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11-Septembre : Giuliani s’en prend à Mamdani et assimile sa foi musulmane aux terroristes d’Al-Qaïda

À quelques jours des commémorations du 11-Septembre, Rudy Giuliani a choisi de ressortir l’un des ressorts les plus ignobles de l’islamophobie post-2001 : assimiler un responsable politique musulman aux terroristes d’Al-Qaïda en raison de sa religion. Invité de Newsmax le 6 septembre, l’ancien maire de New York a estimé que Zohran Mamdani ne devrait pas assister aux cérémonies du 25e anniversaire des attentats à Ground Zero. « Ça m’offense qu’il vienne », a-t-il déclaré.

Mais Giuliani est allé beaucoup plus loin. Il a établi un parallèle entre la foi musulmane du maire et l’idéologie des auteurs des attentats, allant jusqu’à suggérer que Mamdani dissimulerait ses véritables intentions. Une offensive islamophobe d’une brutalité sidérante. Giuliani ne critique ici ni une décision politique ni le bilan du maire : il jette le soupçon sur un élu parce qu’il est musulman et réactive l’amalgame entre islam, musulmans et terrorisme qui a empoisonné la vie de millions d’Américains depuis le 11-Septembre.

Mamdani, lui, a refusé de se laisser entraîner dans cette surenchère et a confirmé sa présence aux commémorations. « Je suis fier d’être le maire de cette ville. J’aime cette ville. J’aime ce pays », a-t-il déclaré, appelant à rendre hommage aux victimes, à leurs familles et aux secouristes. Le contraste est d’autant plus saisissant que, quelques jours plus tôt, Mamdani avait officiellement fait du 11 septembre une « Journée du souvenir et du service » à New York. Son administration a également rendu publiques plus de 170 000 pages d’archives municipales sur la qualité de l’air, les risques sanitaires et la réponse des autorités après les attentats, des documents réclamés depuis des années par des survivants et des secouristes.

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Giuliani n’est d’ailleurs pas seul à contester la présence de Mamdani. Une pétition lancée par des proches de victimes a recueilli plus de 100 000 signatures, tandis que l’ancien gouverneur républicain George Pataki a également critiqué sa participation. Mais Giuliani franchit un cap supplémentaire en faisant explicitement de la religion musulmane du maire un motif de suspicion. Vingt-cinq ans après les attentats, l’ancien maire recycle ainsi ce que l’Amérique de l’après-11-Septembre a produit de plus toxique : la culpabilité par association, la suspicion collective et l’idée qu’un musulman devrait constamment prouver son patriotisme pour avoir le droit d’appartenir pleinement à son propre pays.

Le symbole est accablant : celui qui incarnait New York après le 11-Septembre tente aujourd’hui d’utiliser la mémoire de cette tragédie pour délégitimer le premier maire musulman de la ville. Pendant que Giuliani distribue les certificats de patriotisme, Mamdani, lui, choisit d’être à Ground Zero.

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