Au sommaire de L'Esprit d' 'actu, la seconde partie de l'entretien avec Jean-Michel Vernochet qui revient sur le scandale financier lié à l'affaire Jérôme Cahuzac.
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5 avril 2013 à 12 h 00
Au sommaire de L'Esprit d' 'actu, la seconde partie de l'entretien avec Jean-Michel Vernochet qui revient sur le scandale financier lié à l'affaire Jérôme Cahuzac.
Saïd Branine : Bienvenue dans L'Esprit de l'actu pour cette seconde partie d'un entretien avec Jean-Michel Vernochet consacré à l'affaire Jérôme Cahuzac. Alors bonjour Jean-Michel Vernochet.
Jean-Michel Vernochet : Bonjour à vous, bonjour à tous.
Saïd Branine : Vous êtes géopolitologue, mais également un observateur attentif de la vie politique en France. Alors Jérôme Cahuzac a fini par reconnaître qu'il avait un compte bancaire en Suisse. Il a donc été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale.
Jean-Michel Vernochet : Oui. Alors, il a avoué mais contraint et forcé. Ce qui a choqué le plus les Français d'ailleurs, ce n'est pas tant le mensonge de monsieur Cahuzac, qui est déjà qui est déjà révulsant, mais le le cynisme, l'aplomb extraordinaire de monsieur Cahuzac qui a à RTL, un matin, les yeux dans les yeux avec l'animateur, lui jurait mordicus qu'il n'avait pas de compte en Suisse, devant l'Assemblée nationale. Enfin ce type avait un sang-froid reptilien. Comment peut-on mentir avec autant d' autant de vergogne ? Il faut rappeler quand même que monsieur Cahuzac était un un peut-être pas un intime, mais un très proche de monsieur Strauss-Kahn, donc il était à bonne école.
Saïd Branine : Alors on a également appris hier dans un article du Monde que le trésorier de campagne de François Hollande en 2012, Jean-Jacques Augier, avait effectué des investissements dans les îles Caïmans.
Jean-Michel Vernochet : Alors a priori monsieur Augier est libre de ses actes. Pour l'instant, il n'y a rien de délictueux qui soit établi. Ce qui est intéressant dans cette affaire, c'est que l'on ait bien souligné qu'il ait été le trésorier de campagne de monsieur Hollande, c'est d'ailleurs l'un de ses amis de 30 ans, et visiblement là on s'aperçoit que cette cette torpille qui est envoyée est envoyée directement contre la présidence de la République. Alors il faut se poser questions parce que ce n'est pas l'effet du hasard si cette information est révélée au moment de l'affaire Cahuzac. Alors je ne prends pas la défense de l'environnement de monsieur Hollande, encore que monsieur Augier, on le savait, est un homme qui s'était expatrié en Chine, c'est un homme qui a investi dans l'édition, il vient d'ailleurs de racheter le magazine Têtu, le magazine gay Têtu en janvier en janvier dernier, c'est un homme très actif, très efficace aussi apparemment, mais qui sentait le soufre comme monsieur Cahuzac. Il est étonnant que monsieur Hollande n'ait pas d'autres choix dans parmi ses amis ou dans les réseaux qu'il approvisionne dans les viviers humains de ressources humaines que des Augier et des Cahuzac. Encore une fois monsieur Augier n'est n'est soupçonné de de quoi que ce soit. Ça se il faut bien distinguer les deux les deux problèmes. Toujours est-il que il semble que là une offensive, une sorte d'OPA, c'est-à-dire d'offre publique d'achat malveillante, soit lancée actuellement contre le pouvoir français. Monsieur Augier est dénoncé aujourd'hui par une organisation internationale de journalistes d'investigation qui est basée aux États-Unis. Si l'on y regarde de près, on s'aperçoit que dans les dans les sponsors, les mécènes de cette organisation internationale, on trouve le la la Fondation pour une société ouverte, qui en fait appartient à monsieur Soros, et qu'un certain nombre d'autres sponsors et mécènes de cette organisation, de ce consortium international de journalistes d'enquête, est soutenu par des par des mécènes qui, eux-mêmes, sont soutenus par des par des clubs d'Open Society, c'est-à-dire toujours monsieur Soros. Alors, je n'ai pas de réponse, mais pensez que monsieur Soros, c'est l'homme qui, à un moment donné, a fait ployer le Royaume-Uni, qui avait lancé une attaque contre la livre et qui, un homme seul avec une équipe restreinte, à un moment donné, a mis à genoux la la Grande-Bretagne. Aujourd'hui, on peut se demander quels sont les objectifs poursuivis, qui ne sont pas forcément d'ailleurs idéologiques, d'une telle attaque, puisque je me refuse à voir le seul effet du hasard, donc simultanéité dans la chronologie des événements, cette attaque lancée contre monsieur Augier, proche de monsieur Hollande, et l'affaire Cahuzac.
