Au programme d'OummaTV, la seconde partie de l'émission "Islam Aujourd'hui" consacrée au savoir religieux avec le Cheikh Mohamed Hendaz, diplômé de l'université d'Al Azhar et enseignant à l'IMED.
Oumma TVIslam Aujourd’huiThéologie & HistoirePratique & Éthique18:10
7 septembre 2013 à 12 h 00
Au programme d'OummaTV, la seconde partie de l'émission "Islam Aujourd'hui" consacrée au savoir religieux avec le Cheikh Mohamed Hendaz, diplômé de l'université d'Al Azhar et enseignant à l'IMED.
Shakeel Siddiq : Bonjour. Islam aujourd'hui reçoit de nouveau le docteur Mohamed Hendaz pour ce deuxième volet sur le sujet du savoir.
Docteur Mohamed Hendaz, salam aleykoum.
Mohamed Hendaz : Aleykoum salam.
Shakeel Siddiq : Avant de nous présenter l'IMED, l'Institut musulman d'enseignement à distance, qui va être le thème de notre émission, j'aimerais que vous nous parliez de l'importance de la transmission du savoir, du savoir religieux essentiellement, puisque dans l'émission précédente, on s'est concentré sur le sujet de l'acquisition du savoir.
Mohamed Hendaz : Bismillah ar-Rahman ar-Rahim, al-hamdou lillahi wa salat wa salam 'ala rassoulillah. Alors effectivement, l'acquisition du savoir est très importante et on a pu le démontrer dans une précédente émission. Mais la transmission également. Pourquoi ? Parce que tout d'abord, le modèle par excellence, qui est incarné par notre Prophète Muhammad, sallallahu 'alayhi wa sallam, avait le rôle de transmettre. Et on avait pu également voir dans la précédente émission que les prophètes sont les héritiers, pardon, les savants sont les héritiers des prophètes. Et donc, l'héritage consiste à reproduire le modèle prophétique dans la réception, mais également dans la transmission. Et le Coran rappelle effectivement, à plusieurs endroits, le rôle de transmetteur du Prophète Muhammad, sallallahu 'alayhi wa sallam, et le Prophète lui-même avait incité les croyants et les croyantes à transmettre le savoir ne serait-ce que par un verset : « Ballighu 'anni wa law ayah », transmettez de ma part ne serait-ce que un verset, dans l'esprit du partage. Parce que le musulman qui a reçu un bien aime le partager, aime le transmettre et aime faire profiter les autres comme il a pu profiter. Donc la transmission du savoir est effectivement importante ou aussi importante que l'acquisition du savoir.
Shakeel Siddiq : Alors vous enseignez à l'IMED, l'Institut musulman d'enseignement à distance. Donc il y a beaucoup de musulmans qui peuvent profiter de cet enseignement de de qualité, hein, il faut le dire. Moi-même, j'enseigne la la vie du messager de Dieu, sallallahu 'alayhi wa sallam, comme vous l'avez si bien dit. Donc je suis spécialisé dans dans le domaine, puis j'informe aussi en même temps les les Oummanautes. La Maison des Savoirs, qui est donc la maison mère, puisque l'IMED est une branche, vous me dites, mais vous faites partie du directoire quand même de la Maison des Savoirs. L'IMED aussi s'inscrit dans la transmission de ce savoir. Très bien, alors est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu'est exactement l'IMED ? Parce que les gens ne connaissent pas forcément.
Mohamed Hendaz : Oui. L'IMED, c'est un institut, donc comme son nom l'indique, ce sont les l'Institut musulman d'enseignement à distance. Donc d'emblée, on comprend que c'est un enseignement qui se fait à distance. Ce n'est pas...
Shakeel Siddiq : De la correspondance.
