Rêver de mariage en islamالزواج

Dans les manuels classiques d'interprétation, rêver de mariage est d'abord un signe favorable : an-Nâbulsî y voit « la sollicitude de Dieu » et une promotion à la mesure de l'épouse vue en rêve. Mais le sens change selon les détails : une mariée connue ou inconnue, une fête bruyante, l'état du rêveur. Voici ce que disent les textes, sans en faire un présage certain.

Rêver de mariage en islam

Que signifie rêver de mariage selon les manuels ?

Dans son Ta'tîr al-anâm, classé par ordre alphabétique, 'Abd al-Ghanî an-Nâbulsî ouvre l'entrée « mariage » ainsi : « الزواج في المنام يدل على العناية من الله تعالى », « le mariage en rêve indique la sollicitude de Dieu ». Il ajoute aussitôt d'autres sens possibles : un lien qui engage, une dette, un souci, une caution que l'on accepte, ou la recherche d'une fonction élevée. Le mariage, écrit-il encore, peut aussi désigner un métier : épouser une femme connue, c'est s'engager dans ce qu'on est capable d'assumer.

Le livre attribué à Ibn Sîrîn, le Muntakhab al-kalâm, consacre un chapitre entier au mariage. Sa règle générale est simple : celui qui se voit épouser une femme obtient une autorité ou un avantage « à la mesure de la femme », de sa valeur, de sa beauté et même du sens de son nom. Épouser quatre femmes est lu comme un surcroît de bien, en référence au verset qui en fixe la limite (sourate 4, verset 3). À l'inverse, se voir divorcer annonce la perte d'une fonction.

Les deux manuels posent enfin une réserve que la page sur l'interprétation des rêves en islam rappelle aussi : un rêve marqué par l'excitation du corps, suivi d'une émission qui oblige au bain rituel (ghusl), « n'est pas une vision ». Il n'y a rien à interpréter.

Se marier en rêve : la mariée, la fête, l'état du rêveur

Le détail qui compte le plus, dans les deux manuels, est la mariée elle-même. Si le rêveur la voit, la connaît ou entend son nom, le rêve vaut un vrai mariage et se lit comme un bien. Si l'on parle de noces mais qu'il ne voit jamais l'épouse, qu'elle n'est ni décrite ni nommée, les manuels y lisent un départ ou un malheur. C'est l'une des rares images franchement inquiétantes du chapitre, et elle reste une lecture parmi d'autres, sans aucune certitude.

La fête compte aussi. An-Nâbulsî lit une noce avec chanteuses et instruments comme l'annonce d'un deuil dans le lieu de la fête. Le livre attribué à Ibn Sîrîn fait une distinction curieuse : la noce est une épreuve pour celui qui l'organise, et une joie pour celui qui y est invité, s'il n'y voit pas de nourriture. Une mariée parée, enfin, est pour an-Nâbulsî « un monde prospère » qui s'ouvre au rêveur.

L'état du rêveur change encore la lecture. Celui qui est déjà marié et se voit épouser une autre femme, qu'il voit ou connaît, obtient un bien et une autorité. Une femme célibataire ou mariée qui se voit se marier « obtient un bien », écrit an-Nâbulsî. Une femme enceinte qui se voit mariée accoucherait d'une fille, et si elle est parée comme une mariée, d'un garçon : ce sont des lectures traditionnelles, pas des pronostics. Pour un malade, les manuels sont plus réservés quand l'épouse reste inconnue. Épouser une personne décédée a un sens à part, que nous détaillons dans la page rêver d'un défunt.

Demande en mariage, fiançailles, bague, robe de mariée

Beaucoup de requêtes portent sur les étapes qui précèdent le mariage. Les manuels classiques n'ont pas d'entrée propre pour la demande en mariage, les fiançailles ou la robe de mariée : il faut se garder des sites qui leur prêtent des sens précis « selon Ibn Sîrîn ». On peut seulement rapprocher ces images des symboles voisins.

