Bismi Allāhi ar-Raḥmāni ar-Raḥīmi
Inna al-ḥamda lillāhi
naḥmaduhu wa nastaġfiruhu wa nasta‘īnuhu wa nastahdīhi wa natūbu ilayhi wa natawakkalu ‘alayh
wa na‘ūḏu billāhi min šurūri anfusinā wa min sayyi'āti a‘mālinā
man yahdihillāhu fahuwa al-muhtadd
wa man yuḍlil falan tajida lahu waliyyan muršidā
wa ašhadu an lā ilāha illallāhu waḥdahu lā šarīka lah
wa ašhadu anna sayyidanā wa qudwatanā wa qā'idanā wa imāmanā
Muḥammada bna ‘Abdi Llāh
ḥabību Llāhi wa ‘abduhu wa rasūluhu wa nabiyyuhu wa muṣṭafāh
iḫtārahu Llāhu subḥānahu wa ta‘ālā liyakūna lil-bašariyyati bašīran wa naḏīrā
faballaġa ar-risālata wa addā al-amānata wa naṣaḥa lil-ummati wa kašafa al-ġummah
wa jāhada fī Llāhi ḥaqqa jihādihi ḥattā atāhu al-yaqīn
Allāhumma faṣalli wa sallim wa zid wa bārik ‘alā haḏā al-janābi an-nabawiyyi aš-šarīf
kamā ṣallayta wa sallamta wa bārakta ‘alā Ibrāhīma wa ‘alā āli Ibrāhīma mina aṣ-ṣāliḥīna fī al-‘ālamīna innaka Ḥamīdun Samī‘un Majīd.
Amma ba'd.
Chères sœurs, chers frères, as-salāmu ‘alaykum wa raḥmatu Llāhi ta‘ālā wa barakātuh.
Nous avons vécu le lundi et le mardi correspondants au 8 puis 9 du mois de juillet en cours, 2013 donc, des instants on ne peut plus instables quant à la détermination du début du mois de Ramadan.
Une cacophonie sans précédent historique en France a eu lieu, scindant au passage la communauté musulmane en plusieurs parties : entre ceux qui ont jeûné, ceux qui n'ont pas jeûné, ceux qui ont commencé à jeûner et ont ensuite rompu tenant compte des évolutions diverses et variées que la journée du 9, mardi, a eues, et ensuite d'autres qui ont continué à jeûner et qui n'ont pas rompu.
Tout ceci a été un spectacle on ne peut plus risible aux yeux de la communauté internationale, aux yeux de nos concitoyens français qui voient en notre communauté, ou qui ont dû voir en notre communauté, à la fois beaucoup de d'amateurisme et surtout beaucoup beaucoup beaucoup d'ignorance.
Or, le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, à travers ses positions, à travers ses actions, à travers également les décisions qu'il prenait, il nous a appris à regarder et à tenir compte de ce que les autres de ce que les autres communautés pensent ou penseraient de nous. Lorsque par exemple il lui a été demandé par certains de ses compagnons, ou il lui a été annoncé par certains parmi eux qu'ils allaient intenter à la vie de certaines personnes connues comme hypocrites et dont le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, était au courant de la perfidie et de l'hypocrisie, eh bien il a eu une réponse qui devrait servir d'exemple à chacun de nous, qui était de dire : « Ne les tuez pas, n'intentez pas à leur vie, ḥattā lā yuqāla anna Muḥammadan yaqtulu aṣḥābah, de peur que l'on dise que Muhammad intente à la vie de ses compagnons. » Il y a là la preuve que le regard de l'autre est à prendre en compte, notamment non pas vis-à-vis de l'individu que chacun de nous est, mais plutôt vis-à-vis de la communauté que nous devons, parce que je ne dis pas que nous sommes censés mais plutôt que nous devons constituer, car Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, l'a dit à plusieurs reprises dans le Coran, soit directement soit de par le sens : « Inna haḏihi ummatukum ummatan wāḥidatan wa anā Rabbukum fa‘budūn », par exemple, « celle-ci est une communauté unique, et Moi, Je suis votre Seigneur, vous Me devez adoration. » Il dit également : « Innamā al-mu'minūna iḫwah », « les croyants ne sont que des frères », et en insistant sur cette fraternité de foi, il nous apprend que nous devons nécessairement rester unis, et d'autres versets du Coran le rappellent, par exemple celui dans lequel Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, dit : « Yā ayyuhā allaḏīna āmanū ittaqū Llāha ḥaqqa tuqātihi wa lā tamūtunna illā wa antum muslimūn. Wa‘taṣimū biḥabli Llāhi jamī‘an wa lā tafarraqū waḏkurū ni‘mata Llāhi ‘alaykum iḏ kuntum a‘dā'an fa'allafa bayna qulūbikum fa-aṣbaḥtum bi-ni‘matihi iḫwānā wa kuntum ‘alā šafā ḥufratin mina an-nāri fa-anqaḏakum minhā. » Il y a là également dans ce verset dans lequel Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, exige de la communauté, en tant que communauté, eh bien de rester unie en nous disant que cette union-là est fondamentale et cette union ne peut pas se faire sur autre chose ou sur la base d'autre chose que le Saint Coran, qui est bien entendu le livre de toute personne se réclamant de l'islam. Donc il y a là la preuve encore une fois que nous devons faire part d'unité, en tout cas montrer notre unité vis-à-vis des autres communautés du monde entier, qu'elle soit religieuse, philosophique, politique, ou