Ça l'est un tout petit peu, mais cela ne veut pas dire que c'est un état de fait qui va se pérenniser. J'ai connu, dans ma courte existence, des périodes où le dialogue entre l'Occident et le monde arabo-musulman, selon une expression que je n'aime pas beaucoup, était beaucoup plus serein.
Rappelez-vous, par exemple, la période des années 60 après les indépendances, le gaullisme en France. Cela ne voulait pas dire que c'était la lune de miel, mais la relation était beaucoup plus pacifique entre l'Europe et le monde arabe. On accueillait les immigrés à bras ouverts. Aujourd'hui, c'est tout à fait différent.
Il y a en ce moment un net durcissement de part et d'autre, il faut bien reconnaître ce qui est. La responsabilité du dialogue de sourds n'est pas uniquement européenne, elle est aussi de notre côté, du côté arabe. Mais je suis optimiste : je pense que ce genre de questions est cyclique et qu'on pourra revenir à une phase beaucoup plus sereine des relations.