Shakeel SiddiqSalam aleykoum. Islam aujourd'hui reçoit le docteur Omero Marongiu-Perria sur le sujet des conversions à l'islam.
Docteur Omero, salam aleykoum.
Omero Marongiu-PerriaWa aleykoum salam.
Shakeel SiddiqAlors on vous connaît maintenant très bien sur dans Islam aujourd'hui, mais j'en profite encore une fois pour présenter à nouveau votre magazine, c'est un gratuit qui s'appelle La Plume. Donc c'est c'est alors, il y en a un tous les mois ou tous les trimestres ?
Omero Marongiu-PerriaTous les mois.
Shakeel SiddiqD'accord, c'est un mensuel, hein.
Omero Marongiu-PerriaAlors, malheureusement, beaucoup de d'Oummanautes seront déçus car ils ne pourront pas se le procurer directement. Nous ne tirons pas suffisamment d'exemplaires comme c'est un gratuit et nous sommes tous bénévoles. Nous ne tirons pas suffisamment d'exemplaires pour diffuser sur toute la France, mais nous sommes avides de tous les conseils en la matière.
Shakeel SiddiqD'accord, très bien. Donc je remontre le magazine donc aux Oummanautes, hein. Normalement, il devrait aussi défiler en théorie. Alors, on continue sur notre thème, celui de la conversion à l'islam et on commence par une question juridique, religieuse simple : comment on se convertit à l'islam ?
Omero Marongiu-PerriaAlors, on doit prendre une poule et puis l'égorger devant sa maison, c'est ça ?
Shakeel SiddiqAlors là, c'est très mystique, on va dire, hein ! Très sorcier même !
Omero Marongiu-PerriaAlors pour c'est
Shakeel SiddiqParce que c'est compliqué !
Omero Marongiu-PerriaAlors, la conversion à l'islam peut être compliquée chez chez certains individus, mais tout dépend en fait du contexte. Alors, je vous répondrai en deux temps. Il y a la conversion qui a été définie par les théologiens musulmans, c'est-à-dire à partir de quel moment l'on considère qu'un individu est considéré comme faisant partie des musulmans. Donc il y a la déclaration d'appartenance, il faut qu'il soit connu par les musulmans avec toutes les divergences qui peuvent exister chez les écoles juridiques musulmanes sur les les conditions présidant à l'attestation de foi. Mais c'est l'attestation de foi elle-même et le fait de la prononcer devant des musulmans qui va faire en sorte que la personne va être connue parmi les musulmans comme étant musulmane et à partir de ce moment-là, les musulmans vont se comporter avec elle selon les règles de bienséance et les les règles canoniques présidant aux relations entre musulmans.
À côté de cela, il y a une personne et son cheminement. Donc d'un point de vue sociologique, ce que l'on constate, c'est que les trajectoires d'islam, c'est le terme que moi personnellement j'emploie, elles sont plurielles. Il y a différentes façons de pénétrer dans cette religion musulmane, à savoir que souvent on voit que des gens ne se qualifient pas comme musulmans alors même qu'ils pratiquent déjà certains rites, c'est le cas du du jeûne par exemple, ou qu'ils respectent que ces gens respectent certains interdits. Donc souvent l'adhésion à l'islam se fait de manière progressive chez chez les personnes en en parcours de conversion, avec le respect des interdits avant de pratiquer les obligations religieuses. Donc on voit comme ça différentes configurations avec des gens qui sont dans des parcours progressifs. Parfois c'est très rapide, parfois ça peut prendre plusieurs années chez chez des personnes.
Shakeel SiddiqTrès bien. Alors on peut lire ici et là qu'un converti à l'islam doit avoir un certificat de conversion. C'est vrai ?