que sais-je encore, afin bien entendu que eh bien il ne soit vu de notre part une quelconque division, car la division c'est l'objet des autres et non celle des musulmans. Et c'est d'ailleurs pour cette raison que Dieu nous dit, nous nous avertit en nous disant : « Ne vous disputez pas. Wa lā tanāza‘ū fatafšalū wa taḏhaba rīḥukum. Ne vous disputez pas, de peur que vous échouiez », et c'est ce à quoi malheureusement nous sommes parvenus hier, mardi 9 juillet 2013, « fatafšalū », de peur que vous échouiez, « wa taḏhaba rīḥukum », et que votre poids, votre respect, votre considération à l'égard de l'autre eh bien disparaissent. Et dans le hadith de Abou Daoud, at-Tayalisi et d'autres, ‘an Thawbān, le Prophète a dit que notre communauté allait bien entendu subir de la part des autres communautés eh bien beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de pas d'agression mais en tout cas un manque de respect dû au fait que nous allons nous diviser. Donc ces hadiths-là, j'ai envie de dire sont des hadiths que j'appelle, moi, des hadiths d'avertissement. Le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, de toute façon a été un avertisseur. Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, l'a souvent dit dans le Coran, lorsque par exemple il dit que le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, était un avertisseur, « naḏīr », c'est le terme que Dieu utilise à plusieurs reprises dans le Coran. Donc le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, avertit à travers ses propos eh bien des dangers qui nous guettent si bien entendu cette division nous gagnait.
Pour revenir cette fois-ci à la question en elle-même, beaucoup sont ceux parmi nous qui ont eu à remettre en cause le fait que eh bien le CFCM ait décidé il y a de cela un, voire deux mois, d'utiliser la méthode des calculs astronomiques afin de déterminer l'apparition ou les apparitions de la Lune, prétendant, pour ceux qui remettaient en cause cette pratique, que ce n'était pas de la sunna, ou ça ne relevait pas de la sunna, le fait bien entendu de s'appuyer sur des calculs mathématiques. Il faut, ou plutôt astronomiques astronomiques au sens bien entendu de « ḥisāb », donc de calcul. Ce qu'il faut comprendre, chers frères et sœurs, c'est que il faut que nous acceptions d'entrée de jeu les paradigmes sur lesquels nous allons discuter. Quels sont, j'ai envie de dire, les éléments sur la base desquels nous allons discuter ? Les principologistes, qu'on appelle « uṣūliyyūn », mais également les savants des autres disciplines musulmanes nous ont expliqué, nous ont légué un héritage on ne peut plus riche quant à la terminologie à utiliser au sujet de tout ce qui touche à la jurisprudence musulmane qu'on appelle « al-fiqh al-islāmī ». Parmi les points sur lesquels ils ont été on ne peut plus clairs, c'est la notion de dalīl, la notion de preuve. Ils ont dit que l'argument est un argument prioritairement divin, donc al-Qur'ān, ensuite prophétique, as-sunnah. Donc le Coran vient avant et la sunna vient après. Al-Imām aš-Šāfi‘ī par exemple nous apprend que la sunna n'est rien d'autre que la compréhension du livre d'Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, par le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, raison pour laquelle la sunna est est invoquée comme la deuxième la deuxième preuve, ou plutôt la deuxième source de la législation musulmane.
Dedans, les savants ont également établi que il y a deux types de dalīl, donc deux types de de preuves. Vous avez des preuves qu'on appelle des preuves dont la fiabilité quant à la chaîne qui le qui la rapporte, eh bien ou qui les rapporte, sont indiscutables, et c'est ce qu'on appelle « qaṭ‘iyyu aṯ-ṯubūt ». Et d'autres dont la fiabilité est quant à elle discutable, ce qu'on appelle « ẓanniyyu aṯ-ṯubūt ». Et de ce point de vue-là, toutes les tendances philosophiques au sens de réflexion du terme bien entendu de l'islam disent clairement que le Coran est un livre dont est une preuve dont la fiabilité de la source est indiscutable, c'est-à-dire que nous sommes, en face du Coran, face à ce qu'on appelle un dalīl qaṭ‘iyyu aṯ-ṯubūt, c'est-à-dire que l'ensemble des versets du Coran, les 6 235 versets du Coran par exemple, sont tous unanimement comment dire ? véridiques dans le sens où la chaîne de transmission du Coran est une chaîne de transmission qui est certaine et sur laquelle il n'y a rien à dire. Donc on dit de l'ensemble des preuves coraniques, quant à la source, quant à l'origine, qu'ils sont ou qu'elles sont plutôt comment dire ? certaines, c'est ce qu'on appelle qaṭ‘iyyu aṯ-ṯubūt.
