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Nigel Farage et Reform, parti d’extrême droite, veulent présenter une candidate musulmane pour attirer le vote musulman en Angleterre

Nigel Farage et son parti Reform UK présentent une candidate musulmane pour séduire l'électorat musulman à Londres.

POURQUOI LIRE :

  • Analyse des motivations derrière la candidature de Laila Cunningham.
  • Réactions à la stratégie de Reform UK et ses implications.
  • Contexte politique et discours de Nigel Farage sur les musulmans.

Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montre Nigel Farage, leader du parti Reform UK, expliquant avec assurance que sa formation a choisi une candidate musulmane pour l’élection du maire de Londres afin de séduire l’électorat musulman.  Dans cet extrait, Farage affirme que Reform présentera « une femme musulmane » contre le maire sortant Sadiq Khan, ajoutant que, contrairement à ce que le Parti travailliste aurait longtemps cru, le vote musulman ne constituerait plus un bloc uniforme acquis à la gauche. Selon lui, de nombreux musulmans seraient désormais prêts à soutenir Reform.

Une déclaration qui ne manque pas de faire réagir. D’un côté, Farage semble considérer que la simple désignation d’une candidate musulmane suffirait à attirer le vote musulman. De l’autre, il critique Labour pour avoir pensé que cet électorat votait de manière homogène. Une contradiction évidente, qui donne l’impression d’une politique identitaire assumée lorsqu’elle sert ses intérêts.

Une candidate au parcours et aux propos controversés

La candidate mise en avant par Reform est Laila Cunningham, une Britannique d’origine égyptienne. Ancienne procureure au Crown Prosecution Service, elle s’est ensuite engagée en politique chez les conservateurs, avant d’être élue conseillère municipale à Westminster en 2022. Elle a depuis rejoint Reform, à l’image de nombreux cadres du parti issus des rangs tories.

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Mais ce choix soulève de sérieuses interrogations. Cunningham a en effet tenu par le passé des propos jugés islamophobes. Dans une interview au Standard Podcast, elle a affirmé que les femmes portant la burqa devraient être arrêtées et fouillées par la police, déclarant que « si vous cachez votre visage, c’est pour une raison criminelle ». Elle a également estimé que certains quartiers de Londres « donnent l’impression d’être une ville musulmane », évoquant les enseignes en langues étrangères et la vente de burqas sur les marchés.

Ces déclarations ont suscité de vives critiques. Shaista Gohir, directrice du Muslim Women’s Network UK, a accusé Cunningham de contribuer à l’insécurité des musulmans britanniques, en envoyant le message qu’ils ne feraient pas pleinement partie de la société et en renforçant les discours hostiles à leur encontre.

Un discours cohérent avec celui de Farage

Pour beaucoup d’observateurs, ce choix de candidate s’inscrit dans la continuité du discours de Nigel Farage, régulièrement accusé d’alimenter la méfiance envers les musulmans. Le leader de Reform a déjà affirmé que de nombreux jeunes au Royaume-Uni ne partageraient pas les « valeurs britanniques », visant explicitement les musulmans. Il a également relayé une interprétation contestée d’une étude de la Henry Jackson Society, laissant entendre qu’une large part des musulmans britanniques soutiendrait une organisation terroriste — une lecture jugée trompeuse par de nombreux chercheurs.

Dans ce contexte, l’idée que les électeurs musulmans de Londres pourraient oublier ces prises de position et se rallier à Reform paraît pour le moins discutable.

Le positionnement politique de Reform UK

Dirigé par Nigel Farage, Reform UK se positionne clairement à l’extrême  droite de l’échiquier politique britannique, avec un discours populiste centré sur la lutte contre l’immigration, la critique des « élites », le rejet des politiques climatiques ambitieuses et la défense d’une identité nationale présentée comme menacée. Héritier direct du Brexit Party, le parti cherche à capter un électorat déçu à la fois par les conservateurs et par les travaillistes, en misant sur des thèmes sécuritaires et culturels. Reform entend s’imposer lors des prochaines grandes échéances électorales, notamment les élections générales britanniques prévues au plus tard en 2029, ainsi que l’élection du maire de Londres en 2028, pour laquelle il a déjà désigné sa candidate.

Pour ses détracteurs, Reform utilise la candidature de Laila Cunningham comme une vitrine, afin de donner un visage plus acceptable à des politiques et à un discours largement perçus comme hostiles aux minorités. Loin d’incarner un renouveau de la vie politique britannique, le parti reproduirait ainsi des stratégies bien connues : mettre en avant une figure issue d’un groupe minorisé tout en maintenant une ligne dure sur l’immigration, l’identité et la sécurité.

Derrière le discours de rupture et de nouveauté, Reform UK apparaît surtout comme un parti jouant avec les symboles, sans réellement convaincre celles et ceux qu’il prétend désormais vouloir séduire.

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