L'Esprit d'actu reçoit François Asselineau, Président fondateur de l'Union Populaire Républicaine. Plusieurs sujets ont été abordés dont la crise de l'euro, la stigmatisation des musulmans, la politique étrangère de la France etc...
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7 avril 2013 à 12 h 00
L'Esprit d'actu reçoit François Asselineau, Président fondateur de l'Union Populaire Républicaine. Plusieurs sujets ont été abordés dont la crise de l'euro, la stigmatisation des musulmans, la politique étrangère de la France etc...
Saïd Branine : Bienvenue dans L'esprit d'actu. Je reçois aujourd'hui François Asselineau, président-fondateur de l'Union populaire républicaine. Alors bonjour, François Asselineau.
François Asselineau : Bonjour.
Saïd Branine : On ne vous présente plus, vous êtes diplômé d'HEC, vice-major de l'ENA. Vous avez également occupé différentes fonctions dans les cabinets ministériels. Donc, vous avez créé l'Union populaire républicaine. Pourquoi avoir créé ce parti politique ?
François Asselineau : Alors c'est une bonne question parce que certains vont dire, mais pourquoi créer un parti politique ? Il y en a déjà beaucoup.
Je l'ai créé le 25 mars 2007, le jour du 50e anniversaire du traité de Rome du 25 mars 1957 qui créait le marché commun, la Communauté économique européenne et qui a fait entrer la France dans la construction européenne.
Si j'ai créé ce mouvement politique ce jour-là, c'est pour appeler tous les Français, quelles que soient leurs origines, leurs convictions politiques de droite, de gauche, du centre, etc., leurs convictions religieuses ou autres, à se rassembler pour faire sortir la France justement de cette construction.
Donc c'est un mouvement politique qui dès le début, d'emblée, d'origine, est fondé sur le refus de l'ambiguïté.
C'est, à la différence de tous les autres mouvements politiques.
Pourquoi j'ai créé ça ? Parce qu'en France, aucun parti politique n'est contre le principe de la construction européenne. Ils sont Ils disent tous que c'est formidable, que c'est très bien.
Chacun a sa vision.
À l'extrême droite, on dit une Europe des patries, une Europe des nations. À l'UMP, on dit on veut une Europe qui marche. Chez les Verts, on dit on veut une Europe écolo. Chez les socialistes, on veut une Europe sociale. Et à l'extrême gauche, Madame Laguiller par exemple, ou maintenant Monsieur Besancenot, Monsieur Poutou, parlent d'une Europe des travailleurs. Ils ne sont déjà même pas d'accord entre eux sur l'Europe qu'ils voudraient avoir et ils prétendent que les 26 autres, bientôt 27 autres États de l'Union européenne seront d'accord chacun avec leur projet.
Je montre d'ailleurs dans une conférence à quel point c'est mathématiquement absolument impossible de changer le projet européen puisque, justement, il y a 27, bientôt 28 États qui chacun ont leur vision des choses.
Alors ce qui n'est pas normal dans une démocratie, c'est que une idée comme la construction européenne, qui est une idée politique comme une autre, fasse l'objet d'un tel consensus général.
Donc ce pourquoi j'ai créé ce mouvement politique, c'est d'abord pour expliquer à mes compatriotes que c'est une idée politique qui, d'ailleurs, date du XIXe siècle, le fameux discours de Victor Hugo sur les États-Unis d'Europe. Si vous reprenez ce discours, vous vous apercevez que c'est un discours assez scandaleux. Il faut le relire en intégralité, le discours de Victor Hugo, puisqu'il est question, en fait, d'une alliance des peuples blancs pour, je le cite, "rendre l'Asie à la civilisation et rendre l'Afrique à l'homme", comme si l'Afrique était peuplée de sous-hommes et comme si l'Asie était un pays de barbarie. Donc dès l'origine, l'idée même de construire une Europe continent, c'est une idée qui vise à dominer le monde.
