in

L’école musulmane Al-Fitra remporte une victoire judiciaire contre le maire d’Halluin

En septembre dernier, à Halluin, une localité de la métropole lilloise, l’heure de la première rentrée scolaire avant sonné pour la petite école privée musulmane Al Fitra qui avait ouvert ses portes envers et contre tout, et notamment sans le feu vert officiel du maire, aux 79 écoliers impatients de découvrir des classes flambant neuves, munis de leurs cartables préparés soigneusement depuis longtemps.

Créant l’événement dans la région, l’émergence de cette école primaire attenante à la mosquée locale, dont la directrice et les institutrices sont voilées, et le programme comprend deux options qui en font la spécificité, à savoir l’apprentissage de l’arabe et des cours de morale, a immanquablement défrayé la chronique municipale, le premier magistrat de la cité, « Le Républicain » Gustave Dassonville, opposant son veto à deux reprises, tout en se défendant d’y être hostile. Que n’aurait-il fait ou prétexté, s’il en avait été un farouche adversaire !!

Se heurtant à un mur d’incommunicabilité, Farid Aouragh, le président de l’association Al Fitra, déplorait alors grandement l’absence de médiation avec l’édile. « Le dialogue n’est pas possible avec le maire, nous n’avons jamais pu le rencontrer. Nous ne savons plus ce que la ville attend de nous », se désolait-il dans un entretien à la presse locale, après avoir vainement tenté de se présenter à la mairie pour exposer le projet éducatif d’une petite école qui ne doit son existence qu’aux généreuses donations des fidèles et à l’énergie de ses bénévoles, et qui aspire à être agréée par l’Etat, ainsi qu’à accueillir des enfants de toutes origines, à l’image de nombreuses écoles catholiques.

Saisi de son ouverture sans autorisation, le procureur de la République, Thierry Pocquet du Haut-Jussé, vient d’infliger un cuisant camouflet à la Ville en classant sans suite le signalement effectué par le maire d’Halluin, justifiant sa décision en ces termes : « Considérant qu’il y avait eu régularisation et mise en conformité, le parquet a procédé à un classement sans suite du signalement effectué par Monsieur le maire d’Halluin », ajoutant : « La commission de sécurité a rendu un avis favorable à l’ouverture de cet établissement en fin d’année 2015 ».

Alors que la fin d’une année scolaire mouvementée approche, l’école Al Fitra peut savourer l’instant magique qui lui rend enfin justice. Mais loin de s’enorgueillir de cette belle victoire judiciaire, ses responsables se montrent plus que jamais désireux de rencontrer le maire, un privilège qui leur a été jusqu’à présent refusé, avec une rare obstination, par l’élu de proximité par excellence.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Quand la médecine est polluée par l’occupation israélienne

Etats-Unis : Hamid Ulukaya, ou la prodigieuse réussite d’un immigré turc qui fait le bonheur de ses 2 000 salariés