Que signifie le prénom Malika ?
Malika veut dire « reine » ou « souveraine » en arabe. Le prénom repose sur la racine m-l-k, qui exprime à la fois la possession (milk, la propriété) et l'autorité de celui qui règne (mulk, la royauté).
Deux mots arabes très proches se cachent derrière la même transcription française. Malika (مَلِكَة) est le féminin de malik, « roi ». Malîka (مَلِيكَة), avec un i long, est le féminin de malîk, « souverain, possesseur ». C'est cette seconde forme qu'emploient le plus souvent les familles du Maroc et d'Algérie pour écrire le prénom. Le sens reste le même : une femme qui a autorité, qui tient son rang.
La même racine donne Malik et Malek au masculin, ainsi que le nom de l'imam Mâlik, fondateur de l'école malikite suivie au Maghreb. Malak, « ange », s'écrit avec les mêmes lettres m-l-k, mais les linguistes rattachent ce mot à une autre racine, l-'-k, celle du message.
Malika et le Coran
Le prénom Malika ne figure pas dans le Coran. Sa racine y est en revanche très présente, surtout pour parler de la souveraineté d'Allah. Al-Malik, « le Souverain », fait partie des noms d'Allah : « C'est Lui, Allah. Nulle divinité autre que Lui; Le Souverain, Le Pur, L'Apaisant » (sourate 59, verset 23).
La forme masculine malîk, dont Malîka est le féminin, apparaît une seule fois dans le texte, elle aussi pour désigner Allah : les pieux se tiendront « dans un séjour de vérité, auprès d'un Souverain Omnipotent » (sourate 54, verset 55). Donner ce prénom à une fille ne pose pas de difficulté dans la tradition : il qualifie une personne humaine, comme Malik pour un garçon.
Origine et histoire du prénom
Malika s'est répandu dans tout le Maghreb au XXe siècle. Au Maroc, il a été porté par la princesse Lalla Malika, sœur du roi Hassan II, longtemps présidente du Croissant-Rouge marocain.
Le turc a gardé le mot sous la forme Melike, « reine », prénom courant en Turquie. En France, Melike a surtout été donné dans les années 2000, dans les familles d'origine turque.
Personnalités prénommées Malika
La romancière algérienne Malika Mokeddem, médecin de formation, a raconté dans ses livres l'enfance d'une fille du désert qui conquiert sa liberté. Malika Oufkir, fille aînée du général Oufkir, a décrit dans La Prisonnière les années de détention de sa famille au Maroc. À Bruxelles, Oumma a consacré un portrait à Malika Saïssi, bénévole au service des plus démunis.
Popularité de Malika en France
Malika est un prénom de génération. L'Insee compte 24 140 filles prénommées Malika depuis 1900. Les années 1960 en totalisent 6 715 et les années 1970, 6 205. Le record date de 1965, avec 775 naissances.
Le prénom recule ensuite nettement : 1 710 naissances dans les années 1990, 835 dans les années 2000. Il reste donné aujourd'hui, autour de 100 fois par an toutes graphies confondues (85 Malika en 2025). Les autres graphies sont Melike (770 naissances), Melika et Malyka.