Donc la première chose de la l'une des grandes spécificités de notre mouvement politique, c'est d'expliquer aux Français que, en réalité, cette construction qu'on leur présente comme une ouverture, comme quelque chose qui apporte la paix, non. En réalité, ça s'inscrit dans une vision de choc des civilisations, c'est en fait une espèce d'apartheid planétaire.
Saïd Branine : Justement, par rapport justement ce qui est très intéressant, c'est que vous affirmez que, au sujet de la construction européenne, ce n'est pas une invention française, vous vous affirmez que c'est une manœuvre géopolitique des États-Unis.
François Asselineau : Voilà, c'est une des deuxièmes, c'est la deuxième particularité de notre mouvement. On en a d'autres, hein. La deuxième particularité, c'est que on fait croire aux Français dans les écoles, du berceau à la tombe, on leur dit c'est une formidable idée qu'a eue Robert Schuman et Jean Monnet. On le sait de source sûre, il y a des quantités d'informations qui sont d'ailleurs non discutées, non remises en question par tous les historiens, on sait que ce sont les États-Unis d'Amérique qui ont eu l'idée de la construction européenne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et qui l'ont constamment soutenue, qui la soutiennent encore.
Vous avez peut-être vu que, par exemple, au Royaume-Uni, Monsieur Cameron, le Premier ministre, envisage de faire un référendum sur la sortie de l'Union européenne du Royaume-Uni parce qu'il y a beaucoup de Britanniques qui veulent en sortir, et le président Obama est intervenu, a dit, "Non, il faut pas".
C'est Monsieur Clinton qui est allé en Turquie, qui a dit, "Il faut que la Turquie entre dans l'Union européenne".
C'est Monsieur Bush qui était allé à l'université de Varsovie, qui a dit, "Il faut que tous les pays de l'Est européen entrent dans l'OTAN et dans l'Union européenne".
Saïd Branine : Pourquoi ? C'est pour la rendre ingérable ? Comme une tour de Babel ?
François Asselineau : Alors, premièrement, c'est ce que j'explique dans mes conférences, c'est pour rendre cette affaire ingérable. Plus vous avez d'États et plus ça tire à hue et à dia, donc il ne se passe rien, et donc il faut qu'il y ait une structure par-derrière, c'est l'oligarchie financière euro-atlantiste, c'est Washington qui tire les ficelles en sous-main. Je n'invente rien, c'est exactement le diagnostic qu'avait établi Charles de Gaulle dans sa conférence de presse du 15 mai 1962, ce qui témoigne d'ailleurs à l'époque la preuve que c'était quand même un grand un grand stratège, c'est que à l'époque ça n'était encore que l'Europe des Six, et il n'y avait notamment pas le Royaume-Uni. Donc en réalité, les États-Unis ont depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale promu cette construction. On sait par des documents déclassifiés de l'administration américaine qui ont été déclassifiés à l'été 2000 que, par exemple, c'est dès les années 60, les Américains qui ont poussé à la création d'une monnaie commune européenne. On a vu d'ailleurs ces mois au cours des derniers mois à quel point Monsieur par exemple Timothy Geithner, qui était le le secrétaire aux Finances du gouvernement américain, est intervenu, s'est rendu en Pologne pour exiger des pays de la zone euro qu'ils fassent tout pour sauver l'euro. Pourquoi ? Parce que les États-Unis ont compris que, en assemblant des États aussi différents dans une en en les sommant de faire de se mettre d'accord sur tous les sujets, en fait, on n'aboutit qu'à des blocages. Il n'y a que ça. Tous les gens qui connaissent les questions européennes, ça se voit à l'œil nu, c'est constamment des blocages et donc c'est, en réalité, la puissance avec ses lobbies à Bruxelles qui va influer sur le tout. Donc ça, c'était également notre deuxième spécificité. L'UPR va au fond des choses.
Tous les autres mouvements politiques critiquent l'Europe, même l'UMP, même le Parti socialiste, ils sont tous tous tous à critiquer.