Saïd Branine : Alors quel est le but politique de l'affaire Augier ?
Jean-Michel Vernochet : Le but politique n'est évidemment pas comme l'attaque contre la livre sterling de la part de monsieur Soros. Depuis, monsieur Soros, à la fois c'est un homme âgé, mais c'est aussi un homme dont l'ambition a grandi. Il ne faut pas oublier qu'il est à l'origine d'un certain nombre de révolutions orange, de révolutions colorées, pas lui seul. Il est un relais du département d'État américain, il dirige des politiques. Aujourd'hui, on peut supposer qu'attaquer monsieur Hollande, qui est déjà très affaibli dans les sondages, qu'il aille encore plus affaibli, qu'il doit faire face à à l'onde de choc d'une crise de régime, que monsieur Hollande n'apparaît plus comme l'homme idoine pour piloter la France, qui reste malgré tout un grand pays de par son influence, dans une une époque de turbulences, pensez à à la crise qui se dessine en Asie avec la Corée du Nord, mais également au Proche-Orient. On sait que un certain nombre de conflits couvent. La la question syrienne est très loin d'être réglée et pourra peut-être éventuellement se régler de façon militaire de de la part de l'OTAN. Donc monsieur Hollande a fait preuve de son fond de de son insuffisance professionnelle, et certains ont peut-être envie de le dégager non pas par idéalisme, non pas pour mettre un homme plus propre, moins corrompu, mais un homme beaucoup plus habile et peut-être pourquoi pas voir le retour de monsieur Sarkozy, qui lui avait fait était le bon élève de la classe atlantiste. Et monsieur Sarkozy vient d'être blanchi. N'oublions pas aussi que il y a moins d'une semaine, l'un des patrons, l'un des hauts fonctionnaires qui dirigeaient l'enquête des hauts fonctionnaires de police qui dirigeaient l'enquête sur l'affaire Bettencourt s'est suicidé, suicide extraordinaire, et que dans cette affaire Bettencourt, ce suicide n'est n'est pas le seul. Donc aujourd'hui monsieur Sarkozy est blanchi, donc il est rendu à à la scène politique.
Saïd Branine : Alors on a également appris qu'un proche de Marine Le Pen, en l'occurrence l'avocat Philippe Péninque je crois, a reconnu avoir ouvert le compte bancaire du ministre de l'ex-ministre du Budget Cahuzac en Suisse, en 1992.
Jean-Michel Vernochet : Alors là aussi, rien de de délictueux. C'est un intermédiaire. Cela cela ne prouve et ça ne montre qu'une seule chose, non pas que le FN soit compromis dans les affaires de monsieur Cahuzac ou qu'il y ait une collusion FN-PS. Non, ça montre une une seule et unique chose, c'est qu'il y a une sorte d'homogénéité de la classe dirigeante de de l'extrême gauche à l'extrême droite. Alors monsieur Mélenchon ne serait peut-être pas très content, mais montrant que tous ces gens finalement appartiennent aux mêmes réseaux, fonctionnent en circuit fermé. Certains ont se sont connus sur les bancs de l'ENA, d'autres sur dans les loges maçonniques, puisque aujourd'hui même le Grand Orient se réunit pour statuer sur l'exclusion de monsieur Cahuzac. Donc on voit bien qu'il y a des réseaux souterrains, discrets, occultes, qui sont à l'œuvre, et pourquoi le le Front national en serait-il exclu ? Seuls les Français peuvent penser qu'il y a des cloisons étanches, imperméables, idéologiques ou autres, entre les différentes composantes du pouvoir.
Saïd Branine : Alors un article d'Edwy Plenel de Mediapart hier parlait d'une mafia de l'évasion fiscale.
