Au sommaire d'OummaTV.TV, le troisième épisode la série consacrée à la personnalité du Prophète Muhammad (SWS) avec Shakeel Siddiq, professeur de Sîra et de spiritualité au CERSI et à l'IMED (Institut musulman d'enseignement à distance).
Oumma TVLes chroniques IslamThéologie & HistoireSpiritualité & Dialogue13:14
14 septembre 2008 à 13 h 03
Au sommaire d'OummaTV.TV, le troisième épisode la série consacrée à la personnalité du Prophète Muhammad (SWS) avec Shakeel Siddiq, professeur de Sîra et de spiritualité au CERSI et à l'IMED (Institut musulman d'enseignement à distance).
Transcription intégrale de la vidéo
Shakeel SiddiqBismillah ar-Rahman ar-Rahim.
Nous allons aujourd'hui traiter d'un sujet qui est très important, d'un caractère très important du Prophète sallallahu 'alayhi wa sallam. Il faut le dire, il faut le savoir, le messager de Dieu était un homme de paix.
Lorsque la prophétie commence, le prophète de l'islam a 40 ans. Et pendant les 13 années qui vont suivre, les musulmans vont passer par des moments qui sont très difficiles. Ils vont être persécutés, certains vont être torturés, certains vont même être tués uniquement car ils avaient décidé de suivre le messager de Dieu, ce messager envoyé donc par le Créateur de l'univers. Et on peut citer l'exemple de Sumayya, cette femme noble qui a été tuée par un homme mecquois qui s'appelait Abu Jahl, et qui lui a percé le cœur avec une lance, uniquement car elle avait foi en ce message divin. Les moments par lesquels sont passés les musulmans étaient pénibles, mais le Coran invitait les musulmans à rester patients, à patienter, à s'éduquer, à s'entraider. Voici les notions qui étaient soulignées par Dieu. Il fallait former, forger cette personnalité musulmane.
Et d'ailleurs, le messager de Dieu va passer par des moments difficiles. Pendant 3 années, lui, sa famille, sa tribu vont être boycottés économiquement et socialement. Et d'ailleurs, ce boycott de 3 ans, vécu avant l'hégire à La Mecque, aura des conséquences désastreuses pour le Prophète sallallahu 'alayhi wa sallam, car il va perdre deux proches : son oncle Abu Talib, qui l'avait toujours soutenu contre l'adversité des Mecquois, et il va perdre son épouse Khadija. Mais malgré ça, il va continuer à patienter et, finalement, il va quitter La Mecque pour se rendre à Médine, cette terre d'accueil. Et cet événement, ce voyage, est appelé par les spécialistes de la Sîrah l'hégire.
Alors, après l'hégire, après 2 années, Dieu va révéler des versets où il va autoriser les musulmans à se défendre. Alors, il ne s'agit pas là bien entendu de massacrer les gens. Cette idée est totalement fausse de dire que le messager de Dieu était un assoiffé de sang et de royauté. Non, le prophète de l'islam avait juste pour autorisation de se défendre. Et c'était un homme de paix, et c'est de ça dont on va parler tout de suite.
Le Prophète sallallahu 'alayhi wa sallam n'a jamais perdu cet objectif de vue et il a tout fait pour amener les Mecquois, ces gens qui les avaient persécutés depuis tant d'années, il a tout fait pour les amener sur la table des négociations. Et on est donc pour parler de cette négociation de paix, pour parler Lorsqu'on parle de paix dans l'islam ou dans la biographie du messager de Dieu, on est obligé de s'arrêter sur le traité de paix de Hudaybiyyah. Et ce traité de paix commence par un rêve qui a été fait par le messager de Dieu, où il se voit en train d'effectuer le petit pèlerinage, accompagné de ses compagnons, à La Mecque. Donc il décide, le prophète de l'islam, de quitter Médine, de partir sans armes à La Mecque pour effectuer le petit pèlerinage, quelque chose qui est, mais alors, inconcevable dans les esprits des Arabes musulmans et non musulmans à cette époque-là. Comment les musulmans qui ont quitté La Mecque pourraient maintenant rentrer à La Mecque pour faire le petit pèlerinage ? Et, en plus de ça, ils ne sont pas armés. Mais regardez ici cette sagesse prophétique.