Omero Marongiu-PerriaBen, ce certificat est purement formel. Il est requis déjà par les autorités saoudiennes qui partent du principe pour un certain nombre de pays que des personnes des ressortissants de certains pays musulmans sont de fait musulmans pour les autorités saoudiennes. Pour nous, en ce qui nous concerne, si moi, Omero Marongiu-Perria, je me présente comme ça a été le cas la première fois où je me suis rendu en Arabie saoudite pour la omra, le consulat saoudien m'a demandé un certificat de conversion. Donc j'ai dû produire une attestation d'un centre islamique musulman d'un d'un centre culturel musulman qui a bien voulu me la faire parce qu'il me connaissait. Pour certains convertis, ça peut être plus problématique s'ils ne sont pas connus par la mosquée ou le centre culturel musulman qu'elle fréquente, par exemple. Donc il y a un aspect purement formel. Il y a un aspect également formel pour certaines situations, notamment les mariages. Moi-même étant marié à une personne marocaine, j'ai dû faire un certificat de conversion. Donc je dirais li ajrayn : j'ai l'ajr de l'Arabie saoudite et l'ajr de des autorités marocaines, double récompense ! Donc on on a un certificat de conversion cette fois-ci qui est complètement fait par les autorités consulaires marocaines, c'est le adoul qui fait qui fait ce certificat, qui atteste de ma foi musulmane et qui permet de se marier avec cette personne puisque théoriquement une Marocaine ne peut pas se marier avec une personne non musulmane. Donc il y a certains il y a certaines situations qui vont requérir ce certificat de conversion, mais à la base, il n'y a pas de texte musulman qui indique qu'une personne devrait avoir un certificat de conversion.
Shakeel SiddiqD'ailleurs, ça c'est un point très important et à souligner, hein. C'est clair que dans l'islam, bon, il n'y a pas de texte, à ma connaissance aussi, qui qui qui stipule qui stipule cela. Où est-ce qu'on peut se procurer un certificat ? Dans n'importe quelle mosquée ou bien dans des mosquées bien spécifiques ?
Omero Marongiu-PerriaMoi j'ai connu un temps où ça se faisait très rapidement, mais aujourd'hui, de ce que je vois dans mon expérience personnelle, la plupart des mosquées et des centres culturels musulmans demandent à la personne qui n'est pas connue Si c'est une personne qui est connue depuis un un certain temps à la mosquée, qui fréquente les musulmans, l'imam ou le responsable de de la mosquée va lui faire, pour le pèlerinage par exemple, va lui faire son certificat sans aucun problème. Pour une personne qui n'est pas connue, les responsables de la mosquée vont exiger que cette personne suive au moins quelques cours pour qu'on puisse, au sein de de de la mosquée, pour que les responsables puissent attester de manière effective de sa conversion, notamment pour une raison très spécifique des entretiens que j'ai pu faire dans dans pas mal de mosquées, c'est parce que il y a un certain nombre de personnes qui se présentent à la mosquée pour avoir un certificat de conversion dans le cadre d'un mariage. Et cette personne n'est pas connue à la mosquée. Et là, aujourd'hui les imams et les responsables des mosquées sont plus attentifs à ces situations pour ne pas faire des certificats de complaisance.
Shakeel SiddiqD'accord, très bien.
Omero Marongiu-PerriaAbsolument.
Shakeel SiddiqLe converti à l'islam, donc il a un passé d'avant-Islam, et puis là un avenir maintenant qui qui s'ouvre à lui. Alors comment il doit réagir sur le plan psychologique, social, par rapport à son passé ? Est-ce qu'il doit l'oublier, l'effacer, commencer une nouvelle vie ? Ou est-ce qu'il doit rester attaché à son passé ? Comment ça se passe ? Qu'est-ce qui est préférable ?
Omero Marongiu-PerriaOn a eu l'occasion d'en discuter un tout petit peu lors de la précédente émission. Donc pour rappel, j'avais évoqué la notion de de rupture. Il y a une rupture plus ou moins forte qui se fait par rapport à son environnement et à son passé, qui peut être qui peut être négociée plus ou moins en douceur en fonction aussi de la réaction de l'entourage puisque quand on se convertit, on peut être exposé aussi à une hostilité de la part de de son entourage. Donc là, à ce niveau-là, il faudrait que la personne puisse avoir un minimum de recul, notamment sur quatre aspects, moi, qui m'intéressent
Shakeel SiddiqTrès bien.