Mais aucun des mouvements politiques n'explique, premièrement, que ce sont les États-Unis qui sont derrière. Deuxièmement, qu'il s'agit en fait d'une vision racialiste de l'univers. Pourquoi est-ce que les Français, par exemple, je suis d'ailleurs ravi de m'exprimer chez vous parce que vos auditeurs seront, à mon avis, tout à fait d'accord avec moi. Pourquoi la France devrait-elle fusionner avec la Lettonie, l'Estonie, les pays Baltes ou la Slovaquie ? Je n'ai rien contre ces peuples, mais on n'a pas de lien, pas de lien avec eux particulier. Pourquoi est-ce qu'on devrait partager la même monnaie, la même diplomatie, la même politique budgétaire, la même politique économique industrielle, etc., pourquoi avec eux et plutôt qu'avec des pays qui nous sont infiniment plus proches comme la Tunisie, l'Algérie, le Maroc, le Sénégal, Haïti, Madagascar, la Côte d'Ivoire, etc., ou le Québec, la Suisse, enfin les pays de la francophonie ? Pourquoi ? Il n'y a aucune raison. Comment dirais-je, à l'époque où nous sommes, avec l'immédiateté des des communications, avec le très grand nombre de Français qui sont justement originaires des pays de la francophonie, il n'y a aucune raison que nous privilégions des pays dont tout nous sépare plutôt que ça. Donc ça veut dire qu'il y a une Quand on ne comprend pas quelque chose, c'est qu'il y a une raison derrière qui se cache, hein. Donc nous, nous l'expliquons, c'est en fait une une vassalisation du continent européen par les États-Unis d'Amérique. Et j'observe que nous sommes les seuls à le dire. C'est d'ailleurs peut-être l'une des raisons pour lesquelles nous ne passons pas dans les grands médias.
Saïd Branine : Alors, par rapport à l'euro, vous, pour vous, l'euro est voué à l'échec, tôt ou tard, il explosera.
François Asselineau : Alors ça, je l'explique là aussi depuis la création de ce mouvement politique. D'une façon empirique, hein, toutes les monnaies plurinationales de l'histoire ont toujours fini par exploser, toutes, toutes, toutes. Le sesterce de l'Empire romain, le dirham du califat omeyyade, le le le réal de l'Empire colonial espagnol, et pour parler de choses beaucoup plus récentes, le kurus de l'Empire ottoman, la la la couronne de l'Empire austro-hongrois, le rouble de l'Union soviétique, le dinar yougoslave, la couronne tchécoslovaque, enfin je pourrais vous en parler comme ça pendant pendant pendant pendant 2 heures, j'en ai d'ailleurs fait une conférence. Donc, il y a une raison à cela que j'explique dans mes conférences. En matière monétaire, une monnaie, c'est en fait un peuple, c'est une économie. Nous avons une monnaie commune entre des peuples différents, il y a 17 peuples différents, 17 économies différentes. Or, une monnaie impose que vous ayez un sentiment naturel de solidarité entre ceux qui l'utilisent, et impose aussi d'avoir des schémas de tissu industriel et des schémas sociaux qui soient comparables. En d'autres termes, et pour parler en en langage d'homme de la rue, l'euro impose aux Français, aux Chypriotes, aux Grecs et aux Italiens d'avoir les mêmes comportements sociaux, d'avoir le même tissu industriel que l'Allemagne parce qu'il faut qu'on ait la même évolution de la compétitivité. Ça n'est pas possible. Ça n'est pas possible, on ne peut pas transformer les Chypriotes, les Grecs, les Italiens ou les Portugais en Allemands. Voilà. Et c'est pour ça que ça ne marche pas, c'est pour ça que ça finira par exploser. Et comme je vous l'ai dit tout à l'heure, les Américains qui sont derrière veulent absolument pas que ça explose parce qu'ils savent que si l'euro explose, c'est tout l'édifice de domination géopolitique qu'ils ont établi après la Seconde Guerre mondiale qui va qui risque de de dégringoler, c'est l'Union européenne qui se délitera. Donc, on force les peuples d'Europe, sans leur demander leur avis d'ailleurs, à mettre à fonds perdus de l'argent pour subvenir à ça. Par exemple, l'affaire chypriote va coûter quelques milliards d'euros aux Français sans qu'on leur ait jamais demandé leur avis d'ailleurs, pareil pour la Grèce, tout ça pour maintenir en survie artificielle une monnaie qui est vouée à l'explosion.
