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À New York, Zohran Mamdani prête serment sur un Coran et marque un tournant symbolique

Zohran Mamdani devient le premier maire de New York à prêter serment sur le Coran, marquant un tournant symbolique dans l'histoire politique américaine.

Pourquoi lire cet article :

  • Découverte d'un moment historique pour la communauté musulmane à New York.
  • Analyse des implications politiques et culturelles de ce geste symbolique.

Jeudi, Zohran Mamdani est entré dans l’histoire politique américaine en devenant le premier maire de New York City à prêter serment sur le Coran. Un geste à forte charge symbolique, accompli lors d’une cérémonie privée organisée dans une ancienne station de métro désaffectée sous Times Square, à quelques mètres seulement du tumulte de Manhattan.

Pour ce moment solennel, le nouveau maire a fait le choix de deux ouvrages profondément liés à son histoire personnelle et à celle de la ville. D’un côté, un Coran ayant appartenu à son grand-père. De l’autre, un exemplaire datant du XIXᵉ siècle, prêté par la New York Public Library, et connu sous le nom de « Coran Schomburg ». Ce manuscrit, d’un format modeste et conçu pour un usage quotidien, symbolise un islam vécu au plus près des gens, loin des représentations figées ou spectaculaires.

Ce Coran historique provient de la collection d’Arturo Schomburg, intellectuel majeur de la Renaissance de Harlem et figure centrale de la mémoire noire américaine. Né à Porto Rico de parents afro-caribéens et allemands, Schomburg s’est installé à New York au début du XXᵉ siècle et a consacré sa vie à documenter l’histoire et les cultures de la diaspora africaine. En 1926, il a vendu plus de 4 000 ouvrages à la bibliothèque municipale, donnant naissance à ce qui deviendra le Schomburg Center for Research in Black Culture. Pour l’institution, le choix de Zohran Mamdani fait ainsi écho à une histoire plus large de luttes pour la reconnaissance, le savoir et la dignité.

Une seconde cérémonie, publique cette fois, est prévue vendredi à l’hôtel de ville. Zohran Mamdani y prêtera serment à nouveau, en utilisant deux autres Corans ayant appartenu à ses grands-parents. Là encore, le geste se veut intime et politique à la fois, inscrivant l’exercice du pouvoir municipal dans une continuité familiale et spirituelle assumée.

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Si la loi new-yorkaise n’impose aucun texte religieux pour la prise de fonction, la tradition veut que de nombreux maires posent la main sur une Bible. Avant lui, Michael Bloomberg avait utilisé une Bible familiale centenaire, tandis que Bill de Blasio avait choisi une Bible ayant appartenu au président Roosevelt. Plus récemment, Eric Adams avait lui aussi prêté serment sur un texte biblique familial. Le choix de Mamdani s’inscrit donc dans cette continuité, tout en la faisant basculer dans une autre histoire religieuse et culturelle.

Premier maire musulman et sud-asiatique de la plus grande ville des États-Unis, Zohran Mamdani n’a jamais cherché à atténuer son identité. Né en Ouganda, issu d’une famille d’intellectuels engagés, il a fait de la diversité new-yorkaise et de la lutte contre les discriminations un axe central de sa campagne. Dans plusieurs vidéos devenues virales, il est revenu sur le traumatisme du 11 septembre 2001 et sur la montée de l’islamophobie qui s’en est suivie, tout en donnant la parole aux habitants ordinaires de la ville, notamment issus des communautés musulmanes et immigrées. Ses positions tranchées sur la justice sociale, ainsi que ses critiques des politiques israéliennes et du  génocide  à Gaza, lui ont valu de violentes attaques. La représentante républicaine Elise Stefanik est allée jusqu’à le qualifier de « communiste jihadiste », reprenant une rhétorique largement dénoncée comme islamophobe.

Face à ces attaques, Mamdani est resté constant. Lors d’un discours de campagne, il avait affirmé : « Je ne changerai ni qui je suis, ni la manière dont je vis, ni la foi que je revendique. Je ne me cacherai plus dans l’ombre. Je me tiendrai dans la lumière. » Son serment sur le Coran, loin d’être un simple symbole, apparaît aujourd’hui comme la traduction politique de cette promesse.

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