Avec l’historien Sadek Sellam, nous inaugurons aujourd’hui une série consacrée aux grandes figures intellectuelles de l’islam de France. Dans cette première vidéo, Sadek Sellam évoque la mémoire de l’éminent penseur Muhammad Hamidullah (1908-2002).
Oumma TVHistoireHistoire & MémoireThéologie & Histoire6:45
25 juillet 2011 à 14 h 03
Avec l’historien Sadek Sellam, nous inaugurons aujourd’hui une série consacrée aux grandes figures intellectuelles de l’islam de France. Dans cette première vidéo, Sadek Sellam évoque la mémoire de l’éminent penseur Muhammad Hamidullah (1908-2002).
Transcription intégrale de la vidéo
Le grand intellectuel dont nous parlerons aujourd'hui s'appelle Muhammad Hamidullah.
Il était né en 1908 à Hyderabad, qui était le siège d'un émirat musulman sunnite, très attaché à l'Empire ottoman, au point que l'université où il a étudié portait le nom d'al-'Uthmaniyya, donc en hommage aux Al Uthman, les fondateurs de l'Empire ottoman.
Et cette université dispensait un enseignement à la fois moderne et traditionnel, donc à base de langues de l'islam, dont l'arabe notamment, le tafsir, le hadith, mais aussi l'étude de la pensée occidentale.
Et Hamidullah était un des brillants sujets, diplômé très très jeune de cette université où il a commencé comme assistant, donc dans le domaine à la faculté de droit, mais il obtient une bourse pour aller poursuivre ses études à Bonn, en Allemagne, où il a fait des études de sémitistique, comme on disait à l'époque, c'est-à-dire des études où il fallait maîtriser le syriaque, l'hébreu, l'arabe, l'araméen.
Et il soutient en un temps record une thèse sur le principe de neutralité dans le droit international classique, parce que Hamidullah fait partie des gens qui ont démontré que l'islam a très très tôt développé les études de droit international, au point que cette discipline est devenue autonome par rapport au reste des études juridiques.
Et il était notamment un des grands spécialistes de l'imam Muhammad al-Shaybani, qui s'est fait connaître par son livre Kitab al-Siyar al-Kabir. C'est l'étude de toutes les dispositions à prendre en temps de guerre, pour ce qui concerne les prisonniers, en ce qui concerne les relations aux non-musulmans, qu'ils soient des musta'min, comme on disait à l'époque, c'est-à-dire des gens qui séjournaient en terre d'islam, ou bien dans les relations avec les puissances chrétiennes voisines.
Et il a traduit par la suite le Sharh Siyar al-Kabir de Sarakhsi, qui était un théologien et un faqih shafiite de Damas, au XIIIe siècle. Il a publié une somme dans laquelle il a commenté le traité de droit international de l'imam Muhammad al-Shaybani.
Et Hamidullah l'a traduit en français à Istanbul. Il y a même des volumes qui sont sortis après sa mort en 2002.
Et ce traité était pour lui très important parce que l'Empire ottoman l'a fait traduire en 1825 en turc pour inspirer sa politique étrangère et la conclusion des traités avec les puissances occidentales. Donc c'était un traité qui était encore d'actualité au XIXe siècle.
Il a écrit aussi son autre livre qui l'a fait connaître, en anglais : Muslim Conduct of State, la conduite musulmane de l'État, qui est un livre d'une rare érudition et précision, qui décrit donc le droit public musulman et le fonctionnement de l'administration, de la haute administration musulmane à Bagdad.
Et il s'est occupé de ça après avoir soutenu une deuxième thèse à Paris, à partir de 1932. Entre 32 et 35, il a soutenu une thèse sur les documents diplomatiques du vivant du Prophète et des quatre premiers califes.
Il a retrouvé les courriers envoyés par le Prophète à tous les souverains environnants.
Et il a commenté ça, il a étudié leur authenticité. C'était Il a fait un travail vraiment de chartiste et d'érudit islamologue qui a impressionné son jury de thèse, dans lequel siégeait Louis Massignon. Et Louis Massignon lui a fait la remarque : « Vous avez pu étudier un sujet aussi pointu sans jamais avoir cité une seule source orientaliste. »
Hamidullah n'a cité que des sources islamiques, notamment en arabe, parmi les ummahat al-kutub, comme on dit, les livres de base.
Et à partir de là, il s'était Il était devenu l'un des meilleurs connaisseurs. Il était l'un des espoirs des études islamiques menées par un musulman, mais en collaboration avec des islamologues ouverts au dialogue, et non pas les islamologues polémistes et qui deviennent à la fin de leur vie un peu islamophobes.
Et notamment, il était On a des articles d'un des chefs bachkirs, Zeki Velidi, qui était l'un des chefs de la résistance bachkire à l'Armée rouge et qui était devenu chef de département d'histoire à Istanbul. Et c'est lui qui, dès 1935, a écrit un article pour faire connaître Hamidullah et dire qu'il faut encourager des chercheurs de de ce niveau-là.
Et c'est ce qui lui a rapporté le poste de de professeur à Istanbul pendant une trentaine d'années, jusqu'à sa retraite. Il passait une partie de l'année à Istanbul quand il était en poste au CNRS à partir de 1954.
Parce qu'il est retourné en Inde dès le jour de sa soutenance de thèse en 1935. Il a dû quitter l'Inde en 1948, après la le drame de la partition et de la création du Pakistan.
Et il s'installe définitivement à Paris. Il est recruté au CNRS très rapidement, donc sous l'égide de Henri Laoust, qui était aussi son ami.
Et là, il a produit une œuvre colossale, quelque chose comme 2 000 articles, sa biographie du Prophète, sa traduction du Coran en français.
Et il mérite d'être Son cas mérite d'être médité par les jeunes musulmans en France qui sont à la recherche de modèles, conformément au verset coranique qui dit : « Ula'ika alladhina hada Allahu fa-bihudahumu qtadih. » Voilà ceux que Dieu a guidés, inspire-toi donc de leur guidance.
Publicité
VidéoAvec Slimane Rezki · 20 février 2017
Vidéo16 août 2012
Vidéo5 août 2012
Vidéo5 août 2012
Vidéo29 juillet 2012
Vidéo25 juillet 2011
Pour laisser un commentaire, connectez-vous.
Calendrier Umm al-Qura, à un jour près selon l’observation du croissant. Tout le calendrier
