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Tahar Gaïd, l’éminent islamologue algérien, nous a quittés

C’est avec une grande émotion que l’équipe Oumma vient d’apprendre le décès de Tahar Gaïd, 90 ans, une éminente personnalité algérienne entrée dans l’histoire, qui avait fait de son engagement au service de l’Algérie et de l’islam un véritable sacerdoce.
Avec la disparition, au crépuscule de sa vie, de cet ancien Moudjahid durant la guerre d’indépendance, qui entra dans la résistance pour libérer son pays du joug colonial, au prix d’un emprisonnement long de six ans dans les prisons et camps d’internement français, s’éteint un esprit éclairé et avisé qui, jusqu’à son dernier soupir, aura su préserver son indépendance politique et intellectuelle.
Cet islamologue très lu et écouté, chantre du « Juste Milieu », qui s’efforça, au fil de son œuvre conséquente, de favoriser une meilleure compréhension de la religion musulmane et de produire un renouveau de la pensée et de l’interprétation de l’islam, nous avait fait l’honneur de nous accorder deux interviews en 2016 et 2019, intitulées « Tahar Gaïd, l’Algérien qui influença la vision politique de Malcolm X« , et « Tahar Gaïd : “Du vaillant peuple algérien a jailli une étincelle qui illuminera son avenir”.
Contributeur régulier de notre site, Tahar Gaïd, qui nous confiait il y a peu encore, lors d’une ultime conversation téléphonique toujours aussi chaleureuse et passionnante, que « tous les matins, je lis Oumma et visionne vos vidéos », avait conservé en lui intacte la flamme de l’engagement. Celle qui ne se consume jamais, réchauffe les cœurs et s’était mise à briller avec une nouvelle intensité, alors que la colère de son peuple grondait et que la révolte contre le clan Bouteflika était en marche.
Révolutionnaire dans l’âme et fin diplomate, cet ancien ambassadeur d’Algérie au Ghana a aussi gravé son nom dans l’histoire pour avoir été le « grand inspirateur » de Malcolm X, au cours d’une rencontre mémorable à Accra, en 1964, qui ouvrit de nouveaux horizons à l’icône du mouvement noir aux Etats-Unis.
Transformé par son pèlerinage à La Mecque, c’est un Malcolm X fortement impressionné par Tahar Gaïd, son vécu et sa vision politique, qui lui rendit un vibrant hommage à New York, en 1964 : « C’est l’ambassadeur d’Algérie au Ghana qui m’a fait changer d’opinion en me conseillant de créer un parti », se félicitait-il alors, devant les médias américains.
Pétri d’humilité, Tahar Gaïd n’était pas homme à se laisser griser par les honneurs ou à courir après la gloire. Il devait forcer sa nature pour évoquer ses hauts faits d’armes contre la tyrannie ou dévoiler l’influence certaine qu’il exerça sur Malcolm X, alors même que la noblesse de ses idéaux, de ses engagements et de son combat, mené jusqu’au sacrifice, le range à jamais dans la catégorie des héros valeureux des luttes de libération.
L’équipe Oumma présente ses sincères condoléances à sa famille. Que cette belle âme pieuse repose en paix auprès du Très-Haut. « C’est à Dieu que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournons » Coran (2/156). Allah y rahmou. 
 

Dans l’extrait ci-dessous du film “Ali” (2001), le biopic consacré à Mohammed Ali que l’on doit au grand réalisateur Michael Mann, avec dans le rôle titre Will Smith, Malcolm X croise par hasard le champion du monde des poids lourds au Ghana et lui indique, en le désignant et le nommant, qu’il est en compagnie de l’ambassadeur d’Algérie à Accra, Tahar Gaïd.

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