Jean-Michel Vernochet : Alors on peut parler de mafia de l'évasion fiscale, mais enfin je crois qu'il faut parler de mafia tout court. Dès lors que des des réseaux qui n'apparaissent pas, qui ne sont pas visibles, qui n'apparaissent pas aux yeux du grand public sont à l'œuvre, structurent ce pouvoir, constituent des des minorités agissantes et parfois des minorités dominantes oligarchiques, oligopolistiques, il faut parler d'un fonctionnement le fonctionnement n'est plus transparent. Dès lors que le mensonge devient un outil que monsieur bricolage en chef, monsieur Hollande, puisqu'il a dit qu'il avait une boîte à outils, peut sortir comme Super Mario, on s'aperçoit que le mensonge fait partie du paysage politique et donc est devenu fait est une composante du système.
Saïd Branine : Alors sur ce paysage politique, on voit bien qu'entre la gauche libérale et la droite libérale, rien réellement ne les sépare.
Jean-Michel Vernochet : Alors si, il y a des le mariage gay, par exemple, les sépare. Il y a un certain nombre mais tout ça, ce ce mariage gay qui est en fait un
Saïd Branine : Mais est-ce que vous croyez Est-ce qu'il y a réellement en France encore On peut parler d'un clivage gauche-droite ?
Jean-Michel Vernochet : Alors, il faudrait redéfinir les mots. Qu'est-ce que la gauche aujourd'hui ? Qu'est-ce que la droite aujourd'hui ? Ce qui les sépare, quelles sont les options ? Monsieur Cahuzac met peut-être
Saïd Branine : Le philosophe par exemple Jean-Claude Michéa, lui, parle d'une alternance unique, c'est-à-dire gauche-droite c'est exactement la même chose.
Jean-Michel Vernochet : Oui, mais on parlait aussi au Front national on parlait de l'UMPS, pourquoi pas ? D'ailleurs, j'ai entendu une journaliste qui lançait un ballon d'essai en disant : mais il faudrait que la majorité présidentielle, aujourd'hui dans un prochain gouvernement, appelant donc un remaniement gouvernemental ministériel, introduise des gens qui viendraient véritablement du centre, voire de la frange gauche de l'UMP. Les distinctions sont sont très faibles. Encore une fois, c'était le philosophe Confucius qui disait qu'il fallait redéfinir les concepts. En politique, il faudrait aussi reclarifier, dire ce qui est à gauche, ce qui est à droite, et pas seulement les questions sociétales.
Saïd Branine : Quelles peuvent être les conséquences d'une telle affaire ?
Jean-Michel Vernochet : Les conséquences d'une telle affaire
Saïd Branine : Je parle des conséquences politiques, hein.
Jean-Michel Vernochet : Il faut savoir qui est responsable et et et de quoi. Il faut remonter assez en amont.
Saïd Branine : Hollande savait par exemple ?
Jean-Michel Vernochet : Monsieur Hollande savait obligatoirement depuis la mi-décembre. Il y avait eu authentification par la DCRI de la voix et sans aucune équivoque possible. Madame Taubira a dû être la première informée. Monsieur Moscovici, supérieur hiérarchique si je puis dire, en tant que ministre de l'Économie supérieur au ministre du Budget qui lui était subordonné, savait, donc monsieur Hollande savait. Pourquoi n'a-t-on pas demandé immédiatement la démission de monsieur Cahuzac ? A-t-on dû attendre que le procureur général de Paris, qui est en fait un homme qui avait été nommé, c'est pas du tout parce que il est indépendant en tant que magistrat, ça c'est un mythe l'indépendance de la magistrature, mais qui avait été nommé par le la la précédente par le président par le précédent pouvoir, par monsieur Sarkozy lui-même, a voulu se couvrir et donc il a lancé cette ce qu'on appelait autrefois cette inculpation, c'est-à-dire cette l'ouverture, l'ouverture d'une enquête préalable et ensuite d'une mise en examen. Donc tous ces gens savaient. Il faut introduire la notion de responsabilité collective. On a couvert monsieur Cahuzac. Il y avait un rapport dès 2008 qui montrait bien un rapport des des services d'enquêtes fiscaux que monsieur Cahuzac était un homme sulfureux. Pourquoi a-t-on choisi monsieur Cahuzac pour occuper un poste aussi en vue alors que on savait qu'il venait de l'industrie pharmaceutique, comme madame Bachelot venait d'ailleurs aussi de l'industrie pharmaceutique, et que les fonds qu'il qu'on a retrouvés en Suisse sur un compte, puis deux comptes, puis maintenant à Singapour, proviennent vraisemblablement de cette industrie pharmaceutique ?
Saïd Branine : Justement, on parle d'un d'un compte de 600 000 euros. Pour vous, cette somme est juste ? Il pourrait y avoir beaucoup plus ?