Ensuite, nous avons la sunna. La sunna du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, quant à elle, elle connaît deux niveaux essentiels. Vous avez ce qu'on appelle « al-mutawātir », c'est-à-dire une source prophétique qui a été entendue de la bouche du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, ou faite par le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, de au su et au vu d'un ensemble de personnes dont le nombre ne peut pas j'ai envie de dire être un nombre de de menteurs. Imaginez-vous une trentaine, une quarantaine, une cinquantaine, voire une centaine de personnes et au-delà, qui ont entendu le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, ou vu le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, faire telle ou telle chose, eh bien là on est dans ce qu'on appelle al-mutawātir, et là nous sommes également dans ce qu'on appelle qaṭ‘iyyu aṯ-ṯubūt, c'est-à-dire des des preuves prophétiques ou plutôt des arguments prophétiques ou apparentés au Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, dont la fiabilité n'est bien entendu pas à remettre en cause. Et en face, vous avez, toujours dans la sunna du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, et c'est la raison pour laquelle nous avons dit qu'il y avait deux niveaux quant au traitement de la sunna du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, il y a un autre niveau qui est celui de ce qu'on appelle « ḥadīṯu al-āḥād », c'est-à-dire des des propos attribués au Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, qui relèvent de chaînes de transmission uniques ou reposant sur un groupe de personnes, un, deux, trois ou quatre personnes, mais qui n'ont pas atteint le nombre, le quorum, si le mot m'était permis, de ce qu'on appelle al-mutawātir aw at-tawātur, c'est-à-dire un nombre ne pouvant pas connaître la notion de mensonge. Car s'il y en a un qui se trompe, eh bien il y en aura forcément d'autres qui vont corroborer ou corriger les dires d'un tel ou un tel parmi les compagnons du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam. Et de ce point de vue-là, les savants n'ont pas eu le même traitement que celui de de ce qu'on appelle al-mutawātir, c'est-à-dire les les les hadiths du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, qui ont, eux, été entendus par le plus grand nombre de compagnons, raison pour laquelle, eh bien vous trouvez des jurisconsultes qui, par exemple, ne tiennent pas compte d'un hadith dont la chaîne de transmission est unique, quand bien même il est dans al-Bukhārī ou Muslim, arguant par exemple que, eh bien c'est un hadith dont la chaîne de transmission est assez fine, assez étroite, et que pour cette raison, on ne va pas tenir compte de cela parce qu'il y a par exemple une preuve coranique qui, elle, est indiscutable quant à la fiabilité, qui dit le contraire de ce que dit ce hadith. Et certains même ont été jusqu'à dire qu'en termes de ‘aqīdah, en termes de dogme, on n'a pas à s'appuyer sur des hadiths des hadiths qu'on appelle « aḥādīṯu al-āḥād », c'est-à-dire des propos prophétiques ou des dires prophétiques, car c'est ça ce qu'on appelle la sunna : « Mā ṯabata ‘ani ar-Rasūli, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, min qawlin aw fi‘lin aw taqrīr », ce qui est apparenté au Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, relevant soit d'un propos, soit d'une action, soit d'un d'un commentaire, parce que le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, a assisté à telle ou telle situation qui s'est déroulée sous ses yeux, qu'il a laissé faire, qu'il a laissé continuer ou qu'il n'a pas laissé continuer. Bref, certains savants ont dit que quand la notion abordée constitue ou concerne ce qu'on appelle le dogme, eh bien si il ne relève pas la preuve ne relève pas de al-mutawātir, certains savants ont dit que l'on n'avait pas à baser notre foi, notre dogme sur des aḥādīṯ al-āḥād, c'est-à-dire des hadiths de chaînes de transmission étroites, si l'expression m'était bien entendu permise.
Partant de là, il y a d'autres sources comme al-qiyās wal-ijmā‘, qui sont les quatre qui ont eu entre guillemets une unanimité, l'unanimité reposant essentiellement sur le Coran et la sunna, ainsi que al-ijmā‘, et que l'ijmā‘, le consensus, se divise en plusieurs parties, mais on ne va pas les aborder ici, dont le fameux « al-ijmā‘ as-sukūtī », mais c'est-à-dire le consensus tacite ou plutôt qui vient du fait que on n'a pas parlé, les gens ne se sont pas opposés à telle ou telle pratique bien qu'elle se faisait à un à un instant précis ou à un temps précis auquel les savants ou les compagnons auraient pu, ou les tābi‘īn, ceux qui ont suivi les compagnons auraient pu dire telle ou telle chose, et ils ne l'ont pas fait. Certains ne tiennent pas compte, bien entendu, parmi les savants de de de cela. Mais au-delà des quatre, donc l'analogie et le consensus qui viennent s'ajouter au Kitāb wa-s-sunnah, le Livre et la sunna du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, vous avez d'autres qui ont été d'autres sources qui ont fait l'objet de débats comme ce qu'on appelle al-istiḥsān, al-maṣlaḥah al-mursalah, et d'autres, aš-šar‘u man qablanā, et et d'autres encore, qawlu aṣ-ṣaḥābī, l'avis du compagnon, etc. C'est pas ce qui nous intéresse ici. Ce qui nous intéresse ici est que comme on a parlé de méthodologie tout à l'heure, il faut que nous comprenions que partant de là, donc on a vu la notion de preuve comment elle pouvait être quant à la fiabilité de la transmission, ils en sont venus à un deuxième niveau qui est celui de ce qu'on appelle, toujours dans le la façon de traiter la preuve, donc le dalīl, la notion de sens. Que veut dire la preuve ?
