On avait placé beaucoup d'espoir dans l'arrivée d'Obama au pouvoir, certainement de façon excessive pour certains, pas pour moi en tous les cas, puisque dès son élection, je mettais en garde contre deux illusions. La première était de penser qu'il avait une baguette magique et qu'il pourrait résoudre tous les problèmes du monde. La seconde, qu'il était le président de la communauté internationale, alors qu'il est en charge des intérêts nationaux américains.
Ceci étant, son discours du Caire avait fait naître des espoirs. Il y avait une ouverture au monde musulman, une de ses priorités était de réparer les relations que George Bush avait dégradées entre le monde musulman et les États-Unis. Et son discours au Caire avait été une très bonne indication. Il s'était, bien sûr, il avait fait un discours d'ouverture au monde musulman, mais il ne s'était pas contenté de cela, il avait également évoqué la question du conflit israélo-palestinien en disant, tout simplement, que la souffrance des Palestiniens devait cesser et que il devait, on devait aller vers la création d'un État palestinien. Il avait critiqué en termes extrêmement sévères la colonisation israélienne en demandant qu'il y soit mis fin.
Ce que l'on voit depuis, c'est que, et bien, cette demande de fin de la colonisation s'est arrêtée, et qu'il semble que Obama, pris d'une part au niveau international dans le bourbier afghan, puisqu'il y a un véritable enlisement des États-Unis et de l'Occident en général en Afghanistan, et donc qu'il a un peu décroché, et qu'il fait moins d'une, du règlement du conflit israélo-palestinien la priorité donc qu'il semblait faire au départ.
Est-ce qu'il s'agit d'une pause ? Est-ce qu'il s'agit d'un repli tactique mais que il va néanmoins dans la deuxième année de son mandat prendre le problème réellement à bras-le-corps ? Ou est-ce que c'est un recul stratégique ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais il est vrai quand même que l'atonie de la politique américaine dans la région laisse un peu à désirer et a fait perdre quelques illusions.
En tous les cas, Obama doit être conscient que, quels que soient ses discours sur le monde musulman, s'il y a toujours cette, ce point de fixation, ce kyste un peu qu'est le conflit israélo-palestinien, et bien une grande partie de sa crédibilité sera atteinte s'il ne fait pas tous les efforts pour parvenir à une paix.