Aux États-Unis, boycotter Israël pourrait désormais vous coûter vos financements. La Chambre des représentants vient d’adopter, par 237 voix contre 169, un texte menaçant de priver de financements fédéraux certaines universités qui participeraient à un boycott commercial d’Israël. Le message adressé aux campus américains est d’une violence politique rare : touchez économiquement à Israël, et Washington peut toucher à votre portefeuille.
Peu importe que le boycott soit revendiqué comme un moyen de pression contre l’occupation, la colonisation ou le génocide mené à Gaza : le Congrès veut placer les universités devant un choix brutal — renoncer au boycott d’Israël ou risquer l’asphyxie financière.
Et ce verrouillage ne vient pas uniquement des Républicains. 33 élus démocrates ont voté avec la majorité. Au nom de la lutte contre l’antisémitisme, une partie du Congrès américain pousse ainsi toujours plus loin la protection politique d’Israël, au risque de faire de cet État une véritable exception dans le débat public américain.
Car la question devient impossible à éluder : pourquoi Israël devrait-il bénéficier d’une protection législative contre une forme de protestation politique appliquée à tant d’autres États, entreprises ou institutions ? Les opposants au texte dénoncent déjà une attaque contre le Premier amendement et la liberté d’expression.
Le texte doit encore passer le Sénat. Mais le signal envoyé est déjà sidérant : aux États-Unis, une université pourrait être sanctionnée financièrement simplement parce qu’elle choisit de boycotter Israël. À force de vouloir protéger Israël de toute pression, Washington finit par transformer son soutien en privilège politique. Et demain, la question ne sera peut-être plus : a-t-on le droit de boycotter Israël ? Mais : combien faudra-t-il payer pour avoir osé le faire ?



GIPHY App Key not set. Please check settings