Comment féliciter des mariés selon la Sunna ?
Abû Hurayra rapporte que, lorsque le Prophète félicitait un homme pour son mariage, il disait : « Bâraka llâhu laka, wa bâraka 'alayka, wa jama'a baynakumâ fî khayr », « Qu'Allah te bénisse, qu'Il répande Sa bénédiction sur toi et qu'Il vous réunisse tous les deux dans le bien » (Abû Dâwûd, n° 2130 ; Ibn Mâja, n° 1905). Le texte arabe et la phonétique figurent plus haut.
La formule tient en trois vœux. Le premier demande la baraka, ce surcroît de bien que Dieu dépose dans une chose, pour le marié. Le deuxième demande qu'elle descende sur lui, comme une protection. Le troisième parle du couple : « qu'Il vous réunisse dans le bien », c'est-à-dire dans l'entente, la foi et la paix, et pas seulement sous le même toit.
La formule prophétique s'adresse au marié, au singulier. Pour féliciter les deux époux, l'usage est de la mettre au duel : « Bâraka llâhu lakumâ wa bâraka 'alaykumâ wa jama'a baynakumâ fî khayr ». À la mariée seule, on dit « Bâraka llâhu laki wa bâraka 'alayki ». Le sens reste le même.
Cette formule a remplacé un vœu plus ancien. À la naissance de l'islam, les Arabes souhaitaient aux mariés « bi-r-rifâ' wa l-banîn », « harmonie et beaucoup de fils ». Quand 'Aqîl ibn Abî Tâlib se maria et qu'on lui adressa ce vœu, il répondit : « Dites plutôt ce que le Messager d'Allah a dit : Qu'Allah vous bénisse et vous accorde Sa bénédiction » (An-Nasâ'î, n° 3371). Le changement est parlant : on ne souhaite plus des garçons, on demande à Dieu le bien, quel qu'il soit, filles ou garçons, enfants ou non.
On peut dire ces paroles au marié et à la mariée dès l'annonce du mariage, le jour du contrat, à la fête ou plus tard dans un message. Il n'y a pas de moment imposé.

« Bârak Allâhu lak », « Mabrouk », « Allâh ybârek » : les autres formules
La forme la plus courte vient aussi d'un hadith authentique. Voyant sur 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf des traces de parfum jaune, signe d'un mariage récent, le Prophète lui demanda ce que c'était. Il répondit qu'il s'était marié. Le Prophète lui dit : « Qu'Allah te bénisse : organise un repas de mariage, même si c'est avec un seul mouton » (Al-Bukhârî, n° 5155). Un simple « Bârak Allâhu lak » est donc une félicitation conforme à la Sunna.
Les femmes avaient leurs propres mots. Aïcha raconte que, le jour de ses noces, sa mère la fit entrer dans une maison où des femmes des Ansâr l'accueillirent en disant : « 'Alâ l-khayri wa l-baraka, wa 'alâ khayri tâ'ir », « dans le bien, la bénédiction et sous le meilleur des présages » (Al-Bukhârî, n° 5156). Ces vœux montrent que la joie partagée fait partie du mariage.
Dans la vie de tous les jours, on entend surtout « Mabrouk » (« béni »), « Allâh ybârek » ou « Bârakallâhou fîk ». Ces expressions sont permises : elles souhaitent du bien. La formule du Prophète a seulement l'avantage d'être une véritable invocation, qui demande la bénédiction à Dieu plutôt que de la constater.
Que répondre ? L'usage le plus répandu est « Wa fîkum bâraka llâh », « et qu'Allah vous bénisse aussi », ou simplement « Âmîn ». Aucune réponse n'est fixée par les textes, et un « merci » sincère convient aussi.
Pour des mariés d'une autre religion, ou un couple mixte, rien n'empêche de présenter ses félicitations avec des mots de bienveillance et de souhaiter le bonheur au foyer : la courtoisie fait partie de l'éthique musulmane.
Versets du Coran sur le mariage pour une carte ou un faire-part
Le verset le plus choisi est celui de la sourate 30, verset 21 : « Et parmi Ses signes Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l'affection et de la bonté. » Il dit l'essentiel en une phrase : le mariage comme signe de Dieu, la tranquillité (sakîna), l'affection (mawadda) et la bonté (rahma).
D'autres versets se prêtent à un faire-part ou à une carte :
La création du couple. « O hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse » (4:1). Le verset 7:189 précise que l'épouse fut créée « pour qu'il trouve de la tranquillité auprès d'elle ».