Il y a donc à l'intérieur de cela deux notions qui viennent s'ajouter à la notion de de qaṭ‘iyyu aṯ-ṯubūt ou ẓanniyyu aṯ-ṯubūt, c'est-à-dire la transmission la la la chaîne de transmission est indiscutable ou la chaîne de transmission est est est plutôt discutable, eh bien ils ont rajouté, par rapport au sens, par rapport à ce que veut dire la preuve, eh bien deux notions. C'est « qaṭ‘iyyu ad-dalālah » ou « ẓanniyyu ad-dalālah ». C'est-à-dire quoi ? Une preuve qui ne laisse nullement la possibilité au débat, c'est ce qu'on appelle qaṭ‘iyyu ad-dalālah, ou une preuve qui, elle, laisse la possibilité aux gens de diverger. Heureusement pour notre communauté, heureusement pour la communauté humaine, si j'ose dire, les preuves, les sources coraniques et prophétiques qui sont du premier niveau ou plutôt de la première sorte, c'est-à-dire celle de qaṭ‘iyyu ad-dalālah, c'est-à-dire celle dont le sens est on ne peut plus clair et ne laisse nullement la possibilité à personne de débattre, eh bien ces preuves-là, la nature de ces ces les preuves de cette nature sont plutôt extrêmement rares. Et d'ailleurs, elles font l'objet d'une unanimité. Par exemple, l'obligation de la prière, l'obligation du jeûne, l'obligation de la zakāt, l'obligation de de de de de du du pèlerinage, et et et j'en passe, ces notions-là ne font l'objet d'aucun débat à l'intérieur des jurisconsultes musulmans.
En revanche, la façon d'accomplir ces obligations, eh bien elle a été extraite de versets qui, eux, ou de propos du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, qui, eux, sont des versets et des propos du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, des hadiths du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, qui laissent la possibilité aux gens de diverger. Et c'est d'ailleurs sur un verset du Coran que les savants s'appuient pour dire que cette notion de divergence est on ne peut plus tolérée, voire j'ai envie de dire naturelle et inscrite dans le Coran. Dieu dit par exemple que : « Wa lā yazālūna muḫtalifīn », « ils n'auront de cesse de diverger », « wa li-ḏālika ḫalaqahum », et les certains mufassirūn ont dit : « Et pour être divergents, Dieu les a créés. » Ce qui veut dire que la notion de divergence est une notion fondamentale inscrite en islam. Et au temps de al-Imām Aḥmad ibn Ḥanbal, il y avait un de ses disciples qui a écrit un livre qu'il a intitulé Le Livre de la divergence, « Kitābu al-iḫtilāf ». Al-Imām Aḥmad, quand il l'a quand il lui a présenté le livre, il a dit à son à son disciple : « Lā, sammihi Kitāb as-sa‘ah. Appelle-le Le Livre de la largesse », car en fait il y a dans la divergence des savants, eh bien beaucoup de largesse car il est permis à chacun de nous de suivre l'avis de celui parmi les savants vers lequel vers lequel son cœur penche. C'est d'ailleurs pour cette raison que le cheikh al-islam Ibrahim al-Bajuri par exemple dit que : « Iḏā ubtuliya aḥadukum bi-ḫilāfin », si un de vous se trouve face à la divergence, à une divergence sur tel ou tel point, « falyuqallid man ajāz », qu'il suive celui parmi les savants qui a autorisé telle ou telle chose en face de laquelle il se trouve. Il y a un savant également qui s'appelait al-Othmani, qui a écrit un livre dont le titre n'est autre que « Raḥmatu al-ummah fī iḫtilāfi al-a'immah », La miséricorde de la communauté que Dieu a mise dans la divergence des savants. Il y a là la preuve, chers frères et sœurs, que quand nous divergeons, nous n'avons pas à nous insulter. Nous n'avons pas à croire, à prendre pour saintes les paroles de tel ou tel savant, car en fait il y a un distinguo fondamental que nous devons faire, distinguo, chers frères et sœurs, entre le texte, qu'il soit prophétique ou coranique, et la compréhension que chacun de nous peut avoir du texte.
