Que signifie le prénom Shamil ?
Shamil vient de l'adjectif arabe shâmil (شَامِل), participe actif du verbe shamila, « comprendre, englober, s'étendre à tout ». Le mot se dit de ce qui est complet, général, qui couvre l'ensemble : un plan shâmil est un plan global, une amnistie shâmila concerne tout le monde.
Comme prénom, il prête à celui qui le porte une qualité d'ampleur : un esprit ou une générosité qui embrasse tout le monde, « universel » au sens de « qui n'exclut personne ». Il s'écrit avec les voyelles شَامِل et se prononce « cha-mil », avec un a long à la première syllabe.
Origine et histoire : l'imam Shamil du Caucase
Au Caucase et en Turquie (où l'on écrit Şamil), le nom est surtout associé à l'imam Shamil, né en 1797 à Gimry, au Daghestan. Troisième imam du Daghestan et de la Tchétchénie, il dirigea de 1834 à 1859 la résistance contre la conquête russe, avant de se rendre. Il mourut à Médine en 1871.
Selon ses biographes, il s'appelait d'abord Ali et reçut le nom de Shamuyil, forme arabe de Samuel, pendant une maladie, selon une coutume locale. Ce nom se prononçait « Shamil » au Caucase, et les sources arabes de l'époque l'écrivaient déjà Shâmil. Les deux origines convergent donc vers la même forme : l'adjectif arabe d'un côté, Samuel de l'autre. Le nom s'est ensuite répandu chez les musulmans de Russie, d'Azerbaïdjan et d'Asie centrale. Sur le contexte, voir l'histoire de l'islam et le lexique.
Shamil est-il dans le Coran ?
Non : ni le prénom ni le mot shâmil ne figurent dans le Coran. Ce n'est pas un obstacle pour un prénom musulman : l'islam demande surtout de choisir un nom au beau sens, comme l'explique la page sur les prénoms et la naissance, et celui-ci en a un.
Popularité en France
Shamil reste très rare : l'Insee recense 60 naissances depuis 1900, dont environ 40 depuis 2000. Le prénom apparaît presque chaque année au niveau le plus bas des chiffres publiés, soit 5 naissances, avec un premier pic en 2000. Les familles concernées viennent surtout de la diaspora caucasienne (Tchétchènes, Daghestanais) et des familles arabophones ou turcophones.