Saïd Branine : Vous venez d'évoquer la crise financière chypriote. Alors, il y a eu un plan de sauvetage européen. Vous affirmez vous affirmez clairement qu'un des volets de ce plan de sauvetage européen consiste à un véritable racket des comptes bancaires des particuliers à Chypre.
François Asselineau : Bah, c'est le cas. C'est exactement ce qui s'est passé. On avait il y a eu des débats, c'est d'ailleurs la solution à la fois du Fonds monétaire international et de l'Allemagne qui a été imposée aux autorités chypriotes. Je rappelle d'ailleurs un un point au passage : Chypre comme la Grèce étaient des pays qui se portaient très bien jusque il y a encore une quinzaine d'années. Ils ne demandaient rien à personne. Ils étaient heureux. Depuis qu'ils sont entrés dans l'euro, c'est la catastrophe. C'est pareil d'ailleurs pour partout. Donc avant même que d'entrer dans des débats techniques, parce que je sais que parfois les gens ça les lasse, ils ne comprennent pas très bien, il faut prendre de la hauteur de vue. Est-ce que la France se portait mieux ou moins bien avant d'entrer dans l'euro ? Elle se portait beaucoup mieux. Pareil pour la Grèce, pareil pour Chypre. Alors, comme Chypre c'est c'est effectivement compte tenu des des problèmes du secteur bancaire chypriote, il y a eu des réunions qui se sont tenues à Bruxelles et donc on a sorti d'un chapeau, le Fonds monétaire international et et la et la BCE et l'Allemagne ont imposé, ont voulu racketter les dépôts des grands déposants dans quelques banques. À ce moment-là, le président Anastasiadès, qui est le président chypriote qui est soutenu par la un parti conservateur qui est un peu le représentant des des classes riches et dirigeantes de Chypre, il a succédé à son son opposant qui était du Parti communiste chypriote, lui, il a dit, "Attendez, je ne peux pas ponctionner uniquement les riches, donc je vais imposer ça à tout le monde". Donc ça a été le premier plan qui a été annoncé, on allait piquer de l'argent à tout le monde, y compris aux petits déposants. Ça a fait 1, ça a mis l'île de Chypre dans une quasi-insurrection, et 2, ça a fait comprendre à tous les petits déposants dans toute l'Europe que ils risquaient eux-mêmes de se faire plumer, c'était d'ailleurs contraire à une directive européenne qui avait dit qu'on ne touchait pas aux dépôts de moins de 100 000 euros. Alors, vous avez suivi les rebondissements, finalement il a été décidé donc de taxer, enfin de piquer l'argent, disons les choses clairement, uniquement aux grands aux gros déposants, notamment sur deux banques qui est la Bank of Cyprus, la banque de Chypre, une banque commerciale privée, où maintenant on a annoncé on va vous piquer 40 %, maintenant on parle plutôt de 60 %, et puis l'autre qui s'appelle la banque Laïki, la banque du travail, où là on laisse entendre la banque est est mise en liquidation, à mon avis les gens vont tout perdre. Alors qui les gens ? Bah les grandes fortunes chypriotes, mais aussi des gens qui avaient mis un peu d'argent de côté, puis aussi des Russes, parce qu'il y avait pas mal de Russes qui avaient déposé de l'argent. Alors, ça veut dire que derrière cette affaire se cache aussi des affaires géopolitiques, c'est aussi une attaque contre la Russie qui se produit avec cette affaire. Le résultat de tout ça, c'est que comme le secteur financier à Chypre représente environ 70 % de l'économie chypriote, bah tout le monde retire ses billes de Chypre. Les banquiers anticipent un effondrement du PIB de Chypre de 20 % et il faut prendre en considération ce qu'a déclaré récemment le le primat de l'Église chypriote, Monseigneur Chrysostome II. C'est un homme c'est le le l'archevêque orthodoxe de l'Église orthodoxe de Chypre, c'est c'est un homme qui a beaucoup d'influence à à à Chypre. D'ailleurs, son anté-prédécesseur, Monseigneur Makarios III était non seulement le primat de l'Église chypriote mais également le président de la République de Chypre pendant longtemps. Donc cet homme qui a beaucoup beaucoup d'influence à Chypre a dit, il y a quelques jours, qu'il fallait que Chypre sorte de l'Union européenne. Nous en sommes là, à l'évidence de plus en plus et dans la plupart des pays, on le voit on le voit à Chypre, on le voit au Royaume-Uni, on le voit également dans les pays d'Europe du Nord, de plus en plus de de mouvements se manifestent pour sortir de l'euro ou de l'Union européenne.