La compréhension que moi ou vous pouvons avoir, elle est humaine, et tout ce qui est humain est susceptible d'erreurs. En revanche, le texte en lui-même, lui, il est infaillible. C'est la raison pour laquelle, chers frères et sœurs, lorsque nous arrivons face à une divergence comme celle d'aujourd'hui, celle de la détermination du début du mois de Ramadan, soit par des calculs astronomiques, soit par la vue de l'œil appelée le l'œil nu, comme dit l'expression, eh bien il n'y a pas lieu, chers frères et sœurs, de nous tirer à boulets rouges les uns sur les autres, car c'est une miséricorde, chers frères et sœurs. C'est une miséricorde et c'est aussi une façon pour nous de montrer aux autres que la notion de dialogue, elle est intimement liée à notre foi, elle est intimement liée aux principes mêmes de notre religion. Car voyez-vous, Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, Dieu rapporte un dialogue qu'il a eu avec la pire des créatures qui soit, à savoir Iblis. Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, quand il a vu Iblis s'insubordonner à son ordre, il lui a dit, il lui a demandé pourquoi. Il a demandé à Iblis : « Pourquoi tu ne t'es pas prosterné devant celui que j'ai créé ? » Et Iblis a répondu. Donc il y a là la notion de dialogue qui s'inscrit même dans l'humanité, car au fond, si vous voyez bien, c'est avant même que Adam, ‘alayhi as-salām, ne soit véritablement celui qu'il est devenu par la suite une fois créé, avant même que Dieu lui dise de faire quoi que ce soit, avant même qu'il reçoive l'ordre d'aller siéger et séjourner au paradis, avant même que Dieu lui dise : « Wa iḏ qulnā yā Ādamu uskun anta wa zawjuka al-jannah », avant même que Dieu ne dise à Adam d'aller habiter au paradis, lui et sa femme, eh bien Dieu a a inscrit dans ses gènes la notion de dialogue, car il a demandé aux anges de se prosterner devant Adam, ‘alayhi as-salām, tous. « Wa iḏ qulnā lil-malā'ikati usjudū li-Ādama fasajadū illā Iblīsa abā wastakbar. » Lorsque Dieu a demandé aux anges de se prosterner devant Adam, ‘alayhi as-salām, après bien entendu que Adam, ‘alayhi as-salām, leur ait appris les noms des choses, eh bien Dieu dit : « Ils se sont tous prosternés, à l'exception de Iblis qui, lui, s'est insubordonné », et Dieu lui a demandé : « Pourquoi tu ne t'es pas prosterné devant ce que j'ai créé ? » Et la réponse de Iblis, tout le monde la connaît, a été que : « Je suis mieux que lui, tu m'as créé à partir du feu, et lui à partir de la terre. » Donc c'est, j'ai envie de dire, dans notre ADN que de discuter, que de dialoguer. Et qui dit dialogue, dit forcément opinions différentes. Et opinions différentes ne veut pas forcément dire que nous allons finir par nous mettre d'accord. Non !
On peut rester chacun sur sa divergence, et la tradition prophétique, les traditions prophétiques ou la tradition du Prophète, elle est remplie d'exemples de cette sorte. Les compagnons du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, après Ġazwatu al-Ḫandaq, la guerre des tranchées, ont divergé sur le fait que le Prophète leur ait dit : « Lā yuṣalliyanna aḥadukumu al-‘aṣra illā fī Banī Qurayẓah », « nul parmi vous n'a le droit de faire la prière d'al-‘aṣr en dehors de cette tribu qui vivait à Médine », qui est la tribu des juifs de Banu Qurayza. Les compagnons du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, sur la sur le chemin, ils se sont ils ont divergé, comme c'est dans le hadith qui est dans al-Bukhārī et dans les autres livres de de la sunna du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam. Eh bien, arrivés en milieu de chemin, les compagnons l'heure de la prière d'al-‘aṣr est arrivée, les compagnons ont divergé. Certains ont prié et d'autres n'ont pas prié. Mais devant une fois devant le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, rāwī al-ḥadīṯ, celui qui recueille le hadith dit : « Wa lam yu‘annif aḥadan mina aṭ-ṭarafayn. Il n'a violenté aucun des des deux groupes », excusez-moi. Il n'a dit à aucun des deux groupes qu'il était perdu. Pourquoi, chers frères et sœurs, nous ne pouvons pas diverger tranquillement, étant donné que les deux avis reposent tous les deux sur des bases religieuses solides ?
