Shakeel SiddiqBonjour. « Islam aujourd'hui » reçoit de nouveau le docteur Omero Marongiu-Perria.
Docteur Omero, as-salamu 'alaykum.
Omero Marongiu-Perria'Alaykum as-salam.
Shakeel SiddiqDonc on va continuer par rapport donc à nos programmes qui concernent et qui portent sur le sujet des conversions à l'islam. Donc, la première question de notre émission aujourd'hui : pourquoi les gens embrassent-ils l'islam ? Est-ce qu'on a des études à ce sujet-là ?
Omero Marongiu-PerriaIl y a un livre qui circule pas mal, qui est intitulé Les Convertis à l'islam, qui a été écrit par le sociologue italien Stefano Allievi. Il est disponible en français et et beaucoup d'autres recherches, comme celle de Marie Bastin ou d'autres, ont repris cette distinction entre ce qu'on appelle les conversions rationnelles et les conversions relationnelles. Par conversion rationnelle, on entend le fait qu'un individu va adopter l'islam à la suite d'un cheminement intellectuel. Et par conversion relationnelle, on fait allusion à un individu qui va se convertir à l'islam parce qu'à la base il était inséré dans un groupe de sociabilité musulman et puis il va adopter progressivement la pratique des musulmans avec lesquels il est. Marie Bastin ajoute également une catégorie spécifique qu'Allievi n'avait pas distinguée, c'est les conversions par mariage. Est-ce que c'est une vraie conversion, une conversion de façade pour préserver la relation à la famille, etc. ? Ici, il y a une distinction qui est faite par certains sur la conversion de pure forme, uniquement pour préserver l'image devant la famille, et la conversion suite à un mariage avec une une vraie démarche derrière.
Shakeel SiddiqTrès bien. Concrètement, c'est quoi qui prédomine ?
Omero Marongiu-PerriaAlors, il n'y a pas un type de conversion qui prédomine pour deux raisons. Pour deux raisons, c'est que la réalité échappera toujours aux typologies que font les sociologues. Lorsque vous interrogez un individu, il ne va pas vous dire : « Moi je me suis converti pour ci et ça ». En général, il va vous dire : « J'ai été convaincu » ou « J'ai senti l'appel divin, et j'ai décidé de devenir musulman », ou bien « J'étais musulman et je ne le savais pas ». Et souvent, dans les monographies qui sont faites par les sociologues, en fait, ce sont plusieurs dimensions qui s'imbriquent. On ne peut pas dire que une personne qui s'est convertie parce qu'elle était dans un réseau de sociabilité avec des musulmans n'a pas réfléchi. À un moment, il y a quand même un minimum de réflexion et une décision qui est prise d'entrer en islam. Mais comme on l'avait vu dans une précédente émission, on a vu dans les études de terrain qu'il y a eu un basculement à partir en gros début des années 90 avec une figure prédominante qui apparaît, qui est celle des convertis plutôt jeunes, plutôt issus des quartiers où vivent les musulmans et qui ont une affirmation identitaire assez forte. Ça, c'est ce que l'on voit beaucoup plus aujourd'hui par rapport à il y a encore quelques années.
Shakeel SiddiqTrès bien. Quelles sont les catégories sociales où on trouve le plus de convertis ?
Omero Marongiu-PerriaAlors là aussi, je serais prudent. On a eu l'occasion de discuter de la production des chiffres par les démographes, les sociologues et puis des catégories qui sont faites par les sociologues. De ce que l'on voit, on aurait tendance à croire à travers les sondages, les études de terrain et puis ce que disent aussi les renseignements généraux puisque, il y a quelques années de cela, les renseignements généraux ont produit une note interne à partir de de l'étude de 1 620 profils à peu près de de convertis à l'islam, et à partir de cet échantillon ils ont produit des des pourcentages en montrant que le profil majoritaire c'était celui de de jeunes plutôt de couches sociales défavorisées, qui étaient dans des parcours de rupture, donc en gros la majorité des gens qui se convertiraient à l'islam aujourd'hui ce seraient des gens de milieux sociaux défavorisés qui sont déjà à la base en rupture. Déjà la typologie qu'ils ont faite et l'échantillonnage n'ont pas été validés par un un protocole scientifique. Et deuxièmement, il est clair et évident que les renseignements généraux peuvent avoir une vision assez biaisée de la de la réalité de de ce que peut être la la conversion. Quand aux monographies de terrain qui sont faites, elles laissent toujours apparaître les différents profils. On retrouve différentes catégories socioprofessionnelles, mais c'est vrai que il y a non pas une prédominance mais une visibilité plus importante, ce n'est pas la même chose, une visibilité plus importante dans les études de terrain de personnes qui donnent à voir leur islam pour parler simplement, c'est-à-dire qui ont des attributs de visibilité plus importants à travers la barbe ou un attribut vestimentaire ou le voile ou le voile intégral, etc.