Mohamed Hendaz : Ce n'est pas vraiment de la correspondance. Ça se distingue de la correspondance et vous allez comprendre pourquoi. Parce que justement, cet institut qui a maintenant qui a presque 10 ans de son existence, qui a ouvert ses portes réellement en 2004, nous a été justement mis en place pour la transmission du savoir. Et l'ambition première, et qui reste dans ses finalités, c'est effectivement réellement et concrètement, pardon, la la la transmission du savoir. Donc en quoi ça consiste, l'IMED ? C'est c'est un système d'enseignement moderne qui passe par les technologies nouvelles. Donc ce qu'on appelle le e-learning, un anglicisme qui en bon français, on dirait l'apprentissage en ligne ou bien la formation en ligne. Donc c'est un système de vidéo, visioconférence qui réunit le professeur et les étudiants sur la toile, sur Internet. Donc ils se en temps réel, sont en communication. Et l'enseignant, par visioconférence, à travers une webcam ou bien son ordinateur, peut être vu et échanger et transmettre et enseigner aux élèves. Donc il y a vraiment une une tout l'aspect bien évidemment virtuel qui pourrait freiner certaines personnes ou les faire hésiter sur cet aspect virtuel. Mais ce qu'il faut rappeler, c'est que l'IMED possède toutes les les infrastructures du présentiel. C'est-à-dire que on a justement cette interactivité, parce que l'IMED s'est doté maintenant des outils les plus aboutis et les plus performants du marché pour permettre vraiment cette meilleure communication et cette meilleure interactivité entre les professeurs et les étudiants.
Shakeel Siddiq : D'ailleurs, les les professeurs peuvent mettre les les des des supports écrits, qui sont mis, je pense, de façon hebdomadaire, pour que les étudiants puissent suivre entre l'oral, les cours en direct et les supports écrits.
Mohamed Hendaz : Tout à fait. Tout à fait. Oui. Effectivement, les les outils dont dispose l'IMED sont très performants et permettent justement de mettre un document et de pouvoir être commenté, de pouvoir être expliqué, de pouvoir même écrire comme on écrit sur un tableau réel. Vraiment toutes les tout a été fait et pensé, imaginé pour réduire cet aspect un peu virtuel qui pourrait freiner certaines certaines personnes.
Shakeel Siddiq : Très bien. Vous avez dit 10 ans d'existence. C'est le premier institut musulman français en e-learning en Europe ?
Mohamed Hendaz : À ma connaissance, effectivement, l'IMED est le premier, est la première expérience d'enseignement de l'Islam à travers un public francophone. Après, il faudrait vraiment pour être précis savoir si dans le monde musulman, c'est-à-dire en langue arabe, ça a été fait, et si ça a été fait, dans quelle mesure et dans quelles proportions, et est-ce que ce sont des projets des des des projets qui ont été vivables. Mais aujourd'hui, l'IMED peut s'affirmer comme étant précurseur dans ce domaine, avec cette expérience qui est comme vous l'avez rappelé, qui a presque 10 ans d'existence, avec une forte une une solide expérience des des professeurs dans cet enseignement. Donc je pense que c'est véritablement la première expérience qui est sérieuse et qui dure dans le temps. Et je pense qu'il faut encourager ce genre d'initiatives.
Shakeel Siddiq : Docteur Mohamed Hendaz, qu'enseigne-t-on à l'IMED ?
Mohamed Hendaz : Alors pour répondre vraiment très simplement, j'ai envie de dire qu'on enseigne l'Islam. Mais cette réponse pourrait paraître un peu prétentieuse, parce que effectivement, l'Islam existe maintenant depuis plus de 14 siècles, et enseigner l'Islam, ça serait un bien grand mot. Très tôt, des centres et des pôles de savoir se sont constitués dans le monde islamique et ont enseigné et s'est constitué vraiment un patrimoine et un héritage d'une très grande richesse, de par son étendue géographique, mais également, comme j'ai dit, à travers le temps. Donc on a un héritage qui est très riche, qui est très conséquent, de par les productions, de par les les les contributions ici et là dans le monde arabe, mais également extérieur au monde arabe, le monde asiatique, etc., l'Occident, l'Andalousie, qui a produit énormément de choses. Simplement, cet héritage n'est pas simple d'accès. On n'a pas forcément tous accès à cette à ce patrimoine, en l'occurrence à cause de la barrière de de la langue. Et c'est pour ça que l'IMED, justement, se propose à réduire justement les les difficultés et et permettre aux apprenants une meilleure accessibilité à ce grand patrimoine. Il donne des clés, il donne...
Shakeel Siddiq : Oui, justement. Comment vous avez pensé cet enseignement ?
Mohamed Hendaz : Alors l'enseignement a été pensé tout d'abord dans l'esprit vraiment de rendre accessible le savoir aux aux personnes. C'est vraiment le le souci premier des fondateurs de l'IMED, c'était comment permettre aux apprenants, aux personnes qui ont soif de découvrir...
Shakeel Siddiq : Qu'on soit musulman ou pas.
