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“Ne me considérez pas comme une pionnière !”, clame Maha Sukkar, la première policière voilée d’Australie

Sous son voile qui rehausse son uniforme d’officier de police depuis treize ans, la chaleureuse Maha Sukkar fait véritablement figure de pionnière à Dandenong, une localité située à proximité de Melbourne, ayant ouvert la voie à ses coreligionnaires, dont certaines s’étaient résignées à voir leur vocation contrariée ou à ne jamais toucher leur rêve du bout des doigts.

Pourtant, la première policière voilée d’Australie, fraîchement montée en grade en récompense de ses bons et loyaux services, n’aime rien moins qu’être considérée comme une précurseuse, et ce, même si sa fabuleuse ascension dans les forces de l’ordre, sans jamais avoir renoncé à ses valeurs musulmanes, est une source d’inspiration intarissable.

Auréolée d’un titre de gloire que son humilité intrinsèque passerait volontiers sous silence, cette Australienne de confession musulmane, originaire du Liban, préfère expliquer les raisons qui l’ont poussée à venir gonfler les rangs de la police, plutôt que se jeter des fleurs pour avoir contribué à changer les regards, d’un côté comme de l’autre de la barrière.

Dans le parcours de vie de Maha Sukkar, semé d’embûches et d’amères désillusions, il y a eu un avant et après 11 septembre, réalisant que pour tordre le cou aux préjugés anti-musulmans qui en sont ressortis renforcés, il lui fallait rejoindre l’institution policière afin d’en contrecarrer les effets ravageurs sur le terrain.

Cette pionnière qui s’ignore est entrée dans les annales de la police australienne en 2004, sous son hijab parfaitement adapté au port de l’uniforme, animée d’une volonté et d’une persévérance à toute épreuve. « C’était le meilleur jour de ma vie, même mieux que le jour de mon mariage. Je souris toujours quand j’y pense. C’était vraiment dur de faire mes preuves et de convaincre la police de Victoria que j’étais digne de confiance. La seule différence, c’est ce foulard que je portais sur la tête », a-t-elle raconté récemment dans un entretien à la presse nationale.

En l’espace d’une décennie, l’officier de police Maha Sukkar s’est imposée comme une recrue de choix, doublement encensée par sa hiérarchie et ses collègues, à l’instar de son fervent soutien, le commissaire Chris Edwards. Outre ses nombreux mérites, celui-ci ne perd pas une occasion de louer l’influence salutaire qu’elle a exercée sur l’évolution des mentalités, en interne comme au sein de sa communauté de cœur, se félicitant de la manière dont la police perçoit désormais la diversité culturelle et cultuelle et appréhende les différentes minorités ethniques qui ont fait de l’Australie leur terre d’accueil.

Ne comptez pas sur la très humble et discrète Maha Sukkar pour se vanter d’avoir aidé plus d’une dizaine de femmes musulmanes, issues de tous les milieux, à se frayer un chemin dans la police, et de jouir d’une notoriété grandissante qui dépasse dorénavant les frontières, car comme elle le répète inlassablement : « Je ne suis qu’un être humain qui essaie de faire son travail du mieux qu’il peut ».

 

5 commentaires

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  1. Prosélytisme… Elle en fait beaucoup pour les femmes musulmanes : mais elle est australienne, policière, donc elle doit faire appliquer les lois de son pays, d’abord… Vous voulez peut être dire qu’elle n’arrêterait pas un musulman en infraction , par solidarité envers un coreligionnaire ? Et bien dans la vie de tous les jours, dans la société je veux dire, on doit OUBLIER sa religion. Sinon on ne risque que des conflits.

    • Mon pauvre annamir, vous n’en ratez pas une!
      Il y des années qu’il existe des hommes et femmes musulmans dans la police au Royaume-Uni ou au Canada par exemple: jusqu’à ce jour aucun problème avec des “coreligionnaires”. Il n’y a que votre cerveau malade pour pondre de tels scénarios. En revanche en France il y a moult cas de corruption au sein de la police nationale, sans parler des “bavures” qui visent toujours les mêmes personnes. Rentrez chez vous, il n’y a rien à voir…

  2. Je pense que cette femme est un exemple. L’ordre veut dire le commun des mortels, et pas forcément la déesse république.
    Un vol , un viol, un meurtre, atteinte à la liberté des autres, non assistance à personne en danger, On a pas besoin d’etre un spécialiste dans les lois pour définir le bien et le mal.

    Dans la vie de tous les jours, je pense plutôt qu’on doit oublier la déesse république, cette pensée est à l’origine de la plus part des conflits modernes et la destruction de la cellule élémentaire. Quand on est le problème, on ne peut pas etre une partie de la solution.

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