Saïd Branine : Alors, vous proposez de sortir de l'Union européenne, mais vous proposez également de sortir de l'OTAN, donc cette cette institution militaire
François Asselineau : Alors effectivement, l'OTAN a été créé en 1949 pour lutter contre la menace soviétique, mais il faut réétablir la chronologie des événements, le pacte de Varsovie a été créé postérieurement à l'OTAN. Quoi qu'il en soit, je partage votre sentiment, c'est vrai que du temps des années 50, 60, 70, il y avait objectivement une menace soviétique qui pesait sur les pays occidentaux, bon, mais maintenant cette menace n'existe plus. Normalement, puisque le camp socialiste s'est dissous, normalement, il n'y a aucune raison de maintenir cette cette structure. C'est d'ailleurs ce qu'avait dit De Gaulle en aparté à Alain Peyrefitte, c'est rapporté dans le livre d'Alain Peyrefitte qui s'appelle C'était de Gaulle. Or, pas du tout.
Les Américains, au moment de l'effondrement de l'Union soviétique, en ont profité, je le rappelais tout à l'heure, pour faire entrer les pays d'Europe de l'Est dans l'OTAN et transformer cette structure en une espèce de structure de qui fait des qui mène des guerres néocoloniales. On le voit notamment au Moyen-Orient. Bah, il y a des forces de l'OTAN en Afghanistan. L'OTAN, je rappelle, ça veut dire Organisation du traité de l'Atlantique Nord. Bah excusez-moi, mais l'Afghanistan n'est pas au bord de l'Atlantique Nord. Bon, ça veut donc dire qu'il y a un petit problème. Ça ne correspond plus du tout au concept d'origine. C'est désormais devenu une espèce de système de police internationale du monde blanc qui qui veut imposer sa loi au reste du monde.
Alors c'est pour ça que nous sommes très cohérents et très logiques. Il y a un article dans les traités européens, l'article 42 du traité sur l'Union européenne pour être précis, qui subordonne la défense de l'Union européenne à l'OTAN parce que la très grande majorité des États membres de l'Union européenne sont dans l'OTAN. Si la Turquie va entrer dans l'OTAN, c'est parce que les États-Unis l'exigent, parce que la Turquie c'est le flanc sud de l'OTAN qui encercle la Russie d'un côté et qui surveille le Moyen-Orient de l'autre. Les États-Unis veulent que l'Union européenne soit la face civile d'une médaille dont la face militaire et l'OTAN. Donc nous, nous sommes logiques. Il n'y a que deux logiques. Soit on est dans l'Union européenne et donc il faut être dans l'OTAN, c'est d'ailleurs la conclusion à laquelle étaient parvenus Chirac puis Sarkozy et que ne remet pas en cause Hollande, c'est-à-dire qu'on ne peut pas vouloir une chose et son contraire, l'Union européenne on dit on est allié avec des pays qui sont dans l'OTAN donc on est dans l'OTAN, ça c'est la première logique, qui est une logique de choc des civilisations, qui nous entraîne vers des guerres de plus en plus graves et un choc frontal avec les pays du monde arabo-musulman, avec la Chine, avec le monde orthodoxe, etc., et puis il y a une deuxième vision qui est la nôtre, celle que nous sommes les seuls à défendre, c'est que nous devons sortir de l'Union européenne et de l'OTAN pour refaire de la France ce qu'elle est ce qu'elle a toujours été dans ses grands les grands moments de son histoire, c'est-à-dire un peuple qui est le porte-parole de la libération des peuples et des nations. Je dis pas qu'on l'a toujours été. La