du gouvernement français en matière de masques ( responsabilité qu’il lui faudra payer)
    à plier du Sopalin avec des élastiques !Je pense remédier à cela dès cette sortie de crise ( achat d’une machine et cours de couture!) qui nous montre ,comme l’exemple de cette dame  » aux doigts de fée  » l’utilité de tous les savoirs faire mis au service d’autrui.

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