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Inde : un hôpital refuse de prendre en charge une femme enceinte parce que musulmane, son bébé n’a pas survécu

Dans l’Inde de Narendra Modi, qui exalte le nationalisme vengeur à travers la propagation de l’idéologie de l’hindutva (« hindouité » ou une nation pour les hindous), se dresse un hôpital de la honte sur lequel flotte le parfum pestilentiel de la haine.
Une haine viscérale des musulmans, à ce point exacerbée par le pouvoir en place qu’elle a donné lieu à la plus grave faute déontologique que puisse commettre un établissement hospitalier public : le refus, sans état d’âme, de prendre en charge une femme sur le point d’accoucher, de surcroît dans la douleur, au seul motif qu’elle était musulmane.
Cette discrimination religieuse odieuse, digne d’un obscurantisme moyenâgeux, a été lourde de conséquences. En effet, la jeune femme, désemparée et souffrant le martyre, n’a eu d’autre choix que de mettre au monde son enfant à l’intérieur d’une ambulance. Pour son plus grand malheur et celui de son mari totalement impuissant, Irfan Khan, leur nourrisson, que des médecins indiens ont sciemment condamné à une mort certaine en mettant en danger la vie de la mère, n’a pas survécu.
« Quand nous sommes arrivés à l’hôpital Janana, ma femme gémissait, elle était dans un état critique », a relaté son époux très affecté par ce drame personnel, qu’il pensait inconcevable il y a peu encore. « Les médecins nous ont clairement rejetés. Ils ont refusé l’admission de ma femme, et malgré l’urgence que présentait son cas, ils nous ont dit d’aller à Jaipur parce que nous sommes musulmans », a-t-il poursuivi, avant de s’emporter contre la direction de l’hôpital : « Mon bébé est mort dans l’ambulance où ma femme a dû accoucher sans assistance. Je tiens l’administration pour responsable de la mort de mon enfant ! ».
Placé sous la lumière crue des projecteurs, l’hôpital Janana, situé au cœur du district de Bharatpur, dans l’Etat du Rajasthan, essuie un feu nourri de critiques depuis plusieurs jours. Motivé par une islamophobie pleinement assumée, son impardonnable manquement à ses responsabilités et aux obligations de soins, qui a entraîné la mort d’un nouveau-né, soulève aujourd’hui l’indignation de la communauté musulmane indienne.
Dans une vidéo diffusée sur Twitter, Vishvendra Singh, le ministre du Tourisme du Rajasthan, s’en est pris au chef de service de Gynécologie-obstétrique de l’établissement hospitalier, qui a cautionné, sans sourciller, ce refoulement intolérable et criminel.

« Une femme musulmane enceinte s’est vu refuser des soins médicaux à l’hôpital Janana de Bharatpur. On lui a dit d’aller voir ailleurs, à Jaipur, compte tenu de sa religion. Le député local de Bharatpur est ministre de la Santé de l’État et c’est là que se trouve l’hôpital. C’est honteux ! », a-t-il vivement dénoncé, en avertissant qu’il ne compte pas en rester là et qu’il veillera à ce que des sanctions soient prises.
Scandalisé, Asaduddin Owaisi, le chef de file du Conseil de l’Union des musulmans de l’Inde (AIMIM), le plus ancien parti politique indien représentant la minorité musulmane dans l’Etat d’Andhra Prasdesh, a condamné vigoureusement l’ostracisme qui a frappé une femme musulmane dans l’enceinte d’un hôpital public, sans que cela n’émeuve personne.

                            Asaduddin Owaisi

« L’administration de l’hôpital et les médecins doivent être jugés et punis comme des criminels de droit commun. Ils doivent recevoir une punition exemplaire. Ils sont responsables de la mort d’un nouveau-né. Faut-il maintenant arrêter de chercher des soins ? La haine antimusulmane atteint de nouveaux sommets chaque jour et nous coûte la vie », a-t-il martelé.
Dans une Inde qui exhale les forts relents de l’extrémisme de droite hindou, sous le règne sans partage et plein de fureur de Narendra Modi, Asaduddin Owaisi monte une nouvelle fois au créneau pour éveiller les consciences avant qu’il ne soit trop tard : « La radicalisation de la Hindutva est-elle devenue légale parce qu’elle est soutenue par le gouvernement ou parce qu’elle est adoptée par une grande partie de la société ? Est-ce que quelque chose sera fait pour la contrer ? ».
A voir ou à revoir : l’insoutenable lynchage de Mohammad Zubair, en plein jour, dans l’espace public, en février dernier. Roué de coups avec une violence inouïe, il a été laissé pour mort.
Emeutes de New Delhi : “Il faut tuer le Mollah”

Traduction de son récit par Oumma
« A la manière dont ils hurlaient des slogans communautaires “Nous vous saluons Seigneur Ram, Il faut tuer le Mollah”, je me suis dit que je n’allais pas survivre.
20 à 25 hommes ont commencé à me battre, tandis que les autres sont restés debout, impassibles, comme s’ils assistaient à un spectacle. Ils étaient des centaines derrière eux. Ils ont continué à me  frapper. Personne n’a fait un geste pour me sauver. Je gisais sur le sol inconscient, mes vêtements étaient tachés de sang.
Ils ont vu que j’étais seul. A ma casquette, ma barbe et ma tenue traditionnelle, ils m’ont identifié comme étant musulman. Ils m’ont battu en hurlant des slogans. Je ne leur avais rien dit, je ne leur avais fait aucun mal ».

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