Shakeel SiddiqTrès bien. Est-ce qu'il y a plus d'hommes qui se convertissent à l'islam ou plus de femmes ? Est-ce qu'on a une réponse à cette question-là ?
Omero Marongiu-PerriaVous voulez vraiment poser des colles dans cette émission ?
Shakeel SiddiqC'est-à-dire que on parle tellement du voile dans les médias français, bon c'est clair que une une française qui regarde ça à la télé a sûrement peur de l'islam, « on va me voiler », « j'aurai pas le choix », « j'aurai aucune liberté », donc je me dis voilà, enfin on peut se dire pardon parce que j'ai j'ai mon idée personnelle quand même, on peut se dire voilà donc je veux dire pour la femme ça doit être terrible quoi, l'islam ça doit être un vrai cauchemar par rapport à tout ce qu'on peut voir et lire sur le sujet du voile. Et du coup, est-ce que les femmes sont réticentes ou est-ce qu'on voit plein de femmes se convertir à l'islam et se tourner vers l'islam ? Est-ce qu'on a des éléments de réponse ?
Omero Marongiu-PerriaDes éléments statistiques, aucun puisque ce serait...
Shakeel SiddiqDonc, il y a vraiment un gros travail à faire, hein ?
Omero Marongiu-PerriaIl faudrait, en fait, le plus simple...
Shakeel SiddiqEn terme de statistiques, hein, parce qu'on a pu voir dans d'autres émissions aussi qu'on n'avait pas forcément beaucoup beaucoup de réponses scientifiques, enfin en terme de de qualité...
Omero Marongiu-PerriaIl faudrait il faudrait que les musulmans, à l'instar un peu de de ce qui se fait dans le monde anglo-saxon, il faudrait que les que les musulmans soient coproducteurs de de de la réalité, c'est-à-dire du moins de l'analyse de la réalité plutôt, à savoir que il serait plus simple que les mosquées et centres culturels musulmans puissent faire leurs propres statistiques et confronter ce qu'elles voient, elles, de leur réalité avec ce que les chercheurs, les statisticiens, voire les renseignements généraux aussi, produisent pour déjà corriger un certain nombre de biais. Pour moi, comme pour d'autres chercheurs qui sont de confession musulmane, nous pouvons travailler en lien avec des mosquées où nous pouvons faire des repérages directs dans dans des lieux de culte. Nous avons une certaine empathie qui peut représenter aussi un biais dans le protocole de de recherche, donc il faut faire attention parce que qui dit empathie dit pas forcément plus de scientificité que quelqu'un qui serait à l'extérieur. Mais c'est vrai que d'autres chercheurs ont plus de difficultés à produire une connaissance de de terrain avec cette même empathie. Donc, il faudrait que les les centres culturels musulmans soient aussi producteurs de sens, qu'ils puissent organiser leurs propres rencontres pour confronter ce qu'ils voient sur le terrain. Mais comme dit l'adage : ittafaqa al-'Arab 'ala alla yattafiqu, déjà les musulmans n'arrivent pas à se mettre... c'est-à-dire les Arabes se sont mis d'accord pour ne pas être d'accord, à savoir que avec un CFCM exsangue, avec des mosquées qui n'arrivent pas souvent à s'entendre sur des choses beaucoup plus basiques, là c'est un peu une gageure ou un vœu pieux que je fais pour que les musulmans puissent être aussi producteurs de sens dans la société. Il y a un enjeu énorme pour les pour les responsables des lieux de culte.
Shakeel SiddiqQuel enjeu ?
Omero Marongiu-PerriaDéjà déconstruire des images stéréotypées et des discours complètement farfelus sur l'islam. On a eu l'occasion d'en d'en parler dans dans la première émission sur la production des chiffres, on dit tout et n'importe quoi aujourd'hui.
