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Crèche Baby-Loup : la Cour de Cassation entérine le licenciement de la salariée voilée

C’est l’épilogue judiciaire d’un véritable marathon politico-juridique qui a largement résonné dans et en-dehors des prétoires pendant quatre longues années assourdissantes, sous la levée de boucliers d’une élite indignée sur commande et de féministes vampirisant les médias (les incontournables Caroline Fourest, Elisabeth Badinter, Elisabeth Levy, sans oublier Jeannette Bougrab, l’éphémère présidente de la défunte Halde qui pensait en faire son tremplin vers la gloire…), l’affaire de la salariée voilée de la crèche Baby Loup de Chanteloup-les-Vignes vient de connaître son ultime rebondissement.

Après un bras de fer surmédiatisé, sous la pression des bien-pensants du parisianisme survoltés, le licenciement de Fatima Afif, la directrice adjointe de la crèche, qui a été limogée suite à son refus de se dévoiler à son retour d’un congé parental, a été définitivement confirmé, mercredi 25 juin, par l’assemblée plénière de la Cour de Cassation.

Devenu emblématique du débat passionnel sur la laïcité, ce procès qui restera dans les annales d’une République recroquevillée dans un dogmatisme peu éclairé, faisant de la chasse aux sorcières contre les femmes voilées un sport national, a finalement déjugé l’arrêt de la chambre sociale de la Cour de Cassation de 2013 pour entériner un renvoi qui aura fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Pour justifier son verdict désormais irrévocable, la Cour a rappelé que selon le code du travail une entreprise privée, ou une association dans le cas de la crèche, peut restreindre la liberté du salarié de manifester ses convictions religieuses, si cela est justifié par "la nature de la tâche à accomplir » et si la mesure est « proportionnée au but recherché." Or, Baby Loup avait adopté un règlement intérieur, qui précisait que "le principe de la liberté de conscience et de religion de chacun des membres du personnel ne peut faire obstacle au respect des principes de laïcité et de neutralité qui s'appliquent dans l'exercice de l'ensemble des activité".

Si l’heure est à la satisfaction pour Patrick Spinosi, l'avocat de la crèche Baby Loup, qui se félicite de cette "grande décision de principe" rendue par la Cour de Cassation, en lui prédisant une application élargie à d’autres entreprises françaises, Claire Waquet, l’avocate de Fatima Afif, a en revanche déploré une "décision d’espèce, et non de principe", en rétorquant à tous ceux qui, jusqu’au sommet de l’Etat, s’auto-congratulent d’avoir œuvré de manière retentissante à diaboliser un peu plus l’islam et ostraciser le port du voile dans un Hexagone déjà passablement sous influence que "La Cour de cassation n'a pas réglé la question de l'islam à travers le voile en France, elle a réglé le problème de la crèche Baby Loup."

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