Omero Marongiu-Perriaà savoir le vêtement, l'alimentation, la pratique du rite, et le quatrième, parce que je les ai notés, l'attitude ou le comportement. D'accord ? Donc quatre choses qui sont extrêmement importantes. Le vêtement : se convertir ne signifie ne signifie pas forcément changer complètement son vêtement. Je parle ici de la manière de s'habiller. L'alimentation : on sait qu'il y a une une latitude assez importante qui a été octroyée en fonction des écoles juridiques musulmanes sur les questions alimentaires, sur le halal, le non halal, bien sûr en dehors des choses qui sont explicitement interdites en matière d'alimentation. Au niveau de l'accomplissement des rites, il y a tout un ensemble d'aménagements, par exemple pour la prière, le regroupement, les les facilitations qui pourraient être adoptées pour une personne fraîchement convertie afin qu'elle se familiarise progressivement avec l'ensemble des rites. Et au niveau de l'attitude, vous savez, il y a tout un ensemble de de codes de comportement dans la société : le fait de serrer la main, le fait de se de de de se de se comporter d'une certaine façon dans les relations sociales, etc. Et parfois, malheureusement, une personne entre en islam et elle se retrouve face à des discours qui entre deux musulmans qui entrent en concurrence sur la notion de pureté. On dirait que certains musulmans développent une pureté maladive.
Shakeel SiddiqTrès bien.
Omero Marongiu-PerriaUne pureté maladive, c'est-à-dire il faudrait être plus royaliste que le roi ou chambouler complètement son intérieur, ses relations, etc., comme s'il fallait faire une rupture mais totalement radicale avec son passé et son environnement. Et là, je dis : attention ! Attention car on peut rentrer dans ce que j'appelle, moi, les parcours de fragilisation. Moi, j'ai été très étonné il y a il y a une quinzaine d'années de cela, quand je faisais mon ma recherche doctorale, de ce que j'appelle le parcours de fragilisation, c'est-à-dire une personne qui est cool, tranquille dans sa tête, on va dire, parfois une ou une personne musulmane qui pratique sa religion de manière, je dirais, empathique et naturelle, et à un certain moment, elle entre en relation avec un discours très radicalisé sur la pureté, sur ce qu'il faut faire, pas faire, etc. Et cette personne progressivement en vient à se poser des questions qu'elle ne se serait jamais posées jusqu'à parfois arrêter la pratique religieuse parce qu'elle ne se sent pas suffisamment pure pour pratiquer sa religion, ou parfois à se séparer complètement de son environnement ou adopter des us et coutumes qui seraient prétendument ceux que le Prophète aurait pratiqués en matière de vêtement ou autre.
Shakeel SiddiqEt d'ailleurs, je peux ajouter à ça que même l'islam à l'époque du Prophète, sallallahu alayhi wa salam, n'a pas été révélé comme ça en un bloc. Il n'y a pas eu un chamboulement social et religieux en en 24 heures, mais ça s'est fait quand même sur une période de 23 ans, ce qu'on appelle en théologie Bon, j'ajoute une petite touche de théologie : at-tadarruj. C'est comme l'interdiction de l'alcool qui s'est faite On va On peut étaler sur à peu près 15 ans. Donc c'est c'est c'est c'est Je pense que c'est très en relation avec ce que vous venez d'expliquer, c'est que le changement doit se faire de manière douce et non pas la rupture totale, hein, un individu qui était dans dans le noir et puis il passe au blanc. Je veux dire, c'est vrai que les choses ne ne se font pas ainsi, même sur le plan théologique, clairement.