Shakeel SiddiqHum.
Omero Marongiu-PerriaDeuxièmement, dépassionner le débat sur l'islam et se détacher des discours apologétiques. Je vous donne un exemple sur les les conversions à l'islam par rapport aux conversions de musulmans qui quittent l'islam et qui adoptent une autre religion. L'Église catholique a ses registres. On sait qu'il y a plusieurs milliers de conversions aussi à d'autres religions, voire des musulmans qui ne se convertissent... qui quittent l'islam et qui se convertissent à aucune religion. L'Église catholique est très discrète sur les musulmans qui sont passés au catholicisme par respect pour les musulmans et pour ne pas alimenter l'idée que, ben oui, les catholiques, ils essaient de récupérer des musulmans. Par contre, dès qu'un converti arrive dans une mosquée c'est c'est tout juste si on va pas faire zerda, on va on va faire le la grande fête, etc., et puis ça entretient l'idée de cette religion qui est prosélyte, agressive vis-à-vis de la société : « Regardez, il y a un musulman qui va renforcer le rang des musulmans », etc., alors qu'il faudrait déjà penser à l'accompagner, déjà penser à lui donner des repères fondamentaux sur la religion, penser à ce que ça va impliquer pour lui dans son parcours post-conversion, etc. Et puis, ben montrer que la conversion à l'islam c'est quelque chose qui est du registre aujourd'hui du banal, je dirais, dans la société française. Or on conforte quelque part, en n'étant pas coproducteur de sens, on conforte tous ces discours et ces visions caricaturales et stéréotypées.
Shakeel SiddiqTrès bien. L'État français, comment il réagit face à ce phénomène de conversion ? Selon vous.
Omero Marongiu-PerriaL'État français réagit trop souvent sous un angle sécuritaire, malheureusement. C'est-à-dire que aujourd'hui, on a un Bureau des cultes qui traite des questions religieuses, qui est toujours attaché au ministère au ministère de l'Intérieur. Donc déjà, on n'a pas encore réussi à dépasser en France le traitement sécuritaire des questions religieuses, en tout cas pour certaines religions, notamment l'islam. Deuxièmement, lorsqu'on appelle des chercheurs pour parler des des conversions, on ne va pas leur demander de parler des ponts qui ne s'écroulent pas, mais on va leur demander de parler des ponts qui s'écroulent. C'est-à-dire en gros l'État français, lui, veut savoir combien de musulmans passent à une version de l'islam radical et combien parmi eux peuvent passer à l'acte. C'est pour ça qu'à chaque fois on trouve des des études produites par le ministère de l'Intérieur sur le fait qu'il y aurait à peu près une centaine de Français ou 200 Français qui seraient dans les rangs des djihadistes, etc.
Shakeel SiddiqDonc quelque part, ils créent de la peur, ils créent de la peur, de l'angoisse, des inquiétudes alors qu'il n'y en a pas forcément.
Omero Marongiu-PerriaBen sur cette dimension sécuritaire, moi en tant que citoyen je dirais à la limite ça me rassure...
Shakeel SiddiqTrès bien.
Omero Marongiu-Perria...qu'il y ait des études produites sur le radicalisme et les personnes qui peuvent passer à l'acte, qu'il y ait un encadrement, qu'il y ait un repérage du terrain. Simplement, comme il y a toujours des fuites, il y a toujours des notes blanches qui sont faites par les les renseignements généraux, c'est-à-dire je vais pas dire du tout et du n'importe quoi, mais des choses sous le sceau de l'anonymat où vous pouvez avoir des agents des forces de l'ordre qui font des repérages, mais s'ils n'ont pas une formation suffisamment poussée, ils peuvent dire aussi parfois des choses qui sont erronées. Quand ça passe dans la moulinette journalistique, dans les mass-médias, là ça fait du tout et du n'importe quoi.
Shakeel SiddiqHum.
Omero Marongiu-PerriaPar exemple, ça fait passer le fait que tout musulman qui a un certain nombre d'attributs de visibilité est forcément quelqu'un de radical, et si c'est quelqu'un de radical, c'est quelqu'un qui peut passer à l'acte. Et c'est là où les conversions à l'islam sont l'objet de débats dans les médias qui parfois sont complètement hallucinants, quoi.
