Sur OummaTV.TV, la chronique « Le coup de gueule de Mourad » revient avec humour sur certaines perceptions caricaturales du musulman.
Oumma TVIslamophobie & Discriminations6:12
2 novembre 2008 à 21 h 59
Sur OummaTV.TV, la chronique « Le coup de gueule de Mourad » revient avec humour sur certaines perceptions caricaturales du musulman.
Transcription intégrale de la vidéo
Il n'a jamais travaillé en usine ?
Non, jamais dans l'usine.
Jamais ?
Oui, ben l'usine n'est pas n'est pas en Afrique.
Il n'y a pas d'usine en Afrique ?
Il n'y a pas d'usine en Afrique.
Tu cultivais la terre là-bas ? Tu étais cultivateur là-bas ?
Oui, cultivateur en Afrique.
Oui ?
Oui.
Tu retiens le numéro 487 ?
487.
487.
Dis-le.
487.
487.
As compris ?
Oui.
Alors, moi, demander à toi Toro, toi tu dis, « Bouleau Beaucaire »,
Oui.
« numéro 487 ».
Oui.
Bonjour. Aujourd'hui le sujet sera : la trilogie du musulman entre vérité et fiction. Pourquoi vérité et fiction ? Puisque lorsqu'on vient à l'origine des musulmans sur le territoire, sont issus de notre génération, c'est-à-dire nos parents qui étaient venus sur le territoire français des anciennes colonies qui n'ont pas eu la chance justement, dans l'égalité de traitement, de pouvoir avoir accès aux établissements scolaires et de pouvoir enfin se construire, et n'ont pas représenté que cette classe populaire qu'elle a pu représenter au départ.
Alors nos parents, pourquoi cette tenue ? Vous allez me dire : c'est étrange, qu'est-ce que c'est cette tenue ? C'est un petit peu pour être en harmonie avec nos parents qui étaient dans les travaux publics ou dans le bâtiment, qui étaient à 90 voire 95 % une classe prolétaire et une classe d'ouvriers.
Et nous, nous Français étant nés sur la métropole, nous avons eu, nous, la chance, au contraire, d'avoir accès à l'éducation, accès à l'école, au même titre que les autres Français. Et c'est pour cela qu'ensuite il y a eu un bouleversement social, et heureusement, et où on a retrouvé le triptyque qui était qui est les classes bourgeoises, les classes moyennes et les classes populaires. Alors, pour changer un petit peu, donc là c'était la vérité, et passer justement à la fiction, j'enlève la tenue de nos parents pour prendre celle qui nous a été affichée dans les années 90.
Alors les années 90, au vu des journalistes et des politiques, ils ont pu penser que, avec un esprit Cosette ou un esprit un peu américain, en se disant voilà, l'émancipation de ces populations-là va passer dans le triptyque champion, chanteur ou voleur. Et là c'est la mode, justement, du sportif et de la caricature. En gros, s'il n'est pas délinquant ou voyou, eh ben sa réponse ça va être un chanteur ou un champion. Et là on voit le nombre de manifestations où on appelle les champions des des médaillés olympiques ou autres, comme s'ils avaient été élus démocratiquement et devenaient être le porte-parole des musulmans et en essayant de dire que c'est le sport qui les a sauvés, comme si, à la rigueur, un Djamel Bouras ou un Larbi Benboudaoud ou d'autres, s'ils n'avaient pas été champions ils auraient peut-être aussi été cadres, peut-être chefs d'entreprise ou tout simplement ouvriers, mais pas forcément délinquants.
Et là, jusqu'à encore aujourd'hui, on a toujours un peu cette image monolithique, à croire que cette population, qui est plurielle, on la traite au singulier. Parce que c'est tellement plus facile de lui donner une seule image. Alors, en 2008, oui en 2008, c'est fini. C'est fini tout cela. Nous avons d'autres personnalités. Et là j'enlève les années 90 et je vais passer aux années 2008.
Quelles idées reçues circulent sur les Maghrébins ?
Ah lui, depuis les croisades, il est fanatique, il est dangereux, il est fourbe. D'ailleurs, il est fourbe parce qu'il est menteur. Il est menteur. Il ne peut être que menteur parce qu'il nous mentira à nous, puisque lui, quelque part, a voulu un moment nous conquérir et être supérieur à nous.
Et oui, en effet. Le musulman et être musulman ne veut pas dire forcément de ne pas pouvoir mettre un costume. Et en effet, tous les jours, vous le voyez à travers quoi ? Les enseignants, les hauts fonctionnaires, les diplomates, les commissaires de police, des magistrats, des chefs d'entreprise, des professions libérales, des médecins, des cadres, des chefs d'entreprise, enfin la liste est longue. Ouvrez les yeux, vous le voyez tous les jours. C'est fini les années 70.
Mais en revanche, que les médias retiennent, puisque alors, ou c'est le fait que nous avons le personnel des journalistes qui est tellement ancien qu'ils sont restés avec les images des années 70, mais aussi ou alors c'est peut-être essayer de faire un peu du Cosette, essayer de de vendre, de se dire voilà : nous montrons que, essentiellement, des gens qui vivent dans les quartiers populaires. Je ne dis pas qu'il ne faut pas montrer les gens de quartiers populaires, mais on ne doit pas montrer que les quartiers populaires, et qu'une vision monolithique des musulmans n'est pas bonne. Les musulmans sont pluriels, ils sont à la représentation de la France, c'est-à-dire des classes bourgeoises, des classes moyennes et des classes populaires, et qu'on n'a pas le droit aujourd'hui de se priver de gens de talent, des chercheurs, des théologiens pour nous inviter des ex-champions ou des ex-chanteurs ou alors des ex-taulards pour nous parler de l'islam sur les plateaux.
Alors, madame Chabot, monsieur Calvi, tous les gens de notre service public payé avec nos impôts, prenez-nous des gens de qualité ! Arrêtez de nous prendre ces gens qui ne représentent pas l'islam français, l'islam de France ou l'islam en France. Alors, changez le personnel. Si vous n'avez pas les noms, Oumma.com vous les donnera.
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