Rêver d'être enceinte : ce que disent les manuels
L'entrée « grossesse de la femme » (habal al-mar'a) du Ta'tîr al-anâm d'an-Nâbulsî est l'une des plus favorables du livre. Une femme qui se voit enceinte persévère dans ses affaires et en retire des biens, une croissance, de l'honneur et une bonne réputation. Plus largement, l'auteur écrit : « والحبل زيادة في الدنيا لصاحب الرؤيا ذكراً كان أو أنثى », « la grossesse est un accroissement dans ce monde pour celui qui fait le rêve, homme ou femme ».
Le sens dépend ensuite de la situation de la rêveuse. Pour une femme sans mari ou une jeune fille, se voir enceinte annonce un mariage. An-Nâbulsî signale pourtant, pour la jeune fille, d'autres lectures moins heureuses, ce qui rappelle qu'aucune règle n'est automatique. Pour une femme âgée, il rapporte deux avis : une période d'inactivité, ou au contraire l'abondance après la disette.
Qu'un homme se voie enceinte n'est pas absurde pour ces auteurs. C'est d'abord un souci lourd qu'il garde caché et qu'il craint de voir grandir. Mais pour un savant, c'est un surcroît de science, et pour un artisan, une invention que les autres n'atteignent pas.
Le livre attribué à Ibn Sîrîn n'a pas d'entrée propre sur la grossesse : il l'évoque au fil d'autres symboles, souvent pour dire si l'enfant attendu sera un garçon ou une fille.
Voir une femme enceinte en rêve, sa mère ou sa sœur enceinte
C'est la question la plus posée. An-Nâbulsî est bref : voir une femme enceinte indique « un souci, un tracas et des choses cachées ». La grossesse est en effet, pour les interprètes, une chose qui grandit à l'abri des regards, avant de paraître au grand jour.
Le lien avec le rêveur change cependant la lecture. Celui qui voit sa propre épouse enceinte peut, selon le même auteur, espérer un bien des choses de ce monde. Et le principe général reste valable : la grossesse est un accroissement pour celui ou celle qu'elle concerne.
Les manuels classiques ne contiennent pas d'entrée particulière pour une mère, une sœur ou une amie enceinte, contrairement à ce que promettent certains sites. On ne peut qu'appliquer ces principes généraux, avec prudence, en tenant compte de la vie réelle de la personne. Une sœur qui attend un enfant, ou qui en désire un, apparaît tout naturellement dans les rêves de ses proches : c'est alors l'esprit qui se parle à lui-même, la troisième sorte de rêve décrite sur notre page l'interprétation des rêves en islam.
Le Coran évoque lui-même la grossesse avec douceur, comme une attente remplie d'espoir : « elle conçut une légère grossesse, avec quoi elle se déplaçait (facilement) », puis les deux parents invoquent leur Seigneur pour un enfant sain (sourate 7, verset 189).
Accoucher ou assister à un accouchement en rêve
Pour an-Nâbulsî, la naissance en rêve est avant tout une délivrance : « la sortie des difficultés et des maladies », mais aussi « un repos, un soulagement, une dette réglée et un repentir ». Une femme qui se voit mettre au monde un garçon trouvera à la fin de son affaire un soulagement, une bonne nouvelle et une joie ; si elle met au monde une fille, elle obtiendra de la considération, l'abondance et la facilité après la difficulté.
Les deux manuels rapportent une règle curieuse pour la femme réellement enceinte : si elle rêve d'un garçon, elle mettra au monde une fille, et inversement. Le livre attribué à Ibn Sîrîn la nuance aussitôt en reconnaissant que les choses peuvent se passer autrement. On ne peut évidemment rien en conclure sur le sexe d'un enfant.
Un homme qui rêve d'accoucher reçoit, selon an-Nâbulsî, des lectures opposées selon son état : le pauvre s'enrichit, le riche connaît des soucis, le célibataire se marie bientôt, et les personnes éprouvées trouvent l'issue de leur peine.
Le Coran raconte aussi l'accouchement de Marie : elle se retira « en un lieu éloigné », puis les douleurs la menèrent au tronc du palmier (sourate 19, versets 22 et 23). Ce récit montre la dureté de l'épreuve et le secours qui suit. Pour les rêves de bébé, voir aussi notre page rêver de bébé.
Que faire après ce rêve ?
Un rêve de grossesse laisse le plus souvent une impression heureuse. Dans ce cas, la tradition invite à remercier Dieu et à ne le raconter qu'à une personne qui nous aime ou à une personne sage. S'il a laissé de l'inquiétude, on suit la conduite enseignée par le Prophète après un rêve pénible : chercher refuge auprès de Dieu, cracher légèrement trois fois sur sa gauche, changer de côté et n'en parler à personne. Ces gestes sont détaillés sur la page l'interprétation des rêves en islam.
Pour une femme qui attend un enfant ou qui espère en avoir, ces rêves sont fréquents et ne disent rien de certain sur la suite. Le plus sûr est d'en faire une occasion d'invocation et de reconnaissance. Et si le rêve concerne un projet de mariage, on peut lire aussi notre page rêver de mariage.




