Les courants de l'islam

L'islam n'est pas un bloc. Dès les premiers siècles, la question de la succession du Prophète, puis celles du droit et de la théologie, ont fait naître des courants différents : sunnisme majoritaire, chiisme, ibadisme, et une voie spirituelle, le soufisme, présente dans plusieurs d'entre eux.

  1. Le sunnisme est le courant majoritaire de l'islam, qui rassemble environ 85 à 90 % des musulmans. Son nom vient de l'expression « gens de la Tradition et du rassemblement » (ahl al-sunna wa-l-jamâ'a) : fidélité à l'exemple du Prophète et attachement à l'unité de la communauté.

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  2. Le chiisme est le deuxième grand courant de l'islam, après le sunnisme. Né de la question de la succession du Prophète, il reconnaît à 'Alî et aux imams de sa descendance une autorité particulière dans la guidance de la communauté. Il rassemble environ 10 à 15 % des musulmans.

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  3. Le soufisme (tasawwuf) est la dimension spirituelle de l'islam : un chemin d'éducation du cœur et de purification de l'âme, transmis de maître à disciple. Il est apparu dans les premiers siècles de l'islam et s'est organisé en confréries à travers tout le monde musulman. Cette page en présente le sens, l'histoire, les pratiques et les grandes figures, avec les analyses publiées par Oumma.

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  4. Au-delà des grandes familles sunnite et chiite, l'islam compte des courants de pensée et de pratique qui se distinguent par leur histoire, leur méthode ou leur lecture des textes. Cette page présente de façon factuelle trois d'entre eux : l'ibadisme, branche ancienne distincte, le réformisme, qui répond à l'époque moderne, et le salafisme, qui se réclame du retour aux premières générations.

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Pour comprendre les courants de l'islam, il faut partir d'un fait simple : ce qui unit les musulmans est très large. Ils reconnaissent un Dieu unique, le Prophète Muhammad et le Coran, prient en direction de la Kaaba et observent les cinq piliers. Les courants se distinguent par la manière de concevoir l'autorité après le Prophète, par leurs écoles de droit et par leurs recueils.

Le sunnisme. C'est le courant majoritaire, environ 85 à 90 % des musulmans. Son nom vient de l'expression « gens de la Tradition et du rassemblement ». Il reconnaît les quatre premiers califes et s'organise en quatre écoles de droit (hanafite, malikite, chaféite, hanbalite), sans clergé ni autorité centrale. Voir la page Le sunnisme.

Le chiisme. Né des partisans de 'Alî, il tient que la direction de la communauté revenait à 'Alî et aux imams de sa descendance. Il compte surtout des duodécimains, mais aussi des zaydites et des ismaéliens. Il est majoritaire en Iran, en Irak, à Bahreïn et en Azerbaïdjan. Voir la page Le chiisme. Sunnites et chiites ont un même Coran et des pratiques proches ; Jaroui Mouhib rappelle, dans son article sur les musulmans chiites, l'histoire des efforts de rapprochement entre les deux traditions.

L'ibadisme. Issu du kharidjisme modéré, qui s'est détaché de 'Alî après la bataille de Siffîn, il est la tradition dominante à Oman et se maintient dans le Mzab en Algérie, sur l'île de Djerba en Tunisie et à Zanzibar. Il se distingue notamment par son école juridique propre et par sa conception d'un imam choisi par la communauté. Voir la page Courants contemporains, ibadisme.

Le soufisme. Il désigne la dimension intérieure et spirituelle de l'islam, transmise de maître à disciple dans des confréries (tarîqa). Il s'appuie sur le Coran et sur la Sunna, comme l'explique l'article Le soufisme à la lumière du Coran et de la Sunna. Voir la page Le soufisme.

Les courants contemporains. À partir du XIXe siècle, des penseurs comme Muhammad Abduh et Rachid Rida ont appelé à renouveler la pensée musulmane. Le salafisme, qui invite à revenir à l'exemple des premières générations, et le wahhabisme, né en Arabie au XVIIIe siècle, sont d'autres courants de la même période. Voir la page Courants contemporains.

Cette diversité n'est pas récente. Rachid Id Yassine rappelle, dans son article sur le sunnisme, que les courants se sont formés autour de la grande discorde qui a suivi la mort du troisième calife, et que l'islam, comme le dit Adrien Candiard cité dans la recension de Comprendre l'islam, est une diversité qui aspire à l'unité.

Pour un lecteur qui découvre le sujet, il est utile de retenir deux repères. D'abord, les courants ne sont pas des religions différentes : ils se reconnaissent le plus souvent comme musulmans, même quand leurs savants débattent vivement. Ensuite, la diversité est aussi géographique et culturelle : un sunnite du Maghreb, un sunnite d'Indonésie et un chiite d'Iran vivent leur foi avec des habitudes, des écoles et des fêtes qui ne se ressemblent pas toujours. Les pages de cette partie présentent chaque courant avec ses sources, ses références et ses articles.

Questions fréquentes

Quels sont les principaux courants de l'islam ?+

Le sunnisme (environ 85 à 90 % des musulmans), le chiisme (environ 10 à 15 %) et l'ibadisme (une petite minorité, surtout à Oman) sont les trois grands courants. Le soufisme est une voie spirituelle présente dans plusieurs d'entre eux, et des courants de réforme sont apparus à l'époque moderne.

Quelle est la différence entre sunnites et chiites ?+

Elle remonte à la succession du Prophète. Les chiites estiment que 'Alî et les imams de sa descendance devaient diriger la communauté, les sunnites reconnaissent quatre califes choisis par la communauté. Ils partagent le même Coran et les mêmes piliers de la pratique.

Le soufisme est-il un courant distinct ?+

Pas au sens strict. Le soufisme est la voie spirituelle de l'islam, organisée en confréries. Il existe surtout dans le monde sunnite, mais aussi chez les chiites, et il se réclame du Coran et de la Sunna.

Qu'est-ce que l'ibadisme ?+

C'est un courant distinct du sunnisme et du chiisme, issu du kharidjisme modéré, qui domine à Oman et existe aussi dans le Mzab algérien, à Djerba et à Zanzibar. Il a ses propres savants et son école de droit.

Le salafisme est-il un courant sunnite ?+

Oui, il est né dans le monde sunnite. Il invite à suivre l'exemple des premières générations de musulmans (les salaf) et recouvre des tendances très diverses. Il ne représente qu'une partie des sunnites.

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