Venons maintenant à la question même de la notion de détermination de la Lune. Le hadith est dans al-Bukhārī et dans d'autres livres de la sunna du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, ‘an ‘Abdi Llāhi bni ‘Umar, raḍiya Llāhu ‘anhumā wa arḍāhumā. Le hadith est recueilli de Abdoullah ibn Omar, que Dieu soit satisfait de lui et de son père, Omar ibn al-Khattab, raḍiya Llāhu ‘anhu wa arḍāh. Il recueille que le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, a dit : « Ṣūmū li-ru'yatih. Lā taṣūmū ḥattā taraw al-hilāl », kamā huwa fī al-Buḫārī, « Ne jeûnez que si vous voyez la Lune », et en arabe « ḥattā » s'appelle ḥarfu ġāyah wa jarr, « ne jeûnez pas tant que vous n'aurez pas vu la Lune. Wa lā tufṭirū ḥattā tarawh, et ne rompez votre jeûne que quand vous la voyez. » En d'autres termes, ne commencez à jeûner et ne vous arrêtez de jeûner qu'en voyant la Lune. « Fa'in ġumma ‘alaykum », si il vous arrive d'avoir un nuage qui couvre l'horizon, « faqdurū lah ».
Ce c'est ce mot-là, ainsi que les mots constituant le hadith qui est dans al-Bukhārī, ont été à l'origine d'une d'une divergence jurisprudentielle. Parmi les savants, certains ont dit : « Ru'yah, le sens de ru'yah ici veut dire voir bil-‘ayn, bil-‘ayni al-mujarradah, par l'œil nu », en disant le hadith dit : « Lā taṣūmū ḥattā taraw al-hilāl. Ne jeûnez que si vous voyez la Lune. » Donc continuez à manger, à profiter du mois de Sha'ban en mangeant et en buvant jusqu'à ce que vous voyiez la Lune. Sitôt que vous la voyez, vous vous arrêtez de manger et vous vous commencez, vous entrez dans le mois du jeûne. Ce qu'on appelle al-‘aynu al-mujarradah, l'œil nu. Donc l'avis que certains aujourd'hui, ou que beaucoup aujourd'hui soutiennent, est l'avis partagé par beaucoup de savants ainsi que les compagnons du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, pendant une longue période.
Mais d'autres savants disent« Non, ru'yah, ça ne veut pas dire voir. » Ils disent que « ra'ā » fait partie en arabe de ce qu'on appelle « af‘ālu al-‘ilm », les verbes du savoir. Et les verbes du savoir, c'est comme « adraka », qui veut dire comprendre véritablement la chose, donc avoir une connaissance parfaite de la chose, « ‘alima », « faqiha ». Et d'ailleurs, ils disent quand Dieu nous parle dans le Coran de la notion de compréhension, il utilise il utilise à maintes reprises dans le Coran le verbe voir au sens de comprendre. Et d'ailleurs, même le verbe voir en français, on l'utilise de cette façon lorsqu'on dit à quelqu'un : « Est-ce que tu vois ce que je te dis ? » La parole n'est pas visible. En revanche, il s'agit ici de la compréhension de ce que je dis. Je demande à la personne : « Est-ce que tu vois ? » Et c'est la raison pour laquelle d'ailleurs on distingue regarder de voir. Je regarde une personne, je vois une personne, mais je ne regarde pas une idée. En revanche, je la vois. Donc ça a ici le sens de ru'yah, et « ṣūmū li-ru'yatih », jeûnez en comprenant, en connaissant l'apparition de la Lune. C'est ainsi qu'ils ont glosé, qu'ils ont commenté ce hadith. Et d'ailleurs, ils vont beaucoup plus loin.
Ils disent« Lorsque le hadith dit : "Ṣūmū li-ru'yatihi wa afṭirū li-ru'yatih" », ils disent que le hadith qui dit : « Jeûnez en voyant la Lune et rompez en la voyant », ils disent le hadith s'adresse à tout le monde ici, à tous les musulmans. Or, c'est souvent une personne qui la voit et qui vient nous apprendre qu'on a vu la Lune. Il y a donc là la preuve que, au fond, il s'agit pas là de voir au sens de voir avec l'œil nu, mais plutôt de connaître l'arrivée de la Lune. Car combien parmi nous voient véritablement la Lune avant de se mettre à jeûner ? On se dit dans les États où la majorité de la population est musulmane que il y a des instances spécialisées. Par exemple, en Égypte, il y a Dār al-Iftā', la maison de la fatwa d'Égypte qui est chargée depuis des temps immémoriaux d'annoncer le début et la fin du mois de Ramadan. Et c'est la même chose dans beaucoup de pays musulmans dans lesquels il y a des instances obligatoires qui sont chargées d'annoncer le début et la fin de du mois de Ramadan. Donc est-ce que là on peut dire que tout le monde a vu ? Du tout ! Et c'est d'ailleurs le sens que Dieu utilise dans le Coran en parlant du jeûne : « Faman šahida minkumu aš-šahra falyaṣumhu. » Et « šahida » ne veut pas ne signifie pas voir forcément. D'ailleurs, le verbe « šahida » a été utilisé à plusieurs reprises dans le Coran, par exemple dans le verset où Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, nous dit : « Šahida Llāhu annahu lā ilāha illā Hū », Dieu témoigne, et voyez-vous, c'est toujours le verbe « šahida », « Šahida Llāhu annahu lā ilāha illā Hū wal-malā'ikatu wa ulū al-‘ilm. » Est-ce que les les savants et les anges ont vu la divinité ? Non, ils l'ont su, ils l'ont comprise à travers, comme l'a dit Abu al-'Atahiya :