Mohamed Hendaz : Ou pas, de toute façon, c'est ouvert à tout le monde. Et je fais un clin d'œil à une de nos nos étudiantes qui n'était pas musulmane et qui était parmi les étudiantes les plus...
Shakeel Siddiq : Qui a fait le cursus entièrement ?
Mohamed Hendaz : Tout entier, oui, et une des plus assidues. Donc c'est ouvert à tout le monde. Et que justement l'IMED veut donner l'accès au savoir. C'est pas simplement une une vulgarisation de l'Islam, une vulgarisation des sciences islamiques, mais vraiment faire profiter le maximum de personnes. Parce que quand on pense aux personnes les plus éloignées des centres qui existent en présentiel et en réel, qui existent ici et là, on s'aperçoit que, effectivement, ils sont concentrés dans autour des grandes villes, pour ne pas dire uniquement dans la banlieue parisienne.
Shakeel Siddiq : Alors c'est clair qu'on a des élèves à l'IMED qui sont qui habitent le Qatar, d'autres en Espagne, même au Canada, un peu partout dans le monde déjà.
Mohamed Hendaz : Oui. Et c'est...
Shakeel Siddiq : Et partout, absolument partout en France. C'est vrai que parfois, j'ai même pu trouver des des noms de villes que je ne connaissais même pas, au fin fond du sud de la France ou bien de l'est de la France. Alors peut-être qu'il est aussi important de rappeler que c'est divisé, je crois, en trois départements, c'est ça ?
Mohamed Hendaz : Tout à fait. Donc justement, la l'armature ou la la la la le corps de l'IMED se décline en en trois grands pôles ou départements ou bien ce qu'on appelle des filières. Tout d'abord, il y a la filière qui est consacrée, ou un département tout entier consacré à l'apprentissage du Coran, c'est-à-dire sa lecture, sa mémorisation, la manière de le de de de de l'articuler, etc. Donc il y a tout un un département qui est qui est consacré à à cela. On a un pôle également ou une filière qui est consacrée aux sciences religieuses musulmanes, donc qui est un cursus sur 4 ans, 4 ans. Donc on a les trois premières années qui sont vraiment l'installation, l'instauration des bases de de de l'Islam, et une quatrième année qui va plus vers la spécialisation. Et là, on découvre, comme je disais tout à l'heure, ce n'est plus de la vulgarisation, mais on entre dans le vif du détail, on apprend à connaître et à se familiariser...
Shakeel Siddiq : Avec la méthodologie, la terminologie.
Mohamed Hendaz : Avec la terminologie. La terminologie, voilà, etc. Donc on va dans dans la technicité la plus la plus profonde avec des ouvrages de référence, et on étudie tout ça. Et enfin, on a un un quatrième une quatrième filière, si on peut appeler ça une filière, mais qui est ouvert un peu c'est pour les auditeurs libres ou bien ceux qui souhaiteraient suivre le les les les matières ou les modules qui qui qui les intéressent. Donc des cours à la carte disponibles pour les les personnes qui ne veulent pas suivre la totalité du cursus qui est proposé par l'IMED.
Shakeel Siddiq : Ou bien éventuellement des des élèves qui seraient inscrits ailleurs ou bien qui auraient déjà fini un cursus ailleurs, qui voudraient qui s'intéresseraient à un des cours comme d'ailleurs je on on y enseigne les les sagesses de Ibn 'Ata. Et je crois que le enfin le professeur, c'est le le Mohamed Hendaz.
Mohamed Hendaz : Mohamed Hendaz, tout à fait.
Shakeel Siddiq : Ce qui n'est pas enseigné forcément dans dans les instituts ou qui est assez difficile à trouver, on va dire, en France. Alors ça peut intéresser bien entendu quelqu'un qui voudrait suivre ce cours très très intéressant. Pouvez-vous nous dire un mot sur la formation, pardon, des enseignants ?
Mohamed Hendaz : Alors...
Shakeel Siddiq : Et leurs compétences.
Mohamed Hendaz : Oui, ce qu'il faut rappeler, c'est que les fondateurs de l'IMED se sont donné comme objectif de recruter uniquement des personnes diplômées et compétentes en la matière. Parce que aujourd'hui, les personnes qui parlent au nom de l'Islam, malheureusement, ne sont pas toujours les plus compétentes ou les plus habilitées à parler au nom de l'Islam. Donc les fondateurs de l'IMED justement se sont posé comme objectif de ne recruter que, justement, des personnes compétentes. Alors on a des pour la plupart des enseignants, ce sont tous des des des enseignants qui ont un doctorat, qui ont reçu une double formation, à la fois dans les institutions, les universités les plus prestigieuses dans le monde musulman, mais en même temps avec cette formation dans le cursus classique. On a même des professeurs qui ont un double doctorat, etc. Donc...