Le prophète de l'islam ici veut imposer la paix. Pourquoi et comment ? Car en face les Mecquois, en fait ils sont dans un dilemme. S'ils ne laissent pas rentrer les musulmans à La Mecque, alors les Arabes de la péninsule diront : « Mais les Mecquois, c'est vraiment injuste ce qu'ils ont fait. C'est un droit pour tout Arabe de rentrer à La Mecque pour effectuer le pèlerinage. Alors on ne peut pas tolérer que ces gens qui croient en Dieu et qui sont les musulmans, on ne les a pas laissés rentrer à La Mecque pour le petit pèlerinage. Non, ça c'est quelque chose d'intolérable. » Et à côté, s'ils empêchent les musulmans de rentrer à La Mecque, les gens diraient dans ce cas-là : « Mais c'est vraiment cruel ce qu'ils ont fait. Ils se sont attaqués à des gens, des pèlerins qui sont venus adorer leur Seigneur, des gens qui n'étaient pas armés. » Donc les Mecquois se trouvent dans ce dilemme, ils sont dans cette complication, et ils vont finalement envoyer un homme au messager de Dieu, qui était déjà parti pour La Mecque, pour négocier une trêve.
Et le Prophète sallallahu 'alayhi wa sallam va réussir à imposer la paix. Comment ? En mettant les Mecquois dans un dilemme. Et ce dilemme est le suivant : si les Mecquois laissent rentrer les musulmans à La Mecque pour effectuer le petit pèlerinage, cela voudrait dire aux yeux des Arabes que les musulmans ont gagné cette bataille morale et ont réussi à rentrer malgré l'opposition des Mecquois à La Mecque. Donc ça serait une victoire morale immense pour les musulmans. Mais à côté de ça, s'ils décident, si les Mecquois décident de combattre les musulmans, de les tuer pour qu'ils ne rentrent pas à La Mecque, de les repousser vers Médine, alors ça serait un sacrilège aux yeux des Arabes, car les Arabes, à cette époque-là, refusaient toute opposition envers celui qui compte venir honorer la Maison sacrée, qu'il soit musulman ou bien qu'il ne soit pas musulman. Donc il y avait un dilemme, et le messager de Dieu ici a réussi à, on va dire, coincer les Quraychites, les Mecquois, et a les forcer de négocier une trêve, donc la paix.
Les Mecquois vont envoyer un homme pour négocier, cet homme s'appelle Suhayl. Ça se passe à Hudaybiyyah, dans la périphérie mecquoise, car les musulmans, eux, sont déjà partis pour le petit pèlerinage. Et regardez ici, le détail est important : le prophète de l'islam va dire : « Écris, ô Ali : Muhammad, le messager de Dieu. » Et Suhayl va dire : « Mais on ne connaît pas de messager de Dieu. Si on savait et qu'on était convaincus que tu étais le messager de Dieu, alors on t'aurait suivi. Mais marque plutôt : Muhammad, le fils de Abdallah, car ça c'est beaucoup plus approprié. » Mais pour la paix, le prophète de l'islam ici ne veut pas polémiquer et il accepte. Et ensuite, lorsqu'on s'arrête sur le traité, on voit qu'il est totalement injuste. Mais malgré ces injustices, le Prophète sallallahu 'alayhi wa sallam va accepter et va signer. Parmi ces injustices, dans le traité il est mentionné que cette année les musulmans ne pourront pas effectuer le petit pèlerinage et qu'ils doivent retourner à Médine. Ils ne pourront venir que l'année suivante. Il y a un autre point qui est beaucoup plus grave et c'est le suivant : tout musulman qui quitterait la ville de Médine pour revenir à La Mecque, alors il est autorisé à le faire. Par contre, tout musulman qui vit à La Mecque et qui est persécuté, s'il réussit à fuir et à revenir à Médine, alors les musulmans sont dans l'obligation de le renvoyer à La Mecque. Ce qui était vraiment grave aux yeux des musulmans, mais le prophète de l'islam, pour la paix qui est prioritaire, qui est le fondement de notre religion, pour la paix, le Prophète sallallahu 'alayhi wa sallam a accepté les différentes clauses de ce traité. Et ce qui est d'ailleurs beaucoup plus émouvant et beaucoup plus fort, c'est qu'après avoir signé le traité de Hudaybiyyah, on a le fils de Suhayl qui se présente. Il est enchaîné, il a réussi à fuir le centre-ville de La Mecque où il était séquestré et enchaîné. Il arrive et il demande l'aide des musulmans, il demande l'aide du Prophète sallallahu 'alayhi wa sallam. Il souhaite accompagner le messager de Dieu à Médine. Donc le Prophète ici dit à Suhayl s'il peut faire une exception, car la situation ici est bon, elle est assez aggravée, cet homme souhaite rejoindre les musulmans. Mais Suhayl refuse catégoriquement. Et le Prophète sallallahu 'alayhi wa sallam ici va dire à Abu Jandal de patienter. Pour la paix, le messager de Dieu a fait tous ces sacrifices.