France, elle a eu des hauts et des bas dans son histoire, mais elle a eu aussi des hauts. Et nous, nous insistons sur les moments glorieux de notre histoire nationale. La France d'ailleurs, elle est attendue dans le monde. Moi j'ai des amis au Moyen-Orient, en Amérique latine, en Chine, en Russie, et quand je parle avec ces ces amis, les gens me disent souvent, "Mais qu'est-ce que vous êtes devenus ? Où est cette France du temps de De Gaulle que l'on aimait tant parce que vous expliquiez, vous disiez en fait aux Américains leurs faits". D'ailleurs De Gaulle disait, "Les Américains, il faut leur parler, il faut en les regardant droit dans les yeux, ils finissent par s'y faire". Voilà. Le monde la France manque actuellement au monde comme point de comment dirais-je comme comme pays d'équilibre, comme qui permet dans l'équilibre des nations d'apporter au monde un autre discours que l'impérialisme américain.
Saïd Branine : Vous parliez tout à l'heure du choc des civilisations. Vous, vous expliquez la stigmatisation des musulmans de France dans un projet, je cite, qui est mûrement médité, qui est celui de la théorie du choc des civilisations promue par l'oligarchie européiste et atlantiste.
François Asselineau : Oui, et c'est un ouvrage qui a été publié il y a quelques années par un homme qui, d'ailleurs, est mort depuis, qui s'appelait Samuel Huntington. Le titre en anglais c'était The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order, ce qui veut dire Le choc des civilisations et le le reformatage de l'ordre mondial.
Donc, c'est une pensée d'origine anglo-saxonne extrêmement schématique qui divise le monde en quelques grandes le le monde en quelques grandes zones culturelles, en réalité religieuses, qui veut faire croire par exemple que tous les musulmans penseraient la même chose depuis le Sénégal jusqu'à à la Papouasie la partie indonésienne de la Papouasie en passant par le Maghreb, le Machrek, la la la l'Arabie saoudite, le monde turcophone, le monde iranien, le monde pakistanais, le Bangladesh, la Malaisie, etc., comme si tout le monde pensait la même chose uniquement par la religion, comme si d'ailleurs la religion musulmane était unique. C'est pas à vous que je vais expliquer qu'il y a l'islam sunnite, chiite, zaïdite, etc. Pareil, ils mettent dans le même sac tous les pays d'Amérique du Sud, ils mettent dans le même sac l'Amérique du Nord et l'Europe, comme si nous, nous étions consubstantiellement identiques aux Américains, comme si les Espagnols étaient plus proches des Américains que des Argentins ou que des
Saïd Branine : Cette lecture elle est elle est également appliquée aux musulmans de France.
François Asselineau : Voilà, alors l'idée c'est de c'est c'est c'est c'est c'est de c'est de réduire le monde à des oppositions de cette nature. Et en France, je suis je je l'ai dit, j'ai été je crois le premier à le à le souligner, c'est que il y a quand même une stigmatisation insidieuse et constante de nos compatriotes d'origine musulmane, de confession musulmane. Je ne dis pas, bien entendu, qu'il n'y a pas des mouvements qui parfois sur lesquels il faut faire attention, c'est vrai, mais moi ce que j'observe et c'est là où j'ai fait un peu j'ai mis les pieds dans le plat lors de la présentation de mon programme présidentiel le 3 décembre 2011, j'avais repris les statistiques
Saïd Branine : Du du rapport européen.
