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Le chef de l’Eglise protestante allemande plaide en faveur de l’enseignement de l’islam à l’école

Alors que les pavés de certaines villes allemandes tremblent sous les bruits de bottes de groupuscules néo-nazis, parmi lesquels le mouvement des « Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident » (Pegida), revigoré par l’afflux des réfugiés syriens, sème à nouveau la terreur partout où il passe, le chef de l’Eglise protestante refuse obstinément, pour sa part, de céder à la peur et à la haine, plaidant pour que l’islam soit enseigné dans les écoles publiques.

Face aux cris et à la fureur qui s’élèvent des rangs de ces ultras du nationalisme, viscéralement islamophobes et xénophobes, Mgr Heinrich Bedford-Strohm fait entendre la voix sereine et éclairée de la tolérance religieuse, estimant que l’apprentissage de la religion musulmane doit avoir droit de cité dans le temple scolaire, au même titre que l’apprentissage officiel du protestantisme et du catholicisme, son ostracisme s’avérant des plus préjudiciables à ses yeux.

Pour ce haut dignitaire religieux de la locomotive de l’Europe, sur laquelle plane le spectre du fascisme au grand dam de la chancelière Angela Merkel, l’islam doit être invité à franchir le seuil de toutes les écoles primaires, où il fut indésirable des décennies durant et le reste encore pour un large nombre d'entre elles, afin que les écoliers musulmans se sentent valorisés et non pas discriminés dès la prime enfance, puissent développer une approche critique de leur propre religion qui, selon lui, les rendra d’autant plus imperméables à « la tentation des fondamentalistes », et tracer leur sillon Outre-Rhin.

« La tolérance, la liberté religieuse et la liberté de conscience doivent s’appliquer à toutes les religions », a insisté celui qui préside aux destinées de l’Eglise évangélique luthérienne dans une récente interview, en exhortant les 9 Länder allemands, en proie à une frilosité certaine, à emboîter le pas aux sept départements précurseurs qui ont donné leur feu vert pour que des cours de religion islamique soient dispensés à l’école.

Mgr Heinrich Bedford-Strohm veut faire mentir les sondages anxiogènes, dont le dernier en date met en relief que près des deux tiers des Allemands considèrent que « l’islam n’a pas sa place dans leur pays », et nourrit l’espoir que les associations islamiques réussiront à unir leurs forces pour devenir un « partenaire clair » pour l’Etat allemand.

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