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IIe anniversaire du Hirak : funérailles ou résurrection ?

Etrangement le FLN, apprend-on, se prépare à commémorer le deuxième anniversaire du Hirak à la surprise de ceux qui l’ont déclenché et qui n’en reviennent pas devant tant d’indécence. Dans le même temps qu’il traficote on ne sait quels préparatifs, d’authentiques hirakistes sont arrêtés les uns après les autres.

Si elle réussit l’opération lui vaudra, à lui et sûrement à d’autres « baraghits » logés à d’autres enseignes insignifiantes ou sortis du néant, la reconnaissance du nouveau pouvoir – faute d’une nouvelle Algérie – et une chance de recyclage à l’heure où il est question de la dissolution du parlement de la « Chkara » pour le remplacer par le parlement de la « subvention ».

Tebboune n’a-t-il pas annoncé qu’il financerait avec les fonds publics les « jeunes » qui se présenteront et qui, en échange, lui donneront la majorité présidentielle à laquelle il aspire même si ce n’est qu’avec quelques « pour cent » ? Manière de faire payer le peuple qui n’aura pas voté pour lui, sa constitution et son parlement. Avec Tebboune, le « système » semble être passé du régime électoral majoritaire au régime du demi-tarif, du plus petit dominateur commun. Il solde, il brade, il liquide avant fermeture définitive.

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Un nouvel holdup historique se prépare : le vol de la révolution citoyenne de 2019 après celui de la Révolution du 1er novembre 1954 au lendemain de l’indépendance. Ce sont les funérailles du Hirak que les commanditaires du FLN veulent célébrer en grande pompe, une pompe funèbre, pas son réenclenchement.

Les idéaux de la proclamation du 1er novembre, les initiateurs du 1er novembre 1954, les véritables moudjahidin de l’intérieur, le GPRA, l’histoire réelle de la lutte de libération, tout cela a été empaqueté et enterré sous le label de la « thawra-l-moubaraka » (Révolution bénie de Dieu) dont Boumediene interdisait de son vivant qu’on cite les noms des acteurs en dehors des martyrs.

On institutionnalisa sa commémoration chaque 1er novembre, comme on envisage de faire aujourd’hui avec le « Hirak-l-moubarak » ainsi baptisé par Tebboune car le peuple, lui, ne l’appelle pas ainsi. En sanctifiant le Hirak par l’ajout du qualificatif « moubarak » qui signifie « béni de Dieu », Tebboune n’entendait pas l’aider à détruire les restes du « système », mais l’arracher des mains des hommes et des femmes qui l’ont déclenché pour le confier non pas à l’Histoire, mais à l’Oubli.

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Car pour le nouveau système, pour la moitié restante de la « issaba », le Hirak a rempli ses objectifs. Ils en parlent avec un respect feint comme de quelque chose de passé, quelque chose du passé, une cause méritoire qu’il convient d’honorer avec des mots et des fleurs, sans plus. Alors qu’ils devraient au moins lui être reconnaissants d’avoir chassé leurs maîtres d’hier et permis leur arrivée au pouvoir même si ce n’est que pour achever ce qui reste de l’Algérie. 

L’histoire semble se répéter dans un court intervalle de temps, une histoire sanglante, criminelle, mensongère, mais cette fois le vieux « système » se trompe. Le peuple ne se laissera pas leurrer pour la deuxième fois en une vie d’homme. Il ne les laissera pas faire de ce qui reste de l’Algérie une sous-Algérie.

Tebboune a consommé en moins d’une année les erreurs commises par Bouteflika en deux décennies. Elu avec peu de bulletins « hallal » selon la formule chaawadiste (charlatanesque) d’un de ses proches, il se croit suffisamment béni de Dieu pour foncer dans le tas avec quelques promesses socio-économiques intenables, un équipage où on rivalise d’incompétence et d’incohérence, une constitution rejetée par le peuple et le parlement administratif qu’il se prépare incompréhensiblement à imposer. 

Sur le plan personnel il a commencé là où avait fini Bouteflika : en passant plus de trois mois sur quatorze à l’étranger, quand ce dernier en a passé la même chose mais en dix-neuf ans. Et s’il pense en avoir fini avec le Hirak il commet une grave erreur car celui-ci n’est pas mort, il a juste été suspendu par le corona virus. A l’approche de son deuxième anniversaire il travaille à sa résurrection, il œuvre à sa renaissance.

Le peuple qui a été abusé pendant près de soixante ans s’est réveillé, s’est renouvelé avec l’arrivée de nouvelles générations qui ont réussi jusqu’ici à échapper au piège des « açabiyate » contre lesquelles je mettais en garde en 1989 déjà. Il s’interroge, doute parfois, mais n’entend pas lâcher prise car il en va de sa vie et de son avenir. Il cherche des idées, des formes d’actions et d’organisation qui finiront par jaillir de son sein, de ses rangs. 

Il peut aussi compter sur l’effet papillon que peut à tout moment provoquer une étincelle, un incident, une bavure, une imbécillité commise par le « système » qui changera le cours de l’histoire comme on l’a vu en Tunisie avec le marchand ambulant Mohamed Bouazizi dont le suicide par immolation a fait tomber Benali, Kaddafi, Moubarak, Abdallah Salah…. Chez nous, ce pouvait être, ce peut être encore l’histoire de Walid Nekkiche ou, demain, de quelqu’un ou quelqu’une d’autre. Faites bien attention où vous mettez vos pas incertains, Si Tebboune !

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