Sixième volet de la série consacrée à la personnalité du Prophète Muhammad (SWS) avec Shakeel Siddiq, professeur de Sîra et de spiritualité au CERSI et à l’IMED (Institut musulman d’enseignement à distance).
Oumma TVPratique & ÉthiqueThéologie & Histoire8:47
24 septembre 2008 à 18 h 14
Sixième volet de la série consacrée à la personnalité du Prophète Muhammad (SWS) avec Shakeel Siddiq, professeur de Sîra et de spiritualité au CERSI et à l’IMED (Institut musulman d’enseignement à distance).
Transcription intégrale de la vidéo
Bismi Allāhi Ar-Raḥmāni Ar-Raḥīm. Qul Huwa Allāhu 'Aḥad. Allāhu Aṣ-Ṣamad. Lam Yalid Wa Lam Yūlad. Wa Lam Yakun Lahu Kufu'an 'Aḥad.
Bismillah al-Rahman al-Rahim. Nous allons parler aujourd'hui d'un principe très important de l'islam qui est la justice. Dieu nous dit dans la sourate La table servie, verset 8 : « Et soyez équitables, soyez justes, car à travers ce principe, vous serez proches de la piété. »
Et ce noble comportement qui est de suivre la justice, de défendre les biens d'autrui et de s'éloigner, de repousser l'injustice, est un comportement que le Messager de Dieu avait non pas avec la prophétie, mais depuis sa tendre enfance, depuis sa naissance. Le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, a grandi avec cette notion très forte, et on a un exemple, un événement très important qui a frappé la vie du Messager de Dieu avant la prophétie, et il s'agit de l'alliance d'Al-Fudul. Alors l'alliance d'Al-Fudul, c'est quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé dans la société mecquoise qui a poussé certaines tribus mecquoises à signer un traité appelé Al-Fudul ? Alors on a une histoire derrière, et cette histoire c'est celle d'un homme qui n'est pas mecquois, qui se rend à La Mecque et qui va vendre au marché de la marchandise à un citoyen mecquois. Mais cet homme mecquois refuse catégoriquement de le payer.
Et il n'a rien à craindre, car il est protégé par sa tribu et il se trouve à La Mecque. Donc il décide de ne pas le payer. Alors cet homme, il est seul, le commerçant. Il ne sait pas quoi faire. Mais il se sent lésé, il sent bien ici qu'il a vécu une injustice, et il va se rendre auprès d'un mont, connu sous le nom de Abu Qubays, et il va appeler tous les habitants de La Mecque en disant : « Voilà, j'ai subi une injustice. Je voudrais qu'on me paye ma marchandise. Alors est-ce qu'il y a quelqu'un qui pourrait bien m'aider ? » Et on a dans cette société-là cinq tribus qui vont réagir. Et parmi ces cinq tribus qui vont décider d'aider ce commerçant, on a la tribu du Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, qui est la tribu des Banu Hashim. Et ces cinq tribus vont former une alliance, vont se rendre chez ce Mecquois et vont exiger de lui qu'il paye ce commerçant, car il a subi une injustice.
Et ce Mecquois va donc payer sa marchandise et aucune autre tribu de La Mecque, aucun autre Mecquois en dehors de ces cinq tribus ne va protester cette décision et ne va s'interposer. Et le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, dira : « J'ai pris part avec mes oncles chez Abdallah ibn Jud'an à une alliance. Je n'échangerais pas la part que j'y ai prise contre un troupeau de chameaux rouges. Et si l'on me demandait maintenant, en islam, d'y prendre part, je me porterais volontaire. »
Et ces propos du Messager de Dieu sont très forts. Aujourd'hui, en tant que croyant, c'est ce qu'il dit, si on lui demandait de prendre part à une telle alliance pour représenter la justice, alors « moi, Messager de Dieu, j'y prendrais part ».
Et dans ces paroles du Messager de Dieu, on remarque quelque chose de très fort, c'est que le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, valide un pacte auquel il a participé avant l'islam. Ce qui implique que le croyant, dans la société où il se trouve, dès lors qu'il voit des gens qui travaillent dans le domaine associatif, dans le bien pour établir une justice ou bien pour lutter contre un mal, alors le croyant, lui aussi doit participer. Il doit réagir. Et c'est ce comportement noble que le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, nous enseigne à travers cet acte de justice auquel il a participé avec sa tribu.
Comme, pour citer des exemples, la lutte contre l'alcoolisme. Il y a encore des centaines de personnes qui meurent chaque année au volant à cause de l'alcool. Aussi pour l'aide des sans-abri. Il y a encore des gens dans nos sociétés qui ont faim, qui meurent de faim.
Et le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, ici nous dit, nous enseigne qu'on peut, nous aussi, participer dans le monde dans lequel on se trouve avec musulmans, non-musulmans, car la notion religieuse n'a pas sa place ici. On peut participer, nous aussi, à faire progresser ce bien autour de nous et dans la société dans laquelle on se trouve.
Et le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, il porte ces grands principes de l'islam. Et à travers l'exemple que je vais vous raconter maintenant, ce qui est fort à retenir, c'est que le Messager de Dieu ne parlait pas de ces principes uniquement, mais il les appliquait sur lui. Il les appliquait sur lui avant tout. Et on va s'arrêter maintenant sur la bataille de Badr, qui est la première grande bataille de l'islam, où les musulmans vont être confrontés aux Mecquois qui sont sortis pour massacrer les musulmans et pour tuer le Messager de Dieu.
Ces gens sont présents devant les musulmans, loin de Médine, et le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, va demander à ses compagnons de s'aligner, d'aligner les rangs. Le moment est critique, le moment est difficile. Devant, on a des gens armés qui veulent tuer ces croyants. Et le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, commence à passer dans les rangs pour voir si tout le monde est bien aligné, si tout le monde, si son armée est bien structurée. Et il va voir un homme qui s'appelle Sawad, avec un pied qui dépasse. Et lorsque le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, va passer vers lui, il va le piquer avec le bout de sa flèche. Et cet homme, il va réagir. Il va dire : « Ô Messager de Dieu, tu es venu avec la justice, tu es venu avec la vérité, et là tu m'as fait mal. Je demande réparation. »
Et là, le Prophète, sallallahu alayhi wa sallam, il aurait pu lui dire : « Mais qu'est-ce que tu nous embêtes maintenant ? Tu vois pas que la situation est critique ? On est face à une armée. On peut voir ça plus tard à Médine. » Non. Le Messager de Dieu va lui donner cette flèche, il va remonter sa chemise et va lui dire : « Tiens, tu peux me piquer, toi aussi, car c'est vrai, c'est un droit que tu as. »
Regardez cette importance donnée par le Messager de Dieu à cette notion de justice, à ces principes de l'islam. Il a tout stoppé pour donner ce droit de justice à un homme. Juste pour un homme, il a tout arrêté et il a mis en avant cette notion de justice. Et comme nous raconte cette histoire, cet homme va ensuite tomber à genoux et va embrasser le ventre du Messager de Dieu en disant : « Il se peut que je sois tué par ces hommes dans un instant, donc avant de rencontrer mon Seigneur, je souhaitais, c'était quelque chose que je souhaitais au plus profond de moi, je souhaitais te toucher une dernière fois avant de rejoindre mon Créateur. » Et on sait que cet homme va perdre la vie dans les instants qui vont suivre. Et ici, on a une représentation très concrète de cette notion très importante de l'islam qui est la justice. Wa salamou 'alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouh.
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