Omero Marongiu-PerriaMais il y a il y a un autre point qui est très très important pour les Oummanautes, c'est qu'aujourd'hui on voit Ouais, je vais je vais être très franc dans dans mon propos. On voit de plus en plus de pétages de plombs chez des musulmans qui ont en gros entre 35 et 45 ans.
Shakeel SiddiqTant que ça ?
Omero Marongiu-PerriaEt beaucoup de femmes notamment. C'est-à-dire des gens qui se sont structurés dans une vision radicale du monde. Il y a nous, les musulmans, il y a les non-musulmans, nous on est dans la vérité, les autres sont dans l'erreur, je dois être pur donc je dois faire attention à tout. Donc progressivement, ils ils élargissent la zone de pureté, si bien que ils s'isolent au fur et à mesure d'une vie sociale, ou alors ils ont une vie sociale qui est restreinte à une catégorie très petite d'individus, et puis à un certain moment ils se disent : « Mais mais en fait je suis complètement isolé ! Mais en fait, qu'est-ce que j'ai fait ? » Et ils s'aperçoivent que cette notion de pureté, elle est complètement exagérée. Donc quand ils retombent, ben Et certains
Shakeel SiddiqIls retombent de haut, en fait.
Omero Marongiu-PerriaAh oui oui oui ! On voit on voit des couples qui entrent en crise, on voit des gens qui sont complètement déstabilisés parce qu'ils ont vu que ils étaient complètement désocialisés par rapport à leur environnement, etc. Et et et c'est et ça prend des proportions Je ne donnerai pas de chiffres, mais parce qu'on n'a pas d'études statistiques, mais on voit que ça prend des proportions qui ont alarmé tout un ensemble d'imams et de responsables de mosquées qui se retrouvent à jouer le rôle du du psychologue, de l'assistant social, etc., et ils sont obligés de remettre un peu les bons paramètres pour ces musulmans.
Shakeel SiddiqTrès bien, très bien. Merci pour ces détails d'ailleurs. Est-ce qu'il y a des centres en France pour accompagner les convertis ?
Omero Marongiu-PerriaBen, je dirais que chaque mosquée devrait jouer son rôle en la matière et et chaque centre culturel musulman devrait devrait jouer son rôle. J'insiste beaucoup Donc je je je fais toujours une distinction, il y a la mosquée et le centre culturel musulman. J'emploie ces deux termes parce que le centre culturel souvent a des activités ouvert sur sur son environnement qui dépasse le simple cadre de de la gestion du culte. Et il faudrait normalement qu'il y ait un minimum de cours qui soit dispensé, des brochures d'information, et surtout surtout, de l'écoute. Parce que le problème des musulmans aujourd'hui, c'est qu'ils ont tendance à diffuser des discours sur l'islam
Shakeel SiddiqUn savoir, on va dire ?
Omero Marongiu-Perriaun savoir, sans prendre en compte la réalité des individus qui sont en face d'eux. Et ça, c'est un gros souci. C'est-à-dire que avant, et là je je je vous laisserai peut-être digresser sur sur la chose, bon, on sait très bien que en matière de production de sens, si je reprends les les propos de l'imam Al-Qarafi Al-Maliki qui qui nous a laissé un ouvrage, Kitab al-Furuq, qui est un ouvrage extrêmement important en terme de production de la fatwa, donc production du sens, du savoir, de l'orientation pour les musulmans, il insiste énormément sur le fait que avant de diffuser le discours et d'orienter le musulman, il faut savoir qui il est, quel est son niveau de compréhension de l'islam, son niveau de pratique, quelle est sa culture, c'est-à-dire le pays d'où il vient, etc. Et à partir de ce moment-là, le moufti va pouvoir l'orienter. Or aujourd'hui, on s'aperçoit que les musulmans sont dans une situation où ils importent des discours et ils importent des orientations sous prétexte que nous sommes dans un environnement ici en France alors soit qui serait hostile, qui serait étranger à la culture musulmane, etc. Donc ce sont des discours qui orientent les musulmans en faisant abstraction de la réalité. Et ça peut produire des des des dérives très importantes, notamment dans la rupture de ces musulmans convertis avec leur environnement. Et c'est pas le but du jeu.
