Bernard Godard : Donc à l'approche du prochain pèlerinage, hajj, qui commencera, qui se situera donc l'épicentre se situera le 30 entre décembre ou le premier, oui le 1er janvier 2007, nous avons souhaité peut-être cette année plus que les autres, mais chaque année nous essayons d'améliorer un système, c'est celui de permettre aux pèlerins musulmans de voyager, d'accomplir son pèlerinage dans les meilleures conditions possibles.
Alors l'action des pouvoirs publics en la matière, elle est d'abord de sensibiliser la plupart plusieurs choses, d'informer le pèlerin, c'est-à-dire de dire qu'il est comme un tout consommateur, il a des droits et donc il est protégé par une loi qui est la loi du Code du tourisme donc du 13 juillet 1992 et cette loi lui permet d'être protégé comme tout voyageur. Je ne vais pas détailler si vous voulez, les gens tout le monde sait très bien ce que c'est. C'est une garantie sécurité, c'est celle d'avoir comme interlocuteur une agence de voyages identifiée qui est inscrite le plus souvent possible donc au syndicat national des agences de voyages. En principe c'est cela.
Alors la question à laquelle nous sommes confrontés, c'est que le système du pèlerinage est un système un peu bricolé, on va entendre dire, en France. Pourquoi ? Parce que en il y a encore une dizaine d'années, nous avions quelques milliers de pèlerins qui partaient donc en pèlerinage. Nous avons eu cette année en 2006, 27 000 pèlerins partant de France. Donc c'est une un chiffre exponentiel et bon comme on peut s'en douter, ce chiffre exponentiel n'a pas été cette augmentation l'augmentation de ce chiffre n'a pas été accompagnée par une logistique tout à fait correcte pour pouvoir faire face à ce genre de système.
Alors on a coutume de faire porter le chapeau, entre guillemets, à soit les agences de voyages, soit les associations islamiques et puis certains de guides qui se chargent ensuite de de de recueillir les les les les les les les contrats pour les amener aux agences de voyages. On incrimine assez souvent aussi l'organisation elle-même sur place à La Mecque et bien sûr, on dit aux pouvoirs publics : "Mais que faites-vous ?"
Bon, écoutez, c'est tout à fait légitime de se poser ce genre de questions. En tout cas, nous avons bien compris que le première étape pour nous qui était la plus importante était celle de l'information du pèlerin. C'est-à-dire, il faut qu'il sache qu'il a une loi qui le protège. Et ça, c'est la première chose. Et nous l'incitons vivement à souscrire un contrat de voyage auprès d'une agence de voyages directement s'il en a les moyens.
Il se trouve que aussi c'est un voyage donc avec un qui a une certaine tradition. En particulier donc c'est vrai que le pèlerin a pour coutume de non pas d'aller dans les agences de voyages, mais d'être sollicité par un guide, un intermédiaire souvent pendant la période de ramadan. Et donc il souscrit un contrat et ensuite tout le processus de prise en charge du pèlerin se fait lui échappe à lui-même et est pris en charge par ce que certains appellent des rabatteurs, que d'autres appellent des guides, on appelle des intermédiaires.
Alors évidemment, on va pas quand même systématiquement parler d'escroqueries, etc. Il y a des des des associations, des gens qui travaillent pour des associations qui ensuite démarchent auprès des agences de voyages, qui sont tout à fait correctes. Mais c'est vrai que ce marché quand même qui est assez juteux a engendré un certain nombre de dysfonctionnements. Et bon, ce sont apparus cette frange de marché que ça a chuté, réajusté, un certain nombre d'intermédiaires. Je ne vais pas détailler toutes les conséquences justement de certains de de de de de de ces éventuels dysfonctionnements. Par exemple, le fait que le prix du billet pour le pèlerin est peut-être même s'il est pas très cher, mais aussi sur cette part qui est pas très très élevée, une énorme part est prise par les intermédiaires. C'est un des aspects du problème, mais ça n'est de nombreux.
Il y a aussi le fait que c'est organisé quelque part quelquefois par des agences de voyages. Certaines ont les moyens, puisqu'ils sont déjà sur d'autres parts de marché, pas seulement sur le pèlerinage, ont des moyens techniques, sont professionnellement rodés au voyage. Il y en a d'autres qui se sont voués à ce uniquement à ce à ce cette fonction, enfin ce métier, celui de voyages et du pèlerinage. Et assez souvent, ça pose aussi des problèmes parce que ces gens ne sont pas forcément compétents ou techniquement. Et donc ça engendre un certain nombre de choses comme vous vous en doutez, c'est-à-dire problème dans l'affrètement pour trouver et ensuite pour amener donc par avion hein les pèlerins, problème aussi de préparation sur place à La Mecque par rapport au logement, hein. Bon et on pourrait citer d'autres exemples.
Or et c'est effectivement comme vous le savez, il y a durant cette période à La Mecque trop presque 3 millions de personnes et c'est très très important que tout se passe dans les meilleures conditions possibles. La moindre erreur peut engendrer des choses terribles et cette chose terrible on l'a vu l'année dernière, lorsque effectivement, il y a eu une une location qui a été prise par une agence de voyages, peut-être de bonne foi, dans un immeuble délabré. Il s'est effondré, on a eu quand même des morts, huit morts, si mes souvenirs sont bons, venant de France. Donc quand même, c'est aussi un voyage à risque. Et comme tout voyage à risque, il faut effectivement que les meilleures conditions soient offertes aux pèlerins.
Donc pour finir, je dirais que nous sommes dans une phase d'information. Nous avons publié l'année dernière, enfin surtout à l'initiative du ministère délégué au Tourisme et en accord en collaboration avec le ministère de l'Intérieur, le ministère des Affaires étrangères, un petit Guide du pèlerin qui spécifie toutes les toutes les démarches que doit faire normalement toute la protection dont pouvait profiter le pèlerin, des numéros de téléphone et des adresses de gens nécessaires en cas de besoin surtout en Arabie saoudite, en particulier les autorités consulaires, et enfin un certain nombre de de de règles minimums à prendre telles que photocopier la plupart de ses titres de de séjour en cas de perte, ce qui permettra effectivement de de pour les autorités sur place consulaires françaises de restituer assez rapidement un laissez-passer pour que la personne puisse rentrer en France. Je cite cet exemple, hein. Bon.
Maintenant, il y a une autre partie, je finis là-dessus, qui est incompressible, dirais-je, et qui n'est pas dépendant de notre volonté, qui est celle de la partie cultuelle du voyage qui est l'organisation, la préparation. Et ça, effectivement, nous souhaiterions vivement que les autorités ou du moins pour ce que les autorités qui sont censées être représentatives du culte musulman en France, à savoir le Conseil français du culte musulman et les conseils régionaux du culte musulman, se penchent sur la question et envisagent sérieusement de procéder à des formations et encadrer un petit peu tout ce voyage de manière à ce que et qu'ils travaillent en en bonne synergie avec les autorités, mais aussi surtout avec avec les les les les voyagistes. Je pense que si tous ces acteurs se mettent ensemble et peuvent comment dire faire que les choses marchent bien pour le pèlerin, les choses s'amélioreront beaucoup beaucoup.