Saïd BranineBienvenue dans Esprit d'actu. Je reçois aujourd'hui Omar Alsoumi, membre du Mouvement des jeunes palestiniens. Bienvenue, Omar Alsoumi.
Omar AlsoumiMerci.
Saïd BranineOn va commencer par présenter votre mouvement, le Mouvement des jeunes palestiniens.
Le Mouvement des jeunes palestiniens
Omar AlsoumiLe Mouvement des jeunes palestiniens rassemble des jeunes palestiniens à travers le monde qui s'organisent, se mobilisent et travaillent à rassembler la jeunesse palestinienne et plus généralement le peuple palestinien pour le cœur de notre projet : la libération de la Palestine et le droit au retour de tous les réfugiés.
Ce mouvement s'est construit au fur et à mesure des années, depuis les premières rencontres internationales de jeunes palestiniens en 2006 et 2007, pour reconstruire les cadres qui allaient permettre à chaque jeune palestinien de porter sa mission historique et d'assumer ses responsabilités dans le combat de notre peuple pour la libération et pour le retour.
Aujourd'hui, c'est un mouvement organisé avec des branches en Palestine, en Cisjordanie, à Gaza, en Jordanie, au Liban, en Syrie jusqu'il y a peu, et aussi en Europe et dans les pays de la diaspora. On a une branche en Algérie, une branche en France, en Suède et aux États-Unis.
Ses bases politiques se sont construites sur notre constataujourd'hui, les accords d'Oslo et les processus de négociation non seulement sont obsolètes et caducs, mais ont clairement été les éléments d'un préjudice terrible pour notre peuple. Il s'est morcelé, ses réfugiés ont été clairement exclus, et il doit aujourd'hui pouvoir se rassembler à nouveau sur un projet qui permet à chacun de contribuer à la lutte où qu'il se trouve.
La mobilisation et la manifestation du 2 août
Saïd BranineIl y a une manifestation qui aura lieu samedi 2 août, une manifestation unitaire. Vous participerez à cette manifestation pour Gaza ?
Omar AlsoumiLe Mouvement des jeunes palestiniens a été un des premiers à appeler à se mobiliser avec nos autres partenaires, notamment les organisations palestiniennes, les étudiants palestiniens, mais aussi le Collectif des Palestiniens d'Île-de-France et le mouvement du Fatah, ainsi que les organisations pro-palestiniennes comme Génération Palestine et d'autres, et des organisations politiques comme le Parti des Indigènes de la République ou le NPA.
Depuis le premier jour de cette agression, nous sommes mobilisés. On a appelé aux manifestations de Barbès, la première ayant rassemblé 30 000 personnes, ce qui a fait très peur au gouvernement. Ils ont inventé cette affabulation terrible d'une attaque contre la synagogue, un mensonge fallacieux qui montre la complicité du gouvernement avec la LDJ et le lobby pro-israélien.
Ils ont ensuite tenté de nous intimider et de rompre ce mouvement de soutien à la résistance en interdisant la manifestation du 19 à Barbès. Malgré la répression et la violence de ces intimidations, les manifestants tiennent bon. On a en France aujourd'hui une base très solide de soutien à la résistance, notamment dans la communauté arabo-musulmane, mais au-delà, dans toute la société française.
C'est ce qui fait aussi que le samedi suivant, la semaine dernière à la place de la République, il y avait encore des milliers de personnes dans la rue, défiant les intimidations et le diktat du gouvernement pro-israélien de Manuel Valls.
Aujourd'hui, les choses évoluent positivement. Al-hamdouli'Llah, grâce à Dieu et grâce aux sacrifices de notre peuple, nous avons réussi à rassembler encore beaucoup plus largement sur la base essentielle : celle du soutien à la résistance du peuple palestinien. Cette résistance dit aujourd'hui clairement qu'elle ne veut pas de trêve inconditionnelle ni de cessez-le-feu immédiat et sans conditions. Nous voulons que cette bataille nous permette de remporter une victoire, et cette victoire, c'est la fin du blocus.
