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Inde : la révision des listes électorales fait craindre l’exclusion de citoyens musulmans

La révision des listes électorales en Inde suscite des craintes d'exclusion des citoyens musulmans, exacerbées par l'interpellation de Rahul Gandhi.POURQUOI LIRE :
  • Comprendre les enjeux politiques autour des élections en Inde.
  • Découvrir les accusations de discrimination envers les électeurs musulmans.
  • Analyser les implications de la révision des listes électorales.

L’interpellation de Rahul Gandhi, figure de l’opposition indienne, mercredi à New Delhi, accentue la crise autour des listes électorales. Plusieurs enquêtes documentent des menaces sur l’inscription d’électeurs musulmans, tandis que les autorités rejettent les accusations de manipulation.

La contestation des listes électorales prend une nouvelle dimension en Inde. Mercredi 7 octobre, la police a interpellé Rahul Gandhi, dirigeant du parti du Congrès et l’une des principales figures de l’opposition, ainsi que plusieurs parlementaires à New Delhi. Les manifestants réclamaient la démission de Gyanesh Kumar, le président de la Commission électorale, dont ils mettent en cause l’impartialité. L’opposition accuse cette institution de favoriser Narendra Modi, Premier ministre indien depuis 2014 et dirigeant du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti nationaliste hindou au pouvoir. La Commission électorale et le BJP rejettent les accusations de manipulation.

Au cœur du conflit figure une vaste opération de vérification des inscriptions. Selon un décryptage de Reuters publié le 28 septembre, citant les médias locaux, environ 130 millions de personnes ne figuraient pas sur les premières listes provisoires. Ce chiffre ne correspond toutefois pas à autant de citoyens définitivement privés de vote : des demandes de réinscription et des recours peuvent modifier les listes. Les autorités expliquent vouloir retirer les inscriptions de personnes décédées, les doublons et celles de personnes ayant déménagé ou devenues introuvables.

Pour les citoyens musulmans, les inquiétudes s’appuient notamment sur des situations concrètes. Au Karnataka, The Indian Express rapportait le 2 octobre que 82 formulaires avaient été déposés à Ujire pour demander la suppression de noms d’électeurs musulmans. Ahmed Shah, un habitant concerné, expliquait avoir découvert que sa famille était visée alors qu’elle avait rempli les documents demandés et participait régulièrement aux élections.

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Il s’agit ici de demandes de radiation, et non de suppressions toutes effectivement réalisées. Le journal rapporte également que les responsables électoraux locaux ont renforcé les exigences de justificatifs pour ces demandes.

Au Maharashtra, une autre enquête du même quotidien relève que 29,77 % des électeurs de 38 circonscriptions où les musulmans représentent plus de 20 % de la population n’avaient pas été repris dans les listes provisoires, contre 21,14 % à l’échelle de l’État. Une différence préoccupante, mais qui ne permet pas, à elle seule, de mesurer les exclusions selon la religion : les données concernent l’ensemble des électeurs de ces circonscriptions. Elles ne démontrent donc pas que tous les absents des listes sont musulmans, ni qu’un ciblage religieux est établi.

Ces inquiétudes ont aussi été relayées par trois rapporteurs spéciaux des Nations unies. Dans une lettre adressée aux autorités indiennes le 1er mai et rapportée en juillet par The Indian Express, ils demandaient des explications sur des allégations de discrimination envers des électeurs musulmans et bengalis. Ils précisaient ne pas préjuger de l’exactitude de ces accusations. Derrière la bataille politique, une question demeure : les citoyens écartés à tort pourront-ils faire corriger leur situation à temps pour voter ? Pour apprécier les conséquences de cette opération, il faudra suivre les listes définitives, les réintégrations et l’issue des recours — au-delà des seuls chiffres annoncés.

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