A'oudhou billahi mina ch-chaytani r-rajim. Bismi Allahi r-Rahmani r-Rahim. Bonjour.
Oumma TV a décidé de lancer une nouvelle chronique qui va traiter d'un sujet de forte actualité : le halal.
C'est un sujet qui effectivement, de par son importance, soulève énormément de discussions, de débats, voire même de polémiques. Et on a eu des polémiques qui sont assez récentes, et il y a fort à parier que l'avenir risque d'en faire sortir de nouvelles.
En tout état de cause, on m'a demandé de venir contribuer à apporter un éclairage. Un éclairage averti, en toute modestie. Averti pour vous autres qui êtes en train de nous regarder, de regarder Oumma TV sur cette nouvelle chronique, et qui va vous permettre d'avoir un positionnement et, en tout cas, d'être peut-être plus critique, plus averti et, surtout, foncièrement plus exigeant sur ce que vous souhaitez et le respect qui vous est dû en tant que consommateur et, éventuellement, en tant que client.
Alors le contexte, c'est un contexte dans lequel fait intervenir des industriels, des organismes de contrôle, des distributeurs ou des commerçants, plus généralement, et enfin, enfin l'acteur principal et souvent oublié : vous.
Vous parce que c'est vous qui finalement achetez, consommez ce produit, un produit halal.
Aujourd'hui, les industriels, il y en a pléthore. Et j'aimerais pouvoir dire que le halal peut représenter une niche économique, comme on entend le dire, mais pour ma part, je pense qu'il s'agit plus de la caverne d'Ali Baba dans lequel beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes, d'acteurs souhaiteraient entrer.
Le halal, acteur sociétal prédominant aujourd'hui. On l'a vu surgir encore récemment avec certaines polémiques, avec d'autres qui vont arriver probablement dans les mois voire peut-être les années à venir. En tout état de cause, c'est un marché, parce qu'aujourd'hui on parle de marché qui a une estimation à 9 milliards et demi d'euros. C'est un marché qui suscite tellement d'appétit que tout le monde est prêt à venir se rendre dans cette caverne d'Ali Baba pour pouvoir y faire ses courses, voire pour pouvoir y vendre ce que voudraient acheter d'autres consommateurs de d'autres consommateurs de produits halal.
Mais aujourd'hui, ce qui nous importe ici à Oumma TV avec cette chronique sur le halal, c'est de pouvoir faire en sorte que vous soyez des acteurs qui soient des clients avertis, exigeants sur ce qu'ils recherchent et non pas aller chercher à faire le procès de tel industriel ou tel autre organisme de contrôle ou telle organisation. Non, là n'est pas l'objet du propos. L'objet foncier de cette chronique est vraiment de vous rendre experts d'une certaine manière, en tout cas clients qui ont une demande particulière avec un niveau d'exigence qui est le même pour n'importe quel autre produit.
Parmi les composantes qui font le halal, on a des industriels qui, eux, ont pour particularisme de produire, de fabriquer les produits que vous, vous allez consommer.
Autre acteur qu'on a dans le principe du halal, c'est l'organisme qui va dire que c'est halal, quand il y en a.
Troisième acteur, et qui est pas des moindres, c'est le commerçant. Ce commerçant-là, il peut avoir différentes configurations, il peut avoir différents formats. Ça peut être la petite hanout, le petit makhzen, le petit magasin, comme ça peut être le grand distributeur. J'en citerai parmi eux les magasins Casino, les Carrefour, les Auchan, et j'en passe et des meilleurs.
Et enfin, celui que l'on a eu tendance à oublier et notamment qu'on a pensé ne pas être maître de ce qui faisait saliver ces acteurs qui sont tellement intéressés par la manne financière que représente le halal, je veux dire par là, l'acteur client consommateur. On a juste oublié une chose, c'est que ce client acteur consommateur, il était maître de son porte-monnaie, il était maître de son portefeuille.
