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La police australienne nomme son premier aumônier musulman depuis 2011

Loin de se laisser griser par le vent mauvais du nationalisme ou d’abdiquer devant ses assauts islamophobes rageurs, l’institution policière de la lointaine Australie a choisi de s’élever au-dessus de la mêlée en faisant du multiculturalisme un atout précieux, grâce à une politique favorisant le recrutement de citoyens musulmans, au grand dam de ceux qui les bouteraient volontiers hors du Bush, dans des charters de la honte.

Faire des différences une richesse dont les bienfaits cimenteront le vivre-ensemble, telle est la parade éclairée qu’opposent les forces de l’ordre aux semeurs de haine, notamment dans la Nouvelle-Galles du Sud, l’Etat le plus peuplé du pays, où un aumônier musulman en uniforme vient d’être nommé au cours d’une cérémonie chargée d'émotion, à laquelle assistaient le Grand Mufti d’Australie, de hauts gradés de la police locale et nationale, ainsi que plusieurs responsables communautaires, tous se réjouissant que ce poste laissé vacant depuis 2011 soit enfin pourvu.

A 34 ans, de par sa jeunesse et son statut unique, Sheikh Abdo inaugure une nouvelle ère, placée sous le signe du renouveau et de la tolérance religieuse, en sa qualité de seul aumônier musulman à officier dans les rangs de la police à l’échelle nationale. Une promotion qui, outre l’immense satisfaction qu’elle lui procure, lui confère aussi et surtout des devoirs et des responsabilités dont il a pris la pleine mesure.

"Je me réjouis de tout cœur de la nomination de Sheikh Abdo et de son arrivée dans la grande famille plurielle, et fière de l'être, que nous formons ici, au sein de la police de la Nouvelle-Galles du Sud", a déclaré le commissaire Andrew Scipione, en ajoutant : "Son investiture va non seulement consolider en interne notre entité multiculturelle et multiconfessionnelle, et sera salutaire à l’extérieur pour promouvoir l’unité et la compréhension mutuelle. Nombreux sont ceux qui évoquent sa sagesse et ses conseils avisés, et je suis sûr que sa contribution sera substantielle et d’une grande valeur ajoutée."

Touché en plein coeur par une cérémonie d’assermentation riche en éloges flatteurs, Sheikh Abdo a égrené ses souvenirs douloureux de jeunesse lors de son discours de remerciement, se rappelant son adolescence dans le sud-ouest de Sydney marquée par les humiliations et le racisme ordinaires, tout en relatant le harcèlement incessant dont il fut victime de la part de jeunes de sa classe, qui culmina dans une telle violence qu’il poussa un jour la porte d’un poste de police, craignant pour sa vie et celle de ses proches.

Cette épreuve fut un mal pour un bien, puisque réconforté par un policier compréhensif et plein d’égards qui enregistra sa plainte sans le mépriser, mais au contraire en le prenant très au sérieux, le jeune garçon qu’était alors Sheikh Abdo s’était fait une promesse : rendre à la police au centuple tout le bien qu’elle lui avait fait ce jour-là, quand il avait franchi, en plein désarroi, le seuil du commissariat situé près de chez lui.

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