L'universitaire Éric Geoffroy aborde la part féminine et la liberté des femmes au sein de la mystique musulmane.
Oumma TVSpiritualité & Dialogue4:41
6 août 2008 à 15 h 18
L'universitaire Éric Geoffroy aborde la part féminine et la liberté des femmes au sein de la mystique musulmane.
Transcription intégrale de la vidéo
Lorsque l'on parle de la place, du rôle de l'élément féminin ou de la femme dans le soufisme, il ne faut pas, il faut d'abord situer ça dans le contexte islamique primordial, qui est celui, bien sûr, de l'entourage du Prophète (salallahu alayhi wa sallam). Le Prophète a vécu entouré de femmes durant toute sa vie. Sa mère, il l'a connue peu bien sûr, mais Khadija, qui était une épouse centrale pour lui, qui l'a beaucoup aidé, ses autres épouses, bien sûr, ses filles, Sayyida Sayyida Fatima, etc. Donc, on peut dire, enfin, moi je le dis en tous les cas, que le le Prophète était un féministe avant l'heure, mais bien sûr au beau sens du terme, c'est-à-dire qu'il a donné toute toute sa part, celle que le Coran, en fait, donne à à la femme, c'est-à-dire une croyante à part entière qui a des droits et des devoirs autant que l'homme, différents parfois, mais sous sous le plan de la ibada, sous le plan de la de l'adoration de Dieu, la femme est tout à fait l'égale de l'homme.
Maintenant, dans dans le soufisme, et bien, d'une part, enfin on peut faire une remarque un petit peu générale, c'est que on peut dire, sous un certain rapport, que le soufisme est l'élément féminin intuitif de l'islam, c'est-à-dire c'est un petit peu le cerveau gauche, on pourrait dire, alors que le cerveau droit, vous savez, maintenant on dit que le cerveau droit correspond à cette au cerveau rationnel disons. Donc, le soufisme développe ce cet aspect de ilham, intuition, le kashf, le dévoilement, choses qui relèvent plus habituellement, non pas uniquement de la femme, mais de l'élément féminin en général, dans la nature et aussi chez l'homme. Chaque homme a un une part féminine en lui et qu'il ne faut jamais renier.
Donc ça, c'est une deuxième chose évidente et c'est pour ça que globalement les les femmes ont souvent trouvé un un espace de liberté assez grand dans le soufisme, là où parfois parfois dans dans le milieu des sciences exotériques, elles ne trouvaient pas de place. Ça, c'est des choses qui qui dont dont témoigne assez facilement dans l'histoire.
Alors historiquement, on a bien sûr le grand repère, la première grande sainte de l'islam qui est Rabi'a, donc al-Adawiyya, grande sainte irakienne de Basra, et dont la légende dont La Légende dorée est parvenue jusqu'à Saint Louis à l'époque médiévale. Donc, une sainte musulmane dont l'aura spirituelle est parvenue jusqu'à la cour de Saint Louis, donc au XIIIe siècle, en France. Donc, c'est dire l'aura qu'elle a acquis déjà bien sûr en pays musulmans. Et et bien sûr, c'est la plus connue, mais beaucoup d'autres femmes saintes sont répertoriées, donc on a leur vie. Et on voit des hommes, des hommes et non des moindres, je pense à Ibn Hanbal, Ahmad ibn Hanbal, aller solliciter, je crois je pense notamment à Amina al-Ramliyya, donc à Bagdad, aller aller solliciter l'intercession, qu'elle fasse des douas pour eux, enfin pour lui et pour un autre soufi, enfin un autre un autre personnage saint avec qui il était.
Donc, chose importante, le soufisme n'a n'a jamais été très masculin en tant que tel, et on a toujours eu des des des couvents, disons, des des des des zaouïas ou ou bien des ribat pour femmes. Et encore actuellement, la femme joue un rôle important. Nous avons dans le monde musulman actuellement des des femmes qui sont même des shaykhas, des maîtres spirituels, même pour des hommes. C'est-à-dire à Tunis, à à Beyrouth, à Istanbul, je connais personnellement des femmes qui ont un rôle de maître spirituel pour des femmes, mais également pour des hommes. Donc, c'est dire qu'elles sont reconnues.
Certes, dans certains pays, dans certaines confréries en Égypte, par exemple, les réunions sont uniquement masculines et les femmes se réunissent à part. Mais globalement, dans toutes les turuq, dans toutes les confréries dans le monde musulman, les femmes ont leur place, parfois séparées des hommes, bien sûr. Parfois donc les les séances ont lieu au au même endroit, mais à un lieu donc séparé avec séparation, mais les femmes bien sûr ont accès à la sainteté. Ibn Arabi a beaucoup écrit là-dessus et Ibn Arabi dit que la femme peut être un pôle spirituel. La femme a accès à cette à ce rang de virilité spirituelle, al-rujuliyya.
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VidéoAvec Soufiane Djilali · 2 novembre 2026
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