La finance islamique pourrait bien trouver dans la transition écologique un nouveau terrain de développement. Le 4 septembre, l’Istanbul Climate Finance Summit, organisé à l’Istanbul Financial Center, a consacré une session de haut niveau au rapprochement entre finance climatique et finance islamique. Une initiative portée notamment par le Bureau de l’investissement et des finances de la présidence turque et l’Association des banques participatives de Turquie (TKBB).
L’objectif : réfléchir à la manière dont les capitaux issus de la finance islamique peuvent être davantage orientés vers les énergies renouvelables, les infrastructures durables, l’eau, les transports propres ou encore les projets d’adaptation au changement climatique.
Sur le papier, le rapprochement semble assez naturel. La finance islamique privilégie le financement de l’économie réelle et repose notamment sur l’adossement des opérations à des actifs ou des activités identifiables. Les sukuk verts, sorte d’obligations conformes aux principes de la finance islamique destinées à financer des projets environnementaux, se développent ainsi progressivement.
Le mouvement est déjà engagé. Selon la Banque islamique de développement, le marché mondial des sukuk labellisés durables a dépassé 20 milliards de dollars en 2025, en hausse de 38 % sur un an. La Banque mondiale estime de son côté que les pays membres de l’Organisation de la coopération islamique auront besoin de plus de 1 000 milliards de dollars d’investissements climatiques d’ici 2050. Pourtant, la part de la finance islamique consacrée à ce secteur reste encore limitée.
C’est donc un marché considérable qui pourrait s’ouvrir. Après avoir longtemps été associée essentiellement à la banque de détail, à l’immobilier ou aux grands projets d’infrastructures, la finance islamique cherche désormais de nouveaux relais de croissance. La transition écologique pourrait devenir l’un d’entre eux.


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