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Hollande n’est plus le chouchou des saoudiens

Enfer et damnation : voilà que la presse saoudienne, si l’on peut employer ce terme pour de malheureux journalistes assignés à écrire sous le dictée du palais, voilà donc du papier journal imprimé à Riyad qui nous révèle que François Hollande a cessé d’être le « fils ainé » du roi Salman…
 
Rappel des chapitres précédents.
 
Dès son élection, poussé par on ne sait quelle rafale, Hollande s’est précipité à Riyad pour y revenir selon le rite d’un pèlerinage répétitif qui a surpris tous les « observateurs ». Lors de sa dernière allégeance faite au descendant des Saoud, le président français a même participé à un « Conseil de défense », un barnum militaire réunissant les pays du Golfe et autres alliés arabes engagés dans une guerre contre la minorité chiite du Yémen. Subitement l’homme de l’Elysée devenait une sorte d’Eisenhower, pas celui de la Maison Blanche, mais l’autre, l’orchestrateur du débarquement US en Normandie en 44. Et nos confrère de faire couler leurs larmes chaudes : « Peu importe que l’on coupe quotidiennement des têtes dans ce royaume sans droits ni partage, l’important est de vendre des Rafales, des centrales, des TGV et des sacs Vuitton ».
 
Quelle aubaine puisque les mêmes experts, qui libèrent leur salive sur les plateaux télé, nous précisait que c’en était fini de l’indéfectible et séculaire amitié  entre Washington et Riyad : Hollande avait été élu dauphin.
 
Le retour du fils prodigue
 
Patatras l’édifice de presse vient de se casser la figure. A son retour d’un voyage chez Obama, c’est un roi Salman enchanté de son séjour qui a chargé ses hommes de plume de faire part de son bonheur américain.  « Arab News », la feuille « officielle » diffusée en anglais, à l’occasion, parle d’un retour à l’esprit fondateur, celui qui, en 1945, a soudé le roi Abdul Aziz et le président Franklin Roosevelt. Les deux chefs d’état, abrité derrière la cuirasse d’un  navire de guerre, le « Quincy », ont scellé un pacte : « je vous livre le pétrole que vous voulez à prix d’ami mais vous vous occupez de notre protection »… avait proposé Abdul Aziz. Donc, selon les journaux de Riyad, le voyage de Salman à la Maison Blanche a été une aubaine, celle de revenir aux fondamentaux, l’accord du « Quincy » dont on fête les 70 bougies.
 
Doit-on préciser qu’à la lecture de ces nouvelles, les diplomates français qui séjournent à Riyad -dont certains à vie- font la même grise mine que les porte-coton de Laurent Fabius qui gravitent au Quai d’Orsay. Si, par exemple, nous voulons vendre le porte-hélicoptères franco-russe « Mistral » -qui reste sur nos bras, en rade à Saint Nazaire- au maréchal Sissi, il faut bien que Riyad accepte de payer la facture pour le compte du Caire. Trop fâché de ce retour d’affection Hollande va-t-il bombarder La Mecque ?
 
Source: Mondafrique

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