Plusieurs années plus tard, les Quraychites, accompagnés des Banu Bakr, vont lancer une attaque contre les alliés des musulmans et ils vont détruire ce traité de paix car ils vont voir qu'il n'était pas en leur faveur. Donc ils vont agresser les musulmans et là, le messager de Dieu va décider de revenir à La Mecque. Donc il quitte Médine, accompagné de 10 000 hommes, pour se rendre dans la cité mecquoise. Et là, on a une image très forte, car cet événement, ou plutôt un événement de cette envergure, c'est-à-dire un chef comme le messager de Dieu, un chef politique qui rentre, accompagné d'environ 10 000 hommes, dans la cité mecquoise, un événement similaire avait eu lieu il y a environ 60 années auparavant avec la venue d'Abraha. Abraha, qui était un grand gouverneur au Yémen, il avait construit une grande cathédrale, mais avait l'intention de détruire le temple sacré de La Mecque pour orienter les Arabes vers sa cathédrale qu'il avait construite au Yémen. Mais lui, Abraha, c'était un tyran. Il voulait détruire la Kaaba, il voulait humilier les gens qui étaient à La Mecque, il voulait voler tous les biens appartenant aux Mecquois. Et, comme il est mentionné en détail dans le Coran et dans la tradition prophétique et dans les livres d'histoire, Dieu va envoyer des oiseaux qui vont lancer des pierres sur l'armée de Abraha et ils vont tous trouver la mort. Et ça c'est quelque C'est un événement fort que les Arabes ont pu voir de leurs yeux il y a 60 ans en arrière. Et aujourd'hui, on a le messager de Dieu qui rentre à La Mecque et il est accompagné de 10 000 hommes. Donc il s'agit de voir maintenant ce qui va se passer. Mais, comme le dit le prophète de l'islam, et on verra cette caractéristique lors d'une autre intervention, aujourd'hui c'est le jour de la miséricorde. Il rentre à La Mecque, personne n'est humilié, tout le monde est en sécurité. Le Prophète rentre et honore la Kaaba. Il honore ces gens qui étaient ses ennemis qui lui avaient fait tant de mal. Il les honore tous et aucune réaction divine, aucun oiseau qui descend, personne n'est tué parmi les gens qui accompagnent le messager de Dieu. Et là, c'était un argument fort pour les Arabes, où ils ont pu distinguer entre le tyran qui était Abraha, qui était venu 60 années auparavant avec ses mauvaises intentions, et cet homme qu'ils connaissaient depuis le début, comme j'ai dit lors de la première intervention, Al-Amîne, le digne de confiance. Il rentre en paix, il ne massacre personne. Il vient avec avec cette humilité. Il rentre dans la cité en se prosternant sur sa chamelle. Et là, ils voient bien, les Mecquois, qu'il s'agit d'un homme juste, d'un homme de paix, un homme qui avait cette haute moralité et qui est qui n'est autre que le messager de Dieu. Wa salamou 'alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouh.
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