Le vêtement l'un de l'autre. « Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles » (2:187). L'image dit la protection, la chaleur et la discrétion que les époux s'offrent.
Les couples de la création. « Et de toute chose Nous avons créé deux éléments de couple » (51:49).
La prière pour le foyer. « Seigneur, donne-nous, en nos épouses et nos descendants, la joie des yeux » (25:74), donnée plus haut en arabe.
Sur un faire-part, on indique toujours la référence (sourate et verset) et l'on précise que la traduction n'est qu'une approche du sens. Certains savants conseillent d'éviter d'imprimer le texte arabe du Coran sur des papiers destinés à être jetés ; on peut alors citer seulement la traduction et la référence. Le texte complet se lit dans notre lecteur du Coran.

Hadiths sur le mariage à citer
Beaucoup de « citations » circulent sur les réseaux sans source. En voici qui figurent dans les grands recueils, avec leur référence.
« Il n'y a rien de comparable au mariage pour deux personnes qui s'aiment » (Ibn Mâja, n° 1847). C'est sans doute la plus belle pour une carte : le Prophète y reconnaît l'amour comme une raison de se marier.
« Ô jeunes gens ! Celui d'entre vous qui peut se marier, qu'il se marie, car cela l'aide à baisser le regard et à préserver sa pudeur » (Al-Bukhârî, n° 5066).
« On épouse une femme pour quatre raisons : sa richesse, sa famille, sa beauté et sa religion. Choisis la femme pieuse » (Al-Bukhârî, n° 5090).
« Le meilleur d'entre vous est celui qui est le meilleur envers sa femme, et je suis le meilleur d'entre vous envers mes femmes » (Ibn Mâja, n° 1977).
« Un croyant ne doit pas détester une croyante ; s'il n'aime pas l'un de ses traits, il en appréciera un autre » (Muslim).
Une parole très partagée, « Celui qui se marie a accompli la moitié de sa religion », ne se trouve ni chez Al-Bukhârî ni chez Muslim. Elle est rapportée par Al-Bayhaqî avec une chaîne discutée, que certains savants acceptent et que d'autres jugent faible. Mieux vaut, sur une carte, préférer les textes dont la source est sûre.
Comme le rappelle l'imam Azzedine Gaci dans une tribune sur le sens du mariage, le Coran parle du mariage avec des mots d'apaisement, d'affection et de miséricorde. Ce sont aussi les meilleurs vœux à adresser aux mariés.
Invocations pour les mariés et pour le soir des noces
Le Prophète a enseigné au marié une invocation à dire en accueillant son épouse : « Ô Allah, je Te demande le bien qui est en elle et le bien de la nature que Tu lui as donnée, et je cherche refuge auprès de Toi contre le mal qui serait en elle » (Abû Dâwûd, n° 2160). C'est une prière de confiance : on remet à Dieu le début de la vie commune. L'épouse peut, de son côté, demander à Dieu le bien de son mari avec ses propres mots, car toute invocation sincère est permise.
Pour le moment de l'intimité, le Prophète a enseigné : « Au nom d'Allah. Ô Allah, éloigne de nous le diable, et éloigne le diable de ce que Tu nous accorderas » (Al-Bukhârî, n° 141). Les juristes en ont déduit que l'intimité conjugale n'a rien de honteux : elle commence, elle aussi, par le nom de Dieu. Ces questions sont développées avec pudeur sur notre page l'intimité dans le couple.
Les invités peuvent prier pour les mariés avec les formules vues plus haut ou en français : demander pour eux la tendresse, la patience, la fidélité, la foi partagée, des enfants s'il plaît à Dieu, et l'aide dans les épreuves.
Exemples de messages. « Bârak Allâhu lakumâ wa bâraka 'alaykumâ wa jama'a baynakumâ fî khayr. Qu'Allah remplisse votre foyer d'affection et de miséricorde. » Ou : « Mabrouk pour votre mariage ! Qu'Allah fasse de vous l'un pour l'autre un vêtement et un refuge (Coran 2:187). » Ou encore : « Qu'Allah vous accorde la tranquillité, l'affection et la bonté dont parle le Coran (30:21), et qu'Il vous réunisse dans le bien. »
Aucune invocation n'agit comme une formule magique : la baraka se demande à Dieu, et le bonheur d'un couple se construit aussi par les actes. Pour la suite, voir le mariage en islam et le couple en islam, et pour d'autres prières du quotidien, les invocations et le dhikr.