Shakeel Siddiq : On fait un clin d'œil au docteur Khadija Couchouck, qui est déjà intervenue ici, puis qu'on pourra bien sûr réinviter. Qui a deux doctorats, quand même.
Mohamed Hendaz : Oui. Oui. Donc on a, voilà, ces ces ces doubles profils qui sont à la fois bien formés sur le plan religieux, c'est-à-dire les sciences religieuses en tant que telles, mais en même temps qui sont en adéquation et en phase et en parfaite connexion avec le monde dans lequel ils vivent. Ils connaissent parfaitement le terrain, ils connaissent parfaitement la réalité de de de leur contexte, et ce qui permet justement une meilleure compréhension, une meilleure adaptation, une meilleure transmission de l'Islam.
Shakeel Siddiq : Et dans le cadre de l'enseignement du Coran, ils ont tous une ijaza, bien sûr.
Mohamed Hendaz : Voilà, donc la la la certification, ce qu'on a appelé, comme vous dites, ce qu'on appelle ijaza, cette transmission du Coran qui s'est faite de père en fils depuis l'époque du Prophète jusqu'à aujourd'hui. Donc on a une vraiment une une transmission de bouche à oreille et de de génération en génération qui nous est parvenue. Aujourd'hui, on a des personnes très compétentes qui ont reçu cette certification non seulement dans une lecture, mais on peut retrouver également des enseignants qui ont les dix lectures, les les les grandes lectures du Coran. Et aujourd'hui, je je pense que dans notre contexte, ici en France, c'est un une denrée rare et c'est quelque chose qu'il faut rechercher et profiter de ses de ses connaissances.
Shakeel Siddiq : D'ailleurs, un des enseignements, vous parliez de denrée rare, qu'on peut trouver à l'IMED, c'est que la littérature arabe y est enseignée en langue française.
Mohamed Hendaz : Tout à fait. C'est une des, me semble-t-il, des spécificités de l'Institut musulman d'enseignement à distance, c'est qu'on étudie la littérature. Dans les instituts classiques, on étudie simplement la grammaire, la morphologie, etc. On essaie d'aborder un peu quelques questions relatives à la rhétorique ou bien l'éloquence, ce qu'on appelle balagha, mais rares sont ceux qui investissent le terrain de la littérature, de par la difficulté de ce sujet et également du fait que c'est un un patrimoine très riche et qui n'est pas simple d'accès. Et justement, l'IMED s'est fixé de donner accès à tous les savoirs concernant les sciences religieuses.
Shakeel Siddiq : Et vous enseignez donc, vous êtes directeur, pardon, de l'ISIO, l'Institut des sciences de l'Islam d'Orly. Depuis quand cet institut existe ?
Mohamed Hendaz : Alors il existe maintenant depuis à peu près cinq ans. Donc c'est il va entamer sa sa sixième année. Donc c'est un enseignement également qui est là ce n'est plus du virtuel, mais c'est du présentiel.
Shakeel Siddiq : Pour ceux qui voudraient enfin ceux qui habiteraient dans la région.
Mohamed Hendaz : Voilà.
Shakeel Siddiq : Choisy-le-Roi, enfin dans le 94 éventuellement, ça peut être très intéressant. Et puis vous êtes là en direct.
Mohamed Hendaz : Dans le 94. Voilà. Donc...
Shakeel Siddiq : Tout à fait.
Mohamed Hendaz : Effectivement, entouré d'une équipe qui est également compétente et qui essaie de s'inscrire un peu dans le le même les mêmes visées pédagogiques que que que l'IMED.
Shakeel Siddiq : Très bien. Écoutez, docteur Mohamed Hendaz, je vous remercie beaucoup pour toutes ces explications, puisque bon, on parle du savoir, on parle de la transmission, puis là, on a quand même parlé bon ben de l'IMED essentiellement, puisqu'il faut bien maintenant parler de quelque chose d'un peu plus concret. Alors merci beaucoup. Chers Oummanautes, à très bientôt. Salam aleykoum wa rahmatullah.
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