François Asselineau : Du rapport Europol des des polices d'Europe et également de la police française, et j'ai montré qu'au cours des des années 2006-2011, en réalité, il n'y a pas eu d'acte de terrorisme en France. C'est-à-dire plus exactement c'était plus vicieux que ça, on expliquait au moment où il y avait eu des actes terroristes, dans 26 % des cas en France, on avait évoqué une piste islamiste, et après que des études après que des enquêtes avaient été menées par la police, ces 26 % s'étaient réduits à zéro. Voilà. En revanche, les actes terroristes en France qui existent, dans 95 % des cas sur cette période, que je viens de citer, dans 95 % des cas, c'est-à-dire presque tous, c'était en fait des séparatismes régionaux dont d'ailleurs personne ne dit jamais qui les subventionne et les soutient. Et les 5 % restants, c'était des actes mafieux de de du racket, tout simplement organisés par des sociétés par par par la mafia. Voilà la réalité des événements.
Donc j'ai fait ça, ça a effectivement fait un buzz sur la Toile et il y a beaucoup beaucoup de jeunes Français d'origine de première, deuxième, troisième génération, d'origine maghrébine notamment, mais pas seulement, qui ont été très très heureux. J'étais content qu'ils soient heureux, mais je n'ai fait que dire la vérité.
Saïd Branine : Jean-Luc Mélenchon, justement par rapport à cette vérité, vous vous reprochez à Mélenchon d'avoir repris ce rapport mais de l'avoir détourné de son sens.
François Asselineau : Oui, bah écoutez, nous sommes interdits de grands médias, mais ce que je peux vous assurer c'est que sur Twitter ou sur notre site internet, sur notre fan page Facebook, il y a des milliers et des milliers de gens qui viennent, y compris d'ailleurs certains de nos adversaires politiques et beaucoup de médias. Par exemple, au cours des 18 premiers jours du mois de de de cette année, nous avons eu 24 connexions venant du journal Le Monde, mais Le Monde a priori ne nous connaît pas, sauf qu'ils viennent plus d'une fois par jour pour voir ce que nous écrivons. Bon, c'est pareil pour beaucoup de journalistes. Alors, le Front national, le petit plagiaire là Monsieur Philippot, vous savez, le
Saïd Branine : A plagié votre programme économique ?
François Asselineau : Oui, non, il vient. Écoutez, j'ai participé à une à un une espèce de rencontre il y a quelques mois de ça, ça s'appelait le Forum démocratique, c'est sur Internet, donc il y avait 450 personnes, il y avait Monsieur Dupont-Aignan, il y avait Jacques Myard, il y avait Monsieur Nikolic, il y avait moi-même. Bon. Et puis on a vu, on m'a signalé dans la salle, il y avait derrière un pilier, il y avait Monsieur Philippot, vice-président du FN, qui était là à prendre des notes. Voilà où ils en sont réduits. Bon. C'est minable. Bon. Ça témoigne d'ailleurs d'un parti politique qui a, comme vous le savez, la famille Le Pen a la l'habitude du de de de de du détournement de la captation d'héritage, ils ils s'en sont fait une spécialité. Bon. Alors, monsieur le Front national d'un côté, le Front de gauche, ils viennent de temps en temps prendre des des choses chez nous. Alors j'ai vu effectivement Monsieur Mélenchon qui s'était approprié ça, d'ailleurs c'était c'était pas ma propriété non plus, c'était les rapports d'Europol, pourquoi pas. Ce que je reproche en revanche, c'est que Monsieur Mélenchon, par exemple, va dire va prendre ça mais il ne va pas replacer ça dans son contexte. Parce que Monsieur Mélenchon lui, il est pour la construction européenne. Monsieur Mélenchon, évidemment il va vous dire je vais faire une autre Europe à la Saint-Glinglin, mais pratiquement il a appelé les gens à voter oui à à Maastricht, et concrètement, il a appelé les Français à voter pour Monsieur Hollande au deuxième tour de la présidentielle l'année dernière, Monsieur Hollande qui est un qui est un qui est une marionnette de l'oligarchie euro-atlantiste. Donc, et ça c'est très important en politique, ce n'est pas parce que quelqu'un vocifère, critique l'Europe voilà comme Madame Le Pen, Monsieur Mélenchon, etc., mais même les autres font pareil, c'est pas parce que quelqu'un critique l'Europe qu'il faut s'arrêter là.