Donc maintenant, comment on va arriver à mettre en orchestre l'ensemble de ces acteurs-là pour faire en sorte que le halal soit vraiment au rendez-vous conformément à ce qui est recherché par les gens qui sont intéressés à consommer halal selon une éthique juridico-religieuse ? Et là, on aura de quoi faire.
Sur les industriels, parce qu'il faut bien partir d'un point et la source c'est la production. On va avoir différents industriels. On va avoir des industriels qui vont procéder à ce qu'on appelle à la mise en place de matière brute, tels des abattoirs. On va avoir d'autres industriels qui vont, eux, travailler cette matière première pour en faire des produits élaborés. Et on va avoir d'autres industriels qui seront un mix entre les deux.
Et ensuite, l'autre acteur, c'est les organismes de contrôle. Et là, il y a aussi une différence entre les contrôleurs, entre les organismes de contrôleurs. Différence bien évidemment dans leur guide de dans leur bonne pratique ou dans leur pratique tout court. On en a qui auront des contrôleurs dédiés, des contrôleurs qui seront salariés de leur propre organisme, qui seront indépendants sur le plan de la hiérarchie par rapport à l'industriel chez qui ils travaillent. On en aura d'autres qui auront qui délègueront, ou plus partie plus exactement qui habiliteront des salariés pour être contrôleurs, pour apprendre la fonction de contrôleur. Et on aura des contrôles des organismes de contrôle qui vont travailler selon un rapport de confiance avec l'industriel et ils délèguent directement à l'industriel le respect de l'application du cahier des charges du halal. Et enfin, on pourra trouver des organismes qui ont de organisme de contrôle que le simple nom.
De l'autre côté, enfin, on va trouver les autres acteurs. Les acteurs, particulièrement les commerçants, et vous en tant que client. Le commerçant, on a dit, on en a plusieurs formats, ça peut commencer de la petite boutique jusque au grand format, tels les hypermarchés, les supermarchés. Et dans ces commerçants-là, on va avoir aussi différentes pratiques. On va avoir des des commerçants qui vont essayer de savoir comment est fait ce halal, est-ce que ça respecte un cahier des charges, et on en a d'autres qui ne s'inquiéteront pas plus de savoir si le cahier des charges du halal est respecté. Et j'insiste bien sur la notion du cahier des charges du halal parce que aujourd'hui on a ce réflexe, c'est que dès qu'on parle halal dans le contexte républicain de la France, de notre France laïque, on a tout de suite tendance à dire : « Hop, on ne s'immisce pas dans les affaires religieuses. » Sauf que le commerce, les industriels, jusqu'à preuve du contraire, mes chers amis, on est bien dans une sphère privée. On est bien dans une intervention privée d'acteurs privés. Donc la laïcité, les les préceptes mêmes de la République n'entrent pas en matière. Donc ces acteurs-là, eh ben ils vont devoir respecter le halal. Et ce cahier des charges-là et ce cahier des charges, qui est capable de nous dire ce qu'il en est ?
Et enfin, quand on voit la question de qui est capable de nous dire ce qu'est le cahier des charges du halal, je vous laisse imaginer, vous consommateurs et clients surtout, comment vous allez pouvoir savoir si le produit que vous souhaitez consommer selon votre éthique est bien conforme à cette même éthique ? Comment faire ?
Les chroniques qui vont suivre, les prochaines chroniques, on va se retrouver à rendez-vous fréquent, vont nous apporter un nouvel éclairage qui vous permettra d'être des clients avertis et qui sauront déjouer le cas échéant tous les travers, toutes les dérives qui vont pouvoir faire surgir les problèmes, les polémiques et le débat du halal.
Voilà, messieurs-dames. J'espère qu'on aura l'occasion de se rencontrer et de se retrouver, pardon, à la prochaine chronique où on débattra de ce que l'on appelle communément, et vous me pardonnerez la commodité langagière du verbe que j'utilise, l'outil industriel. Qu'est-ce que c'est, par qui et pour qui ? Au revoir, à la prochaine.