Shakeel SiddiqDonc il faut qu'il y ait vraiment un gros gros travail en termes d'écoute.
Omero Marongiu-PerriaBien sûr.
Shakeel SiddiqD'accord. Est-ce que vous avez des éventuellement des des idées à partager sur ce sujet ? Concrètement, qu'est-ce que les les les associations pourraient faire concrètement, construire demain pour accompagner les convertis ?
Omero Marongiu-PerriaJ'ai eu à intervenir auprès de de l'Association des imams de France qui est présidée par par mon ami cheikh Ahmed Miktar qui est imam à la grande mosquée de Villeneuve-d'Ascq et j'ai eu à leur faire un un topo sur un peu la la situation de de l'islam en France. Et aujourd'hui, le le constat est partagé, c'est que l'imam doit dépasser son rôle de simple référent religieux. Aujourd'hui, la plupart des imams sont sollicités sur des problèmes de famille, des problèmes des questions d'éducation, etc. Il faudrait déjà que les associations musulmanes profitent de la formation professionnelle continue. Si l'imam est salarié, il a droit au DIF, c'est-à-dire il a le droit à, chaque année, un crédit d'heures de formation. Et si, on va dire, le crédit ne suffit pas pour certaines formations, l'association peut faire un petit effort. Il y a des formations très courtes de de de pratique de l'écoute : comment on se met en situation d'empathie, on pratique l'écoute quand on reçoit par exemple un couple ou un individu qui est en en questionnement. Des formations sur la la médiation : comment on joue le rôle de médiateur puisque l'imam joue un rôle de de médiateur. Tout un ensemble de petites formations qui pourraient renforcer la capacité de l'imam à jouer son rôle dans le microcosme où il vit, dans la ville où il est, etc., pour le renforcer en capacité. Or aujourd'hui ce n'est pas fait. Trop d'imams sont dans des situations de précarité, malheureusement. Et les associations musulmanes accentuent tout uniquement sur le volet théologique et juridique. La plupart des cours qui sont dispensés dans les mosquées, ce sont des cours je dirais secs sur l'apprentissage de la religion qui font fi de tout l'aspect culturel. C'est quoi être musulman en France et surtout l'héritage endogène à la France. Le converti ne devrait pas se retrouver dans une situation où il va plonger dans un univers d'extranéité, c'est-à-dire marocain, algérien, turc ou autre. On devrait aussi faire en sorte que le converti se dise : « Ah ben je suis dans un environnement où je retrouve aussi mes repères d'antan. » On a parlé dans une précédente émission des musulmans, des grandes figures converties à l'islam.
Shakeel SiddiqHmm.
Omero Marongiu-PerriaOn ne les retrouve pas dans les mosquées. Cette histoire de l'islam endogène à la France, on ne le retrouve pas dans les mosquées. Donc le converti se retrouve dans un univers un peu étranger où on lui demande d'adopter des coutumes qui sont en lien avec des pays d'origine. Et ça, ça devrait être beaucoup réfléchi parallèlement au renforcement de l'activité de l'imam, de la compétence à agir de l'imam. Moi j'essaie de travailler avec avec les associations musulmanes là-dessus très modestement sur sur mes champs de compétences.
Shakeel SiddiqTrès bien. Alors deux questions pour terminer. Première question : quels sont les conseils que vous pourriez donner aux convertis à l'islam ?
Omero Marongiu-PerriaMéfie-toi des musulmans !
Quoique quoique, c'est-à-dire
Shakeel SiddiqContinuez, d'accord.
Omero Marongiu-Perriales conseils seraient trop nombreux, mais si j'ai un conseil à donner, ce serait celui-ci :
Shakeel Siddiq« Méfiez-vous des musulmans », je le reprends.