Fayā ‘ajaban kayfa yu‘ṣā al-Ilāhu
am kayfa yajḥaduhu al-jāḥid
Wa lahu fī kulli šay'in ‘alāmah
tadullu ‘alā annahu al-Wāḥid
L'existence d'Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, est justifiée par nos personnes : « Sanurīhim āyātinā fī al-āfāqi wa fī anfusihim », notre existence ainsi que tout ce qui nous entoure eh bien prouvent l'existence d'Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, de Dieu, le Très-Haut. Il y a donc là la preuve, pour les savants qui vont vers cette idée, que ce qui est demandé à travers le hadith, c'est pas voir avec l'œil seulement, mais que c'est beaucoup plus large, c'est connaître. Et c'est la raison pour laquelle ceux-ci disent : « Partant de là, eh bien la détermination de la Lune peut se faire soit par al-‘aynu al-mujarradah, l'œil nu, soit par al-‘aynu al-musallaḥah, l'œil armé. » Et c'est quoi l'œil armé pour eux ? C'est l'œil qui est par exemple armé aujourd'hui d'un télescope ou d'une jumelle, ou de je ne sais quel autre moyen pouvant nous permettre de voir, comment dire ? la Lune. Et d'ailleurs, dans certaines régions de du monde musulman, le le verbe « faqdurū lah » qui se trouve dans le hadith que nous avons cité tout à l'heure, eh bien ils se sont dit : « "Faqdurū lah", nous allons dire nous allons construire une espèce de petite de petits objets carrés ou comment dire ? ou plutôt rectangulaires qui ou plutôt circulaires qui nous permettra à un endroit élevé de guetter l'apparition de la Lune. » Donc pour eux, « faqdurū lah », c'est ce que cela signifierait, c'est-à-dire l'observer, même si d'autres savants ont dit : « "Faqdurū lah", c'est bien entendu de ne pas jeûner yawmu aš-šakk », c'est-à-dire et comme c'est l'avis d'ailleurs de al-Ḥanābilah, c'est-à-dire de jeûner, pardon, le 30e jour du mois de Sha'ban dès lors qu'il y a des nuages en s'appuyant sur le sur le comportement que Abdoullah ibn Omar, celui qui recueille le hadith, avait lorsqu'il y avait des nuages qui l'empêchaient de voir l'horizon. Donc lorsqu'il ne pouvait pas savoir exactement ce que veut dire ce que enfin si la Lune a été vue ou pas, eh bien et c'est l'avis partagé par les ḥanbalites, c'est que eh bien au 30e jour du mois de Sha'ban, il y a pas pour eux de 30e jour du mois de Sha'ban lorsque cette situation-là se présente, c'est qu'on jeûne « iḥtiyāṭan », par précaution, car le verbe « faqdurū lah » signifie ici réduire. Et il en va de même également pour le 30e jour du mois de Ramadan si ils se trouvent dans cette situation. Également, vous comprenez que ils en déduisent exactement de la même façon, ce qui veut dire encore une fois que eux, ils se sont appuyés sur un avis qui est également respectable.
Donc on se trouve ici face à quelque chose qui permet, qui laisse la possibilité de diverger. Donc « faqdurū lah », certains ont dit : « Bil-ḥisāb », c'est-à-dire que l'on peut compter, on peut faire des calculs. Et c'est l'avis partagé par beaucoup de savants dont par exemple Mutarrif ibn Abdillah ibn ash-Shikhkhir, qui est un tābi‘ī d'après les propos que lui attribue Ibn Surayj, même si Ibn 'Abd al-Barr al-Maliki dit que ces propos-là ne sont pas de Mutarrif, mais Mutarrif, il est dit de lui, il est recueilli de lui qu'il a dit que l'on pouvait s'appuyer sur al-ḥisāb. Kaḏālika Ibn Surayj ash-Shafi'i, Ibn Surayj dit également que l'on peut s'appuyer sur les calculs astronomiques en s'appuyant sur le hadith dont nous venons de parler, « faqdurū lah », en disant qu'il s'agit là de compter bien entendu le nombre de de de de jours et ensuite deviner, ou fixer plutôt, l'apparition du mois de Ramadan selon les calculs astronomiques. Et certains ont été même beaucoup plus loin comme certains hanafites qui ont dit que l'on pouvait s'appuyer sur les propos des astrologues, c'est-à-dire en d'autres termes que l'on pouvait s'appuyer sur les propos d'astrologues. Et aujourd'hui, nous sommes en 2013, il s'agit pas d'astrologie mais plutôt d'astronomie, quelque chose d'on ne peut plus certain, quelque chose d'on ne peut plus infaillible. On prévoit, et nous le voyons tous, des éclipses lunaires ou solaires plusieurs années à l'avance, parce que l'on sait que justement la Lune et le Soleil, comme Dieu dit dans le Coran : « Aš-šamsu wal-qamaru bi-ḥusbān », obéissent à des règles précises qu'Allah, subḥānahu wa ta‘ālā, a fixées.