La bague est le cas le plus clair. Pour an-Nâbulsî, la bague (خاتم) en rêve signifie protection, autorité, épouse, enfant ou travail, selon sa matière. Une bague qui se brise est lue comme une séparation. Une bague de fiançailles reçue en rêve se rattache donc à cette idée d'engagement et de sécurité.

La mariée parée, déjà citée, est le symbole le plus proche de la robe de mariée : une période de bien et de prospérité. Quant au mariage forcé, aucun manuel ne le traite comme tel. Un rêve qui laisse un malaise au réveil relève de la conduite prévue pour les rêves pénibles, plutôt que d'une interprétation.

Un dernier point mérite d'être noté : pour le livre attribué à Ibn Sîrîn, c'est parfois la mort vue en rêve qui annonce un mariage. « Pour le célibataire, la mort en rêve indique le mariage », lit-on dans son chapitre sur les défunts. Les symboles se répondent, et c'est pourquoi aucune image ne se lit seule.

Le mariage dans le Coran, et que faire après ce rêve

Le Coran présente le mariage comme un des signes de Dieu : « Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l'affection et de la bonté » (sourate 30, verset 21). Cela explique sans doute la lecture positive des manuels : le mariage est un bienfait, un lien, une protection.

Un rêve de mariage ne dit pourtant pas qui épouser ni quand. Celui qui hésite sur un projet réel fait la prière de consultation, l'istikhâra, consulte des proches de confiance, puis décide ; la page mère rappelle que le hadith de l'istikhâra ne parle d'aucun rêve. Un beau rêve se raconte seulement à une personne qui nous aime. Un rêve qui inquiète, comme une noce sans mariée, suit la conduite des mauvais rêves : demander la protection de Dieu et n'en parler à personne. Elle est détaillée sur la page l'interprétation des rêves en islam.

Questions fréquentes

Que signifie rêver de se marier en islam ?+

Pour an-Nâbulsî, le mariage en rêve indique d'abord la sollicitude de Dieu, mais aussi un engagement ou une charge nouvelle. Le livre attribué à Ibn Sîrîn y voit un bien ou une autorité à la mesure de l'épouse vue en rêve. Ce sont des lectures possibles, pas des certitudes.

Que veut dire rêver de son propre mariage selon Ibn Sîrîn ?+

Le livre attribué à Ibn Sîrîn distingue deux cas. Si le rêveur voit ou connaît la mariée, ou entend son nom, c'est un bien proportionné à sa valeur et à sa beauté. S'il est appelé marié sans jamais voir l'épouse, le livre en donne une lecture plus sombre, qui reste incertaine.

Rêver d'une demande en mariage ou de fiançailles, qu'est-ce que ça veut dire ?+

Les manuels classiques n'ont pas d'entrée propre pour la demande en mariage ou les fiançailles. Le symbole le plus proche est la bague, qu'an-Nâbulsî lit comme protection, épouse ou engagement. Méfiez-vous des sens précis attribués à Ibn Sîrîn sans référence.

Rêver d'une fête de mariage est-il un bon signe ?+

Cela dépend. Le livre attribué à Ibn Sîrîn lit la noce comme une joie pour l'invité et une épreuve pour l'organisateur ; an-Nâbulsî lit une noce avec musique et chanteuses de façon plus sombre. Aucun de ces sens n'est certain.

Une femme qui rêve de se marier, qu'est-ce que cela signifie ?+

Selon an-Nâbulsî, une femme célibataire ou mariée qui se voit se marier en rêve obtient un bien. Pour une femme enceinte, les manuels y lisent un indice sur l'enfant, sans valeur de certitude.

Un rêve de mariage peut-il remplacer l'istikhâra ?+

Non. Le hadith de l'istikhâra ne mentionne aucun rêve : on prie, on invoque Dieu, puis on regarde si l'affaire se facilite. Un rêve peut rassurer, mais il ne décide pas d'un mariage.

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Page rédigée par la rédaction d'Oumma à partir de ses articles, notamment ceux de Pierre Lory, Abd El Hafîd Benchouk, Amina BELHRITI.