Jean-Michel Vernochet : Alors, les Suisses et les banques suisses gardent jalousement leurs secrets. Pour que la Suisse ait accepté de déférer à une commission rogatoire française et et lâche de l'information au compte-gouttes, elle ne s'est pas battue pour 600 000 euros. Une rumeur, un chiffre circule, mais appuyé par des gens tout à fait sérieux, on peut je vous renvoie au journal La Croix par exemple, 16 millions d'euros. Vous voyez, ce n'est pas une bagatelle. C'est ce c'est les sommes aujourd'hui qui seraient qui auraient qui seraient tombées dans l'escarcelle de monsieur Cahuzac de la part d'une industrie pharmaceutique qui est assez puissante pour mobiliser l'OMS comme on a pu le voir du temps de madame Bachelot, pour contraindre des populations des États entiers ou toute l'Europe à à la vaccination et donc à engranger des bénéfices par milliards d'euros. Madame Bachelot aussi, il faut le dire, là elle est indemne de l'affaire Cahuzac, mais n'était pas indemne de de soupçons légitimes de liens et et d'intérêts croisés avec l'industrie pharmaceutique, par exemple.
Saïd Branine : Alors tout à l'heure, vous parliez d'un fonctionnement oligarchique de cette élite en France. Comment qualifieriez-vous le système politique dans lequel nous sommes actuellement ?
Jean-Michel Vernochet : Le système politique n'a en fait, dès lors qu'il n'y a plus aucune transparence ou plus aucune visibilité, et et la désinformation, c'est-à-dire au fond une manipulation, mais qui n'est pas une manipulation pacifique de de de l'opinion publique, vient de très loin. Cela fait beaucoup plus de 40 ans que l'on manipule les Français avec les chiffres du chômage, les chiffres de la criminalité, de l'immigration illégitime, illégale ou clandestine et dans bien d'autres domaines encore. Les les Français sont non plus ce qu'on appelle en droit l'autonomie du consentement. Ils ne savent plus pour qui véritablement voter, puisque les partis propulsent et poussent obligatoirement leur candidat. Donc, en un mot, on peut dire qu'il y a aujourd'hui une dérive totalitaire de la démocratie.
Saïd Branine : Alors on a vu, dès le début de cette affaire Cahuzac, qu'un certain nombre de médias, de journalistes, ont soutenu Jérôme Cahuzac. Faut-il y voir cette connivence entre les politiques et les journalistes ?
Jean-Michel Vernochet : Oui alors la connivence est évidente entre le quatrième ou le cinquième pouvoir, le pouvoir de la presse qui qui se va soutenir mordicus, on l'a vu dans le dans le cas de Strauss-Kahn. La parole était donnée principalement à ceux qui voulaient voir en lui un saint innocent, alors que monsieur Strauss-Kahn, ami proche de monsieur Cahuzac, qui était l'un de ses soutiens, mentait comme un arracheur de dents. La presse n'a lâché le morceau que petit à petit et et après plusieurs inculpations, après plusieurs épisodes judiciaires. Et c'est seulement d'ailleurs en France, au moment de l'affaire du Carlton où où monsieur Strauss-Kahn a été, il faut le rappeler, inculpé pour inculpé, c'est mise en demeure mise en mise en examen pour proxénétisme aggravé, ce qui n'est pas un petit délit ou une petite accusation. C'est à ce moment-là où la presse s'est a a mis un bémol à son soutien. Mais on a encore vu sur certains grands médias quelques journalistes dire que la France ne saurait se passer d'un talent de son talent immense et appelant à son retour. D'ailleurs, on tourne actuellement monsieur Depardieu tourne un film le concernant à New York, ce pourquoi il n'assiste pas aujourd'hui à une audience correctionnelle pour une chute éthylique de son scooter. C'est dire que monsieur Strauss-Kahn son aura n'est peut-être plus entière, mais mais ses péchés sont passent pour véniels. On a vu d'ailleurs la troisième chaîne diffuser un très joli film de monsieur Miller qui nous montrait que tout ça, au fond, c'était des enfantillages, monsieur Strauss-Kahn étant une sorte de de poète du vagabondage sexuel qui donc commettant des des écarts aventureux qui ne méritent pas qu'on l'on fouette un chat.
Saïd Branine : Merci à vous, Jean-Michel Vernochet. Donc à très bientôt pour un autre numéro de L'Esprit de l'actu.
Jean-Michel Vernochet : Merci à vous. Au revoir.
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