Je vais vous dire rappeler un un petit proverbe, un dicton de Confucius, Confucius ce grand sage chinois qui vivait 500 ans avant Jésus-Christ et qui disait, "Écoutez les paroles, mais observez les actes". Donc ce que nous, nous disons à tous les Français qui nous connaissent, qui nous qui nous découvrent, c'est très gentil d'écouter Monsieur Mélenchon, les effets de tribune, voilà, mais regardez les actes. Les actes c'est quoi ? C'est les écrits. Allez regarder les professions de foi de Madame Le Pen pour l'année dernière, c'est quand même bizarre. Au moment de la présidentielle, la profession de foi, le seul document qui fait foi, qui a été envoyé à 46 millions d'électeurs par les services de l'État, le seul document qui va aller aux Archives nationales, Madame Le Pen ne parle même pas de l'euro.
Voilà. La réalité, regardez quels sont les programmes Monsieur Mélenchon. Monsieur Mélenchon a dit que ceux qui voulaient sortir de l'euro étaient des maréchalistes, c'est-à-dire des pétainistes, c'est-à-dire de l'extrême droite. Il entretient ainsi l'amalgame qui est voulu par les médias et par l'oligarchie, c'est que sur ces sujets qui sont des sujets d'une très grande importance, ils sont comme on dit maintenant médiabolisés, c'est-à-dire à la fois médiatisés et diabolisés, parce que moi on me dit, "Ah, vous parlez comme Madame Le Pen, donc vous êtes d'extrême droite". Mais non. Nous sommes tout sauf d'extrême droite. Simplement, on ne donne la parole dans les grands médias qu'à Madame Le Pen ou à Monsieur Mélenchon pour pourrir le débat et surtout pour bien diviser les Français entre la droite et la gauche. Nous ce que nous apportons, c'est également une des spécificités de notre mouvement, c'est que nous refusons de débattre des choses que nous considérons comme accessoires. L'essentiel, c'est que les Français reprennent les commandes. On leur a volé leur pouvoir. Donc l'essentiel, c'est que nous reprenions ce qu'on appelle la souveraineté, c'est un mot un peu vague. L'essentiel, ça veut dire que c'est nous qui devons décider de notre avenir, à nous. Voilà. Et c'est le peuple français, c'est les principes républicains. Voilà. Et on dit que dans ces conditions, il y a toute une série de débats qui sont des débats ils ne sont pas inintéressants, mais c'est des débats de un peu de second ordre. Par exemple, nous refusons, nous ne prenons pas position sur l'électricité nucléaire, l'énergie nucléaire. Chez nous, il y a des gens qui sont pour, il y en a d'autres qui sont contre. On ne prend pas position sur la fiscalité. On n'a pas pris position sur le mariage pour tous. Chez nous, il y a des gens qui sont pour, il y a des gens qui sont contre. Bon. Pourquoi ça ? Bah parce que nous considérons que ce sont des débats qui auront lieu en leur temps, mais que pour l'instant, il faut que les Français se rassemblent, de droite, du centre et de gauche pour récupérer leur souveraineté. On est dans une situation qui n'est pas sans rappeler celle de l'occupation des années 40. Évidemment, il n'y a pas une armée avec des chars dans les rues de Paris, mais l'armée, elle est ailleurs, elle est virtuelle. L'armée, ce sont les grands fonds de pension qui tiennent les médias. Et les armes c'est pas c'est plus des chars, maintenant ce sont les médias qui changent ce qui mettent dans la tête des Français, leur disent, "Il faut qu'ils deviennent Américains". Voilà. Donc nous, nous disons il faut rassembler tout tout tout le monde sur ces questions.
Saïd Branine : Merci à vous, François Asselineau.
François Asselineau : Merci.
Saïd Branine : Donc, à très bientôt pour un autre numéro de L'esprit d'actu.
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