Après l'arrêt des massacres, nos revendications sont bien sûr la fin du blocus et la liberté pour tous les prisonniers ; ce sont les revendications actuelles de la résistance palestinienne. Sur cette base, nous appelons à se joindre à cette manifestation très large qui aura lieu samedi à 15 h à Denfert-Rochereau à Paris. Sur la base de ces mots d'ordre, nous serons tous ensemble mobilisés. J'invite tout le monde à trouver sur le site de la GUPS, les étudiants palestiniens, gupsfrance.org, notre appel que nous appelons chacun à signer, soutenir et diffuser.
Les objectifs de l'agression contre Gaza
Saïd BranineDernière question au sujet de l'agression israélienne contre Gaza : quel est l'objectif recherché par Israël ?
Omar AlsoumiC'est très clair. Israël a profité d'un moment politique donné : la situation en Égypte après le coup d'État de Sissi contre le gouvernement de Morsi, la situation en Syrie et en Irak avec un chaos qui a clairement entamé, ou du moins selon les appréciations israéliennes pouvait entamer, les capacités de la résistance palestinienne.
Ils ont voulu marquer un point pour s'affranchir de cette menace permanente qui pèse sur la sécurité des colons sionistes : la résistance qui s'organise et se structure dans la bande de Gaza. Ils ont monté cette opération mensongère de l'enlèvement de trois colons dont ils ont fait porter la responsabilité au Hamas. Aujourd'hui, on lit très clairement dans la presse internationale que le Hamas n'était pas responsable de ce meurtre. Quoi qu'il en soit, ils ont profité de cet écran de fumée pour essayer d'attaquer la résistance.
Sur le plan militaire et stratégique, les objectifs du gouvernement Netanyahu ne sont pas parfaitement établis pour eux-mêmes. On voit bien que ce gouvernement a été surpris par les capacités extraordinaires de la résistance. Elle a frappé Tel-Aviv, toutes les colonies sionistes jusqu'à Haïfa et jusqu'à l'aéroport Ben Gourion, déstabilisant complètement le pays. Dès lors qu'Israël a lancé son agression terrestre, il s'est retrouvé avec des pertes de soldats, des chars détruits, des F-16 détruits et des soldats enlevés par les forces de la résistance unie sur le terrain : le Hamas, le Jihad islamique, le Fatah, le Front populaire et toutes les organisations locales.
L'enjeu sur lequel il faut être extrêmement clair, c'est qu'Israël est en train de massacrer la population palestinienne et de se venger sur les civils de son échec à affaiblir la résistance palestinienne. Cette dernière tient bon et demeure soutenue par tout le peuple palestinien à Gaza, en Cisjordanie et dans les camps de réfugiés.
Cette résistance doit aussi être soutenue par toutes les masses de la communauté arabe et musulmane dans les pays arabes et à travers le monde. C'est un des enjeux de la bataille que nous poursuivons aujourd'hui en France. Nous sommes de plus en plus nombreux dans ce pays à n'avoir aucun complexe à dire que nous sommes avec la résistance. Nous ne céderons à aucune intimidation ni à aucun chantage.
Le chantage à l'antisémitisme et les tentatives de nous dépeindre comme des terroristes viennent de ceux qui sont aujourd'hui dans le mauvais camp de l'histoire, ceux qui sont les perdants et qui seront défaits, comme le gouvernement Netanyahu sera défait. Incha'Allah, notre mobilisation permettra de défaire le gouvernement de Manuel Valls qui est aujourd'hui en échec sur toutes les questions : sur le chômage comme sur la situation sociale dans les quartiers. Ils essaient de montrer un peu leur force en interdisant nos manifestations, mais al-hamdouli'Llah, l'unité dans le soutien à la résistance est en train de faire échouer ce plan.
Pour faire échouer ce plan, il y a une seule façonc'est d'être massivement nombreux à cette manifestation samedi à 15 h à Denfert-Rochereau à Paris et partout en France.
Saïd BranineMerci à vous, Omar Alsoumi. À très bientôt pour un autre numéro d'Esprit d'actu.