- Pour comprendre la position d'Akli Mellouli sur la situation à Gaza.
- Pour explorer son parcours politique et ses engagements contre le racisme.
- Pour découvrir ses réflexions sur la gauche et la solidarité avec la Palestine.
Dans un entretien accordé à Oumma, Akli Mellouli, sénateur du Val-de-Marne élu en 2023, membre du groupe Écologiste – Solidarité et Territoires et vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, défend une gauche unie et dénonce la banalisation du racisme. Particulièrement ému lorsqu’il évoque Gaza, il appelle à des sanctions contre le gouvernement israélien.
Rupture avec le PS : un combat pour la reconnaissance et contre les discriminations
Son parcours politique éclaire ses engagements. Longtemps militant socialiste, Akli Mellouli explique sa rupture avec le PS par les obstacles rencontrés pour obtenir une investiture et par ce qu’il décrit comme un ostracisme envers la diversité. Après avoir entendu, en 2017 puis en 2023, que son tour n’était pas venu, il décide de se présenter sans l’aval du parti. « Qui décide du tour ? », interroge-t-il. Au-delà de sa victoire, il entend montrer qu’il est possible de prendre son avenir politique en main.
Se définissant comme « un enfant des blessures invisibles », le sénateur relie son engagement à son histoire familiale, aux héritages de la colonisation et à ses origines populaires. Il souligne l’importance des mains tendues qui permettent de se sentir reconnu. Face au racisme, sa critique vise particulièrement ceux qui l’accompagnent, le normalisent et le transforment en projet de société.
Mélenchon, un partenaire à gauche
Sur les rapports de force à gauche, sa position est sans ambiguïté : Jean-Luc Mélenchon est un partenaire. Mellouli distingue les concurrents à gauche, les adversaires à droite et le Rassemblement national, qu’il considère comme un ennemi de la démocratie et de la République. Rappelant les alliances de la Nupes et du Nouveau Front populaire, il appelle à surmonter les désaccords. Il affirme qu’il voterait sans hésitation pour Mélenchon au second tour face au RN, et pourrait le soutenir dès le premier si les écologistes validaient ce choix, tout en réaffirmant sa loyauté envers Marine Tondelier.
Immigration et Algérie : refuser les boucs émissaires
Le sénateur dénonce également la place occupée par l’immigration et l’identité dans le débat public. Selon lui, ces thèmes détournent l’attention des réponses concrètes attendues, notamment sur le logement. Il rappelle le rôle des travailleurs immigrés dans les services essentiels et accuse certains médias de banaliser les discours d’exclusion.
Interrogé sur l’« algérophobie », il estime que l’Algérie est érigée en ennemi imaginaire. Il plaide pour une reconnaissance de l’histoire coloniale et une diplomatie fondée sur le dialogue et les intérêts réciproques.
Gaza : le refus de certains responsables politiques de parler de génocide
Le moment le plus intense de l’entretien concerne Gaza. Évoquant son déplacement à la frontière de Rafah et les témoignages recueillis en février 2024, Mellouli laisse transparaître une vive émotion. Interrogé sur le refus de certains responsables politiques d’employer le mot « génocide », il dénonce les silences et les complicités : « L’histoire les jugera », affirme-t-il. Il réclame des sanctions contre le gouvernement israélien. À ses yeux, la reconnaissance diplomatique ne suffit pas : le droit international doit produire des effets concrets.
Enfin, il présente la Palestine comme une cause universelle de justice, dépassant les appartenances religieuses. La solidarité qu’elle suscite renvoie, selon lui, aux expériences de discrimination et d’humiliation. C’est aussi à cette aune qu’il juge la cohérence de la gauche : défendre la dignité humaine impose de refuser qu’elle soit bafouée chez les autres.

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