À Brooklyn, une immense fresque de 15 mètres de long rend hommage aux enfants tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023. Intitulée Wall of Tears, l’installation de l’artiste Phil Buehler énumère les noms de plus de 18 000 enfants, classés par ordre chronologique de décès, sur un mur en vinyle installé à l’extérieur d’un bar du quartier. Pensée comme une œuvre à la fois monumentale et intime, la fresque mêle listes de noms, portraits et récits individuels, afin de redonner un visage à des victimes souvent réduites à des chiffres. Réalisé avec le soutien de l’association Radio Free Brooklyn, le projet s’appuie sur les données du ministère de la Santé de Gaza, arrêtées à juillet 2025.
Pour l’artiste, l’objectif est clair : montrer l’ampleur de la tragédie tout en suscitant l’empathie, dans un contexte new-yorkais marqué par de fortes tensions autour du conflit. « On peut être bouleversé par la mort d’un enfant, mais se sentir dépassé par des milliers. Ce mur essaie de faire ressentir les deux à la fois », explique-t-il.
L’installation a été inaugurée malgré des conditions météorologiques difficiles, à une date symbolique : l’anniversaire de la mort de Hind Rajab, cinq ans, laissée agoniser dans une voiture criblée de balles après une attaque israélienne. Son histoire, devenue emblématique, a récemment été portée à l’écran dans The Voice of Hind Rajab, un film de la réalisatrice Kaouther Ben Hania, nommé aux Oscars, qui restitue les enregistrements audio de ses derniers appels à l’aide.
Exposée près du bar Pine Box Rock Shop, la fresque s’inscrit aussi dans un climat politique new-yorkais très polarisé. Alors que le débat sur Gaza divise profondément la ville, l’artiste insiste sur la nécessité de distinguer la critique de la guerre de toute forme d’antisémitisme, un amalgame qu’il juge paralysant pour le dialogue. « Ce mur ne prend pas parti contre un peuple, mais pour la mémoire d’enfants dont la vie a été brutalement interrompue », résume-t-il.



GIPHY App Key not set. Please check settings