Alors pourquoi, chers frères, pourquoi, chères sœurs, nous ne pourrions pas en 2013 s'appuyer sur cet avis qui est donc, si nous avons bien compris tout ce qu'on a dit jusqu'à là, un avis s'appuyant sur la sunna du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, parce qu'il s'appuie sur des hadiths du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, parce qu'il s'appuie sur la compréhension des savants du hadith du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, et que ça a été un avis partagé par plusieurs savants, aussi bien anciens que contemporains ? Cela fait donc partie de la sunna. Donc chers frères et sœurs, pour éviter que l'on soit la risée des autres, nous sommes en 2013, nous avons conquis des galaxies, nous avons été sur la Lune il y a de cela une cinquantaine d'années. Chers frères et sœurs, est-ce que vous pensez sincèrement que c'est faire honneur à notre communauté que de continuer à nous déchirer sur des questions de divergence ? Est-ce que c'est faire honneur à notre communauté que de nous tirer dans les pattes exactement comme si on était des bambins qui ne savaient pas dans quelle direction ils allaient mais qui gambadaient ? Sincèrement, ce n'est pas mon avis et je pense que personne parmi nous n'a envie de revivre ce que nous avons vécu ces derniers jours.
Or, il y a une solution, chers frères et sœurs. On dit en uṣūl que ce qui est certain ne peut pas être détruit par ce qui est incertain. Or, on sait très bien que les calculs astronomiques relèvent de al-yaqīn, de la certitude. La vue de l'humain que nous sommes, celle-ci, elle est sujette elle est elle est sujette à caution, elle est sujette à à à débat. Donc ce qui est sûr ne va pas être laissé au profit de ce qui est incertain. D'autant plus qu'aujourd'hui nous sommes le 10, eh bien il nous est rapporté de Météo-France que la Lune était bien visible, ou qu'il était possible de la voir en tout cas pour que la formule soit claire, le lundi, ce qui témoigne du fait, chers frères et sœurs, que le jeûne du mardi était possible. Wa ‘alā kulli ḥāl, à supposer que Météo-France n'ait pas dit cela, mais, frères et sœurs, nous sommes face à une situation qui bien entendu mérite que nous nous penchions de nouveau sur l'évolution de la vie, car ce n'est pas faire preuve d'obéissance au Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, que de vivre en marge de son temps.
Le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, nous a appris par exemple que eh bien on devait vivre avec son temps. Lorsqu'il est arrivé à Médine et qu'une femme lui a proposé de de faire, de lui faire un minbar parce qu'elle avait un enfant qui était menuisier, le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, qui jusque-là parlait aux gens à travers ses sermons à partir d'un tronc de palmier, eh bien il n'a pas dit : « C'est pas moi qui ai fait », mais le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, est parti faire son sermon sur son sur cette ce ce ce comment dire ? sur cette estrade qui lui a été confectionnée par cette l'enfant de cette femme. Lorsqu'il lui a été proposé de signer ses courriers comme le faisaient les les dignitaires des autres pays et autres religions, eh bien le Prophète a demandé que a accepté qu'on lui fasse une bague par laquelle, eh bien il signait ses courriers. Donc nous voyons que le Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, a vécu avec l'évolution de son temps. Tout le monde sait par exemple qu'à La Mecque les gens n'avaient pas les compagnons n'avaient pas l'habitude de manger du pain tamisé. D'ailleurs, la farine n'était pas tamisée parce qu'ils en avaient pas les moyens, mais une fois à Médine, ils ont découvert que les Médinois eh bien tamisaient la farine avant de faire du pain avec, et ils s'y sont pliés. Et les exemples sont légion de ce point de vue.
Donc là, nous sommes en 2013, en faisant les calculs, nous sortons de tous les problèmes, et surtout que ce n'est pas cesser de suivre la sunna du Prophète, c'est suivre la sunna du Prophète, ṣallā Llāhu ‘alayhi wa sallam, car l'islam nous demande de toujours chercher à suivre ce qui est sûr. Or, on sait très bien aujourd'hui que les calculs mathématiques sont beaucoup plus astronomiques sont beaucoup plus sûrs que la vue de la Lune. Ja‘alanā Llāhu wa iyyākum mina allaḏīna yastami‘ūna al-qawla fayattabi‘ūna aḥsanah. Wa ṣalli Allāhumma wa sallim wa bārik ‘alā sayyidinā Muḥammadin wa ‘alā ālihi wa ṣaḥbihi, wal-ḥamdu lillāhi Rabbi al-‘ālamīn, wa jazākumu Llāhu ḫayra al-jazā', was-salāmu ‘alaykum wa raḥmatu Llāhi ta‘ālā wa barakātuh.