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Comprendre l’Islam

On ne compte plus les livres  qui prétendent expliquer l’Islam.  Celui-là mérite pourtant d’être lu. Clair et pédagogique, il se propose surtout d’aider à comprendre, autant qu’il est possible, un sujet particulièrement complexe.

C’est un petit livre, court, mais dense, paru au mois de mai dernier, qui n’a rencontré qu’un faible écho dans les médias mais auquel un discret bouche-à-oreille est en train d’assurer un vrai succès d’estime. Son auteur, ancien normalien et élève de Sciences Po – et aujourd’hui frère dominicain à l’institut d’études orientales du Caire – n’hésite pas à bousculer nombre d’idées reçues en formulant des paradoxes audacieux, à commencer par le titre – Comprendre l’islam – suivi d’un énigmatique sous-titre : Ou plutôt, pourquoi on n’y comprend rien… Il faut se garder, dit-il, de croire à une essence unique de l’islam, mais il serait tout aussi erroné de nier son existence en le dissolvant dans les apparences d’une diversité bien réelle mais trompeuse.

Certes l’islam existe, mais pas comme se l’imaginent trop souvent les Occidentaux. Ces derniers, conditionnés par les Lumières et la rationalité, s’interrogent  sur la signification de l’islam. Or, explique Adrien Candiard, il faut oser affirmer que le Coran est en réalité un livre à peu près incompréhensible, qui n’a pas pour objet d’expliquer le monde mais tout simplement de « rendre Dieu présent », sans qu’il soit pour autant nécessaire de comprendre sa parole.  « Les chrétiens lisent la Bible comme de la prose, les musulmans lisent le Coran comme de la poésie ».

Le seul dogme commun aux communautés musulmanes dispersées de par le monde résiderait en fait dans la croyance en l’unicité divine – le Tawhid  – et non pas dans une conception du monde qui proposerait une modèle de société unique et global comme on le répète trop souvent. « L’islam est une diversité qui aspire à l’unité ». Pour Adrien Candiard, la crise actuelle qui déchire le monde musulman trouverait précisément son origine dans cette aspiration : une « double crise interne » née de l’opposition entre sunnites et chiites, aujourd’hui « chauffée à blanc », aggravée de surcroît par un conflit interne au monde sunnite, « une guerre très dure pour la définition de l’orthodoxie. »

C’est à cet égard la partie la plus passionnante du livre. L’auteur retrace et analyse minutieusement  les différentes étapes de l’évolution de l’islam à travers les siècles, qui a abouti à la situation que l’on connait aujourd’hui. Le Sunnisme et le Chiisme, à l’origine simples écoles de pensées, ont vu leur rivalité dramatiquement réactivée par la guerre d’Afghanistan puis par la révolution iranienne de 1979 en une lutte pour le leadership du monde musulman.

Face à l’Iran, l’Arabie Saoudite, puissance née de l’alliance du Wahhabisme et du Salafisme (au départ, deux mouvements intellectuels marginaux),  se trouve, du fait même de cette alliance, dans l’impossibilité d’affronter l’atomisation d’un monde sunnite divisé non pas entre traditionnalistes et modernistes (autre idée reçue déconstruite par l’auteur), mais entre ce qu’Adrien Candiard appelle l’« islam Impérial classique » et le salafisme.

Cet islam classique avait élaboré au fil des siècles une gestion raisonnable et équilibrée de la diversité du monde musulman, mais s’est trouvé dépassé et discrédité au 20ème par la supériorité technique de l’Occident, provoquant en réaction l’essor d’un mouvement salafiste « déconnecté du réel », prônant un retour illusoire à l’islam originel des temps du Prophète. Une redéfinition salutaire de concepts trop souvent galvaudés par  les médias, que chacun devrait méditer afin d’y y voir plus clair, « si nous ne voulons pas ressembler à Daech. »      

Source:  NewAfrican IC Publications

3 commentaires

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  1. L’Islam veut dire aucune familiarité avec Allah , ni homme ,ni statut, ni pensée, ni ange , ni étoile, ni temple du feu.
    C’est la relation créature créateur de l’homme primitif, Adam, Noé, Ibrahim, paix soit sur eux.
    L’Islam est la religion des envoyés de dieu , Ibrahim , Moise , Jésus, la seule différence la charia, la législation change.

    Quand des enfants sont en désaccord , leur père fait juge. Ibrahim n’était ni juif ni chrétien, il était Hanif, monothéiste.
    Moise; psl , n’avait jamais entendu le mot judaisme.
    Jésus . psl , n’avait jamais entendu le mot chrétien.
    Mohamed , psl , connait le mot musulman, dans le coran c’est Ibrahim , psl , qui nous a appelé musulmans.
    Je ne sais pas.

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