Shakeel SiddiqTrès hallucinants, vous l'avez bien dit. La laïcité est parfois interprétée, parfois manipulée, et très souvent orientée contre la communauté musulmane, j'ai envie de dire. Donc on le voit avec la crèche, enfin avec la crèche, avec le sujet du voile, etc., on va pas revenir sur tous ces détails-là et puis musulmans et non-musulmans, on est je pense à mon sens plus ou moins d'accord sur ce point-là. Est-ce que finalement c'est pas une manipulation politique qui est due justement à cette peur et à cette angoisse de voir les gens s'orienter vers l'islam alors qu'ils n'étaient pas musulmans au départ ? Donc la laïcité finalement les amènerait à se détacher de l'islam et à et à et à freiner le le le le nombre de conversions à l'islam ? Est-ce que ce que je viens d'exprimer comme idée est réaliste et vrai, ou c'est totalement erroné ?
Omero Marongiu-PerriaJ'ai eu l'occasion de paraphraser ma consœur Dounia Bouzar en disant que monsieur Islam n'existait pas, et je serais tenté de dire : madame Laïcité n'existe pas non plus, c'est-à-dire qu'il y a...
Shakeel SiddiqTrès bien.
Omero Marongiu-Perria...la laïcité en tant que principe de droit. La laïcité, à la base, ce n'est pas une idéologie. La laïcité, c'est un principe de droit, d'organisation de la cité en France et dans une bonne partie des pays de de par le monde. La laïcité, c'est une histoire et c'est des idéologies aussi par la suite. Donc, il y a différents discours de production de sens sur la laïcité. Les médias en font prédominer certains sur d'autres, notamment les discours alarmistes sur le fait que, en gros, la société française partirait en vrille, c'est-à-dire la société française connaîtrait une résurgence des identités religieuses agressives, et dès lors qu'un individu affiche dans son discours un certain nombre de convictions religieuses, ce serait quelqu'un qui porte atteinte à la laïcité.
Shakeel SiddiqChrétien ou musulman, d'ailleurs, hein.
Omero Marongiu-PerriaChrétien ou musulman, d'ailleurs, hein. Le débat sur le mariage pour tous a montré comment on pouvait stigmatiser très facilement un individu pour ses convictions religieuses, qu'il soit catholique, puisque c'est quand même les catholiques qui ont été le plus sujets aux discours alarmistes sur le fait qu'ils étaient en train de de faire une espèce de de nouveaux groupes de pression dans dans la société, alors même que nous avons un comité d'éthique qui a dans son sein des représentants religieux, même si le gouvernement actuel est en train de les zapper au fur et à mesure, et que le discours religieux a droit de cité comme tous les autres discours à partir du moment où il ne se prétend pas comme étant le régenteur de la vie sociale, il ne se prétend pas être le dominateur ou en hégémonie par rapport aux autres. C'est là où il y a une confusion qui est entretenue, et puis vous savez, nous sommes dans la société de l'image, donc tous ceux qui font des buzz, qu'ils soient dans le discours alarmiste ou qu'ils soient dans l'affichage ostentatoire ou provocante de leur identité, qu'elle soit religieuse ou autre d'ailleurs, et ben ils sont appréciés des médias. Malheureusement, on en est un peu là aujourd'hui dans la société.
Shakeel SiddiqTrès bien. Quel conseil... Alors ça sera la dernière question. Quel conseil vous pourriez donner aux convertis afin que les choses se passent bien lorsqu'ils annoncent cela à leur famille ?
Omero Marongiu-PerriaAlors, quel conseil ?
Shakeel SiddiqIl y a, comment dire, l'influence négative des médias, donc ça c'est facile à démontrer. Il y a beaucoup de préjugés, du coup aussi, chez les familles. Donc quelqu'un qui qui qui se convertit à l'islam, voilà, comment il peut aborder la chose ?