Omero Marongiu-PerriaC'est-à-dire : méfiez-vous de toute personne qui vous parle de l'islam et qui en même temps veut vous séparer d'autres musulmans. C'est-à-dire tout discours qui pose une rupture avec l'environnement ou avec les autres musulmans, déjà à la base, c'est louche. Tout discours qui prétend être la vérité musulmane, quelle qu'elle soit, c'est un discours déjà qui est louche. Donc attention à tout discours qui prétend être la vérité musulmane ou tout discours qui veut vous séparer de l'environnement parce que déjà ça, c'est c'est pas bon, c'est un mauvais départ. Et comme disait cheikh Ibn 'Ata Allah Al-Iskandari : « Man sahhat bidayatuhu, sahhat nihayatuhu », c'est-à-dire celui qui prend un bon départ, il aura une bonne arrivée. Quant à celui qui prend un mauvais départ, ben il va s'engouffrer dans dans des chemins tortueux et pour revenir ensuite sur une voie apaisée, ce sera un peu difficile.
Shakeel SiddiqVoilà, donc très bien. Ça c'est pour la première question, hein, les les conseils. Si vous avez autre chose à rajouter ? Par votre expérience ?
Omero Marongiu-PerriaNon, il faut rester modeste et il faut que les musulmans prennent soin à s'écouter. Je pense qu'il y a un gros souci là-dessus chez les musulmans, mais ça ça peut être l'objet de d'autres émissions.
Shakeel SiddiqAlors vous serez le bienvenu, docteur Omero. Alors la deuxième question maintenant qui est un peu liée à la première mais c'est autrement dit, j'ai envie de dire : quels sont les pièges que le converti à l'islam doit éviter ?
Omero Marongiu-PerriaLes pièges à éviter sont également très nombreux. Mais si je devais résumer cela à un piège principal,
Shakeel SiddiqVoire deux.
Omero Marongiu-Perriac'est c'est déjà l'empressement. C'est déjà l'empressement. Comme on dit, « al-'ajalatu min ash-shaytan », c'est-à-dire l'empressement provient du diable. C'est-à-dire ne pas vouloir être plus royaliste que le roi et vouloir en faire trop. C'est-à-dire qu'il faut partir du principe que Dieu questionnera les gens au Jour du Jugement, ça c'est notre croyance musulmane, mais Il les questionnera en fonction de leur degré de compréhension. Et parfois, des gens veulent aller trop vite dans l'apprentissage, dans la pratique religieuse, dans les actes surérogatoires, dans la purification spirituelle et ils s'écroulent au bout d'un certain moment et j'ai connu des cas de personnes qui ont purement et simplement quitté l'islam en disant : « Cette religion, elle est trop dure. »
Shakeel SiddiqDonc il faut y aller doucement mais sûrement, autrement dit, hein.
Omero Marongiu-Perria« Fa inna al-munbatta la ardan qata'a wa la zahran abqa », comme disait l'un des l'un des compagnons du Prophète : celui qui veut aller trop vite, il va tuer sa monture et il ne parviendra pas à destination. Donc ça, c'est vraiment un piège. Il faut prendre le temps.
Shakeel SiddiqDe construire sa spiritualité, sa foi, sa pratique.
Omero Marongiu-PerriaDe prendre le temps de se construire. Voilà. Il faut vraiment y aller progressivement et se donner le temps de pratiquer au fur et à mesure. Moi j'ai j'ai accompagné des dizaines de personnes qui se sont converties à l'islam, je suis intervenu dans dans pléthore de couples, j'ai eu à gérer mille et une situations dans mes activités associatives et à chaque fois, il y avait un lien avec de l'empressement.
Shakeel SiddiqTrès bien. Très bien, merci pour ces conseils précieux, docteur Omero. Et puis je vous dis à très bientôt. Chers Oummanautes, salam aleykoum wa rahmatullah.