Allahumma salli 'ala Muhammadin al-Mustafa, fi rabi' al-khal...
Alors, les grands thèmes du soufisme, ou plutôt parmi les grands thèmes du soufisme, il y a la lumière qui est un des noms de Dieu, des 99 noms de Dieu dans l'islam. Il y a la perfection ou la l'aspiration à un accomplissement ou à une perfectibilité spirituelle. Il y a le don, bien sûr, puisque le don émane d'un des cinq rites de l'islam même, c'est la zakat, c'est-à-dire l'aumône légale. Et il y a bien sûr l'amour. On dit trop peu que l'islam est une religion d'amour. Et il est déplorable que les musulmans disent, oui, nous disons aujourd'hui que l'islam, et nous répétons sans cesse que l'islam est une religion d'amour, alors que ce que l'on voit ce n'est pas l'amour. Ce n'est pas vrai. L'islam est sans doute une religion d'amour autant que le christianisme. Et Dieu dit dans un verset que les soufis affectionnent tout particulièrement : Dieu les aime et ils l'aiment. Et c'est même lui qui aime le premier et qui appelle l'amour de de ces serviteurs.
L'islam est une religion d'amour et on le voit très bien chez les soufis. Tout est basé sur cet amour, cet amour de Dieu. L'amour des humains entre eux n'est réellement accompli que s'il passe par celui de la divinité, car s'il n'y a pas cette cet élan vers le la divinité, cet élan vertical, il reste horizontal, donc il reste lié à des intérêts, à de la matière, et il reste égotique, c'est-à-dire relevant de l'ego, du moi, de la nafs, de la nafs, de l'âme concupiscente. Et bien sûr, il drainera avec lui toutes sortes de passions : la jalousie, la concupiscence, la le désir malsain, etc.
Donc, l'amour est présent et c'est un amour désintéressé, qui est comme le don parfait est un don désintéressé. Donc l'amour et le don sont présents dans le soufisme, dans la spiritualité de l'islam.
Allah, Allah, Allah, subhana alladhi...
Est un des 99 noms de Dieu, est un attribut et il est demandé au croyant de tendre vers les attributs divins. Aller des ténèbres vers la lumière, c'est quitter l'ignorance pour la connaissance, quitter la terre de l'ignorance ou de la méconnaissance qui est pire que l'ignorance vers la connaissance et donc vers un éclairage de soi, vers la connaissance de soi-même.
Une des expériences illuminatives qui ont marqué l'histoire du soufisme en général et du soufisme marocain particulièrement est celle de Abdelaziz Debbagh justement, ce saint illettré qui a été gratifié de la science infuse, al-'ilm al-ladunni, c'est-à-dire cette science venant de lui, venant de Dieu. Son expérience illuminative est vraiment un morceau d'anthologie de l'histoire du soufisme. Et Michel Chodkiewicz va jusqu'à dire que c'est c'est même peut-être l'unique fois où nous disposons de la relation d'une expérience vécue, d'une expérience d'illumination vécue par un saint et rendue dans un texte.
C'est la zakat mais diffuse dans la vie du croyant, comme le souvenir de Dieu est diffus dans la vie du croyant. Comme il est dit, le souvenir de Dieu est plus grand que la prière puisqu'il faut être dans ce souvenir entre une prière canonique et l'autre. Et la zakat légale ne suffit pas mais il faut se placer dans une démarche de don et d'offrande dans tous les instants de sa vie. Et le Coran dit : « Kalimatun tayyiba », c'est-à-dire une bonne parole est aussi une aumône. Donc la palette du don est très très très large dans l'islam et surtout dans le soufisme.
Allah, Allah, Allah, subhana alladhi...
Alors la perfectiontoute la voie soufie est une est une méthode pour aller vers cette perfection, vers al-kamal. Et on dit que la perfection n'appartient qu'à Dieu, mais il est demandé au croyant, il est demandé au disciple qui s'est placé autour d'un saint de tendre vers cette perfection.