Omero Marongiu-PerriaBen, je serais tenté de lui dire : « Ben, t'as fait le choix d'être dans la galère, mon pote, hein, donc maintenant debber rassek ! » C'est-à-dire « Débrouille-toi ! » Non, plus sérieusement, sans tomber dans la morale, parce que je je n'aime pas faire des leçons de morale, des conseils, ce sont un peu des conseils généraux dans le sens où, malheureusement, les études sur l'islam et sur la conversion s'intéressent au processus de la conversion, mais elles se sont peu intéressées aux études sur la post-conversion. Qu'est-ce qui se passe ? C'est un peu comme pour les conversions au bouddhisme : vous allez avoir un individu qui va reproduire un chez-soi bien souvent plus caricatural que la pratique effective du bouddhisme chez les Asiatiques, par exemple. Il va faire un peu un excès de zèle dans l'agencement de son intérieur et dans son rapport à la méditation, par exemple. Chez les musulmans, c'est un peu la même chose. On peut trouver derrière cette volonté de de pureté, de de reproduire à la perfection le lien nouveau avec Dieu, une volonté de se séparer par rapport à sa famille, par rapport à son environnement, une volonté de se faire appeler par un nouveau nom, un zèle très pointu sur l'alimentation, le halal et le haram, une modification des rapports avec l'environnement. Je serais tenté de dire : il faut y aller progressivement. C'est-à-dire que, comme on a on avait eu l'occasion de le discuter dans une précédente émission, adopter l'islam ne se fait pas indépendamment d'un environnement. On ne doit pas penser sa religion en étant déconnecté de sa réalité. Et normalement, le passage devrait se faire sans qu'il y ait rupture fondamentale avec la vie antérieure. Donc, il faudrait que la personne soit attentive à ne pas chambouler complètement son environnement, parce que ça peut lui faire du bien, mais ça peut déstabiliser complètement l'ensemble de son environnement et avoir des répercussions à long terme. Par exemple, de la distance des membres de la famille, et après il faut recoller les morceaux. Ou bien la perte d'amis, et après on se sent un peu isolé parce que on ne va pas retrouver forcément le même type d'amis chez les musulmans. Beaucoup de convertis se plaignent sur le fait que : « Ben on m'a super bien accueilli à la mosquée, mais après je me suis retrouvé tout seul ». Aujourd'hui, il y a des associations qui se constituent justement pour ne pas laisser des convertis isolés.
Shakeel SiddiqOn aura l'occasion d'en parler d'ailleurs.
Omero Marongiu-PerriaOn pourra en discuter par la suite. Donc, il faut vraiment que la personne convertie soit attentive à ce flottement qui va qui va l'accompagner pendant un certain temps et qui peut provoquer une rupture avec l'environnement. Se convertir, ce n'est pas rompre avec son passé.
Shakeel SiddiqTrès bien. Très bien. Alors peut-être une dernière question finalement. Donc on a beaucoup parlé des conversions, mais il y a aussi des gens qui quittent l'islam pour pour autre chose. Est-ce qu'on a des statistiques, des études sérieuses faites à ce sujet-là ?
Omero Marongiu-PerriaAlors les seuls chiffres que je pourrais vous donner, ce sont ceux que j'avais rappelés lors de notre première émission, à savoir que des premières études du milieu des années 80 et puis de la première grande étude du Monde en 89 jusque 2011, systématiquement, on trouve une fourchette de personnes qui ne se déclarent plus musulmanes, qui oscille entre 15 et 20 % en gros. Donc en fonction des études, ça peut être 15, en fonction d'autres études 18 %, etc. Mais systématiquement, on a une proportion d'individus qui sont issus de familles musulmanes qui ne se déclarent plus musulmans. Les études affinées, les études qualitatives indiquent que une bonne proportion de ces personnes sont en fait des personnes issues de couples mixtes, c'est-à-dire de couples où l'un des parents est musulman, l'autre n'est pas musulman, et puis au final ils se détachent complètement du religieux parce qu'ils n'ont pas été socialisés dans une famille qui a transmis des valeurs religieuses fortes. Mais il y a aussi tout un ensemble de personnes qui sont issus de familles musulmanes et qui disent : « Moi, la foi musulmane, je ne la porte pas ». Et souvent ces personnes soit sont passées dans une autre tradition religieuse, soit n'ont plus de tradition religieuse.
Shakeel SiddiqTrès bien, très bien. Très bien, donc merci beaucoup pour tous ces... pour toutes ces informations et tous ces détails. Chers oummanautes, merci pour votre attention et à très bientôt. As-salamu 'alaykum wa rahmatullah.