Que veut dire chiisme ?
Cette entrée explique le mot. Pour l'histoire, les croyances, les pratiques et la répartition des chiites dans le monde, voir la page complète sur le chiisme.
Chiisme vient de l'arabe chî'a (شيعة), qui signifie « parti », « groupe de partisans ». Après la mort du Prophète en 632, on parle de chî'at 'Alî, « le parti de 'Alî », pour désigner ceux qui estimaient que Ali, son cousin et gendre, devait diriger la communauté. Le mot chî'a a fini par suffire seul. Un partisan est un chiite (chî'î). On écrit aussi shiisme, shi'isme, chiite ou shiite ; l'anglais dit shia.
Le mot chî'a dans le Coran
Le Coran emploie chî'a au sens neutre de groupe ou de partisans. Abraham est présenté comme un membre de la chî'a de Noé : « Du nombre de ses coreligionnaires, certes, fut Abraham » (sourate 37, verset 83). Dans le récit de Moïse, l'homme de « ses partisans » s'oppose à un homme de ses adversaires (sourate 28, verset 15). Le pluriel chiya' a un sens défavorable : il désigne ceux qui « se divisent en sectes » (sourate 6, verset 159).
Le Coran ne parle donc pas des chiites au sens historique : le courant est né après la Révélation. Les chiites lisent toutefois certains versets, comme celui qui mentionne les « gens de la maison » du Prophète (sourate 33, verset 33), comme une confirmation de la place des ahl al-bayt.
Duodécimain, ja'farite, zaydite : les mots du chiisme
Les duodécimains (ithnâ 'ashariyya) reconnaissent douze imams ; on les appelle aussi imamites, d'après la doctrine de l'imamat. Leur école de droit est dite ja'farite, du nom du sixième imam, Ja'far al-Sâdiq (mort en 765), considéré aussi comme un maître par des savants sunnites. Les zaydites, présents surtout au Yémen, tirent leur nom de Zayd, petit-fils de Husayn. Les ismaéliens suivent Ismâ'îl, fils aîné de Ja'far ; les nizârites ont aujourd'hui pour imam l'Aga Khan.
Certains mots sont des insultes. Râfida, « ceux qui rejettent », sous-entendu les premiers califes, est employé de façon péjorative par des polémistes sunnites.
Confusions fréquentes sur les chiites
'Alî n'était pas le neveu du Prophète, comme on le lit parfois, mais son cousin, fils de son oncle Abû Tâlib, et le mari de sa fille Fâtima. Le chiisme n'est pas non plus un « islam iranien » : les chiites sont majoritaires en Iran, en Irak, à Bahreïn et en Azerbaïdjan, nombreux au Liban, au Pakistan et en Inde, et l'Iran n'est devenu majoritairement chiite qu'à partir du XVIe siècle.
Enfin, descendre du Prophète ne fait pas de quelqu'un un chiite. La dynastie hachémite de Jordanie, qui se réclame de cette descendance, est sunnite, comme la dynastie alaouite du Maroc. Sunnites et chiites partagent le Coran et les cinq piliers ; leurs différences sont présentées sur la page sunnisme